Implantation d’un larynx artificiel chez l’homme – 1ère mondiale à Strasbourg

En novembre 2012, le Professeur Christian Debry et son équipe du service ORL des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg ont implanté, pour la première fois au monde, un larynx artificiel sur un homme de 65 ans souffrant d’un cancer du larynx. Grâce à cette intervention majeure, le patient a pu retrouver sa capacité à respirer normalement par les voies hautes. Un espoir pour les 1 600 personnes laryngectomisées chaque année ! Le succès de cette grande première a été révélé dans un communiqué le 7 octobre 2013. L’opération a été réalisée en deux temps…

En novembre 2012, le Professeur Christian Debry et son équipe du service ORL des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg ont implanté, pour la première fois au monde, un larynx artificiel sur un homme de 65 ans souffrant d’un cancer du larynx. Grâce à cette intervention majeure, le patient a pu retrouver sa capacité à respirer normalement par les voies hautes. Un espoir pour les 1 600 personnes laryngectomisées chaque année ! Le succès de cette grande première a été révélé dans un communiqué le 7 octobre 2013. L’opération a été réalisée en deux temps…
Lors de la première phase chirurgicale, l’équipe a procédé à l’ablation du larynx du patient et a implanté le premier composant du larynx artificiel, une bague trachéale en titane fabriquée par une société spécialisée dans les dispositifs médicaux innovants*. « La bague trachéale que nous avons posée vise principalement à rétablir le lien assuré normalement par le larynx entre la base de la langue et la trachée restante, faisant office de "cheminée" entre les deux », explique le Professeur Christian Debry. « Du fait du type de matériau dont il est composé, la bague est capable de s’intégrer avec les tissus environnants et, par conséquent, de devenir partie intégrante de la gorge. »
La deuxième étape de la pose du larynx artificiel a été effectuée quelques semaines plus tard, en novembre 2012. Un dispositif amovible constitué de valves a été inséré dans la bague trachéale par la bouche du patient sous anesthésie générale. Le dispositif larynx artificiel reproduit ainsi partiellement les fonctions naturelles du larynx. Le patient arrive à respirer à nouveau normalement par voie haute et retrouve une qualité de vie. 
Cette alternative à la laryngectomie est un espoir pour les patients atteints d’un cancer du larynx. Après cette première expérimentation, les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg vont travailler à l’amélioration de cette technologie et de sa procédure chirurgicale avant d’envisager une diffusion plus large de la thérapie. Dans ce but, une étude clinique pan-européenne est en cours.
L’innovation strasbourgeoise porte à 94 le nombre de premières mondiales signées par les CHU
20 ans de recherche pour cette première mondiale
« Cette opération est l’aboutissement de plus de 20 ans de recherche de biomatériaux adaptés au remplacement du larynx. » confie le professeur Christian Debry qui a arrêté son choix sur une association de titane solide et poreux, des biomatériaux présentant toutes les qualités requises pour l’élaboration du larynx artificiel.  Ses premières recherches remontent à sa thèse de doctorat alors qu’il était encore étudiant. Il a ensuite collaboré avec l’INSERM.

A propos du cancer du larynx
On estime à environ 1 500-1 600 le nombre total de laryngectomies totales effectuées chaque année, uniquement en France. La plupart d’entre elles est réalisée dans les cas de cancer du larynx. En 2008, 150 000 nouveaux cas de cancer du larynx ont été diagnostiqués dans le monde, dont 28 000 en Europe.
Actuellement, la seule solution proposée aux patients ayant subi une laryngectomie totale est la trachéotomie mais les malades perdent leur capacité à respirer et à parler normalement ; il leur est alors difficile de retrouver une vie professionnelle et familiale normale. Le larynx artificiel les aidera à vivre à l’égal de tous.
* la société PROTiP créée en 2005 dans le but d’accélérer le développement de dispositifs médicaux innovants traitant les pathologies du larynx. Basée à Strasbourg, est certifiée ISO 13485 et a bénéficié d’un soutien important de la part d’OSEO (désormais Bpifrance) et de la Région Alsace. Dès sa création, elle a poursuivi des collaborations de recherches multiples avec les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg et l’INSERM en vue de la conception de ce premier implant larynx artificiel, appelé ENTegral®.

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