Implantation de valve artificielle aortique par voie endovasculaire

Le 12 décembre 2008, l'équipe médico-chirurgicale de l'institut du thorax du CHU de Nantes (Dr Ashok Tirouvanziam, Dr Ousama Al Habash, Pr Pierre-Dominique Crochet, Dr Hélène Morin, Dr Philippe Jaafar) a réalisé les deux premières implantations de valves aortiques par l'artère fémorale, chez deux patients souffrant de rétrécissement aortique calcifié.

Le 12 décembre 2008, l’équipe médico-chirurgicale de l’institut du thorax du CHU de Nantes (Dr Ashok Tirouvanziam, Dr Ousama Al Habash, Pr Pierre-Dominique Crochet, Dr Hélène Morin, Dr Philippe Jaafar) a réalisé les deux premières implantations de valves aortiques par l’artère fémorale, chez deux patients souffrant de rétrécissement aortique calcifié.

Cette pathologie, responsable d’un obstacle à l’éjection du sang du coeur (ventricule gauche) vers l’aorte et la circulation générale, est la maladie valvulaire cardiaque la plus fréquente chez les patients âgés. En l’absence de traitement, la valve malade, serrée par des calcifications liées à l’âge, entraîne angine de poitrine, insuffisance cardiaque et perte de connaissance, avec près de 60 % de décès à 2 ans.

Une nouvelle technique destinée à un public spécifique
Le traitement de référence est la chirurgie de remplacement valvulaire à coeur ouvert. Toutefois, certains patients ne peuvent bénéficier de cette chirurgie conventionnelle, soit en raison de leur fragilité (respiratoire, rénale, cardiaque), soit parce qu’ils ont déjà subi une opération à coeur ouvert, notamment des pontages coronariens. Cette technique s’adresse donc actuellement à des patients à très haut risque ou contre-indiqués à la chirurgie conventionnelle, et pour lesquels il n’existait jusqu’à présent aucune alternative.
Mise au point par l’équipe du professeur Alain Cribier de Rouen, présent lors de ces deux premières implantations à Nantes, la technique consiste à implanter une valve artificielle (prothèse biologique), amenée sous contrôle radiologique par un cathéter à partir de l’artère fémorale (ou par voie apicale) jusqu’à la valve malade, sous anesthésie locale ou générale.

Les avantages de cette implantation, dite mini-invasive car peu traumatique, sont nombreux : absence d’ouverture du thorax, absence de cicatrice, réalisation sous anesthésie locale éventuelle, permettant ainsi des suites opératoires simplifiées, un séjour hospitalier réduit et un retour plus rapide à la vie active.
Les deux premiers patients nantais ont regagné leur domicile et passé Noël en famille.

Seuls 1000 patients ont bénéficié à ce jour de cette technique à travers le monde avec des résultats très encourageants à moyen terme qui permettront certainement un élargissement des indications à l’avenir.

Une équipe et un centre d’implantation pionniers dans la région
Réunissant les services de cardiologie interventionnelle, de chirurgie cardio-thoracique, de cardiologie, d’échographie, d’imagerie radiologique et d’anesthésie, l’équipe médico-chirurgicale de l’institut du thorax du CHU de Nantes a déjà été retenue par la Haute Autorité de santé et par la société française de cardiologie et de chirurgie cardio-thoracique parmi les premiers centres français habilités à pratiquer cette technique.
Cette technique s’inscrit dans la volonté du CHU de soutenir l’innovation comme le démontre l’installation d’une salle dite des «nouvelles technologies» au sein de l’institut du thorax, permettant de réaliser sur un même site des opérations combinant les techniques de pointe de cardiologie interventionnelle et de chirurgie cardiaque.

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