Industrie du médicament : la lente érosion du secteur analysée par le Leem

Qualifiée de stratégique par le Président de la République, l'industrie du médicament, la seconde en France derrière l’aéronautique, est porteuse de croissance pour toute la filière pharmaceutique et pour d'autres branches d’activité comme l’industrie chimique, les entreprises sous-traitantes, la recherche, la formation. Elle génère aussi un excédent commercial, précieux en ces temps de crise et ce, malgré une compétition mondiale sévère. Seulement, depuis plusieurs années, le secteur subit une lente érosion. Le Leem fait part de son inquiétude dans un communiqué daté du 15 juillet 2015.

Qualifiée de stratégique par le Président de la République, l’industrie du médicament, la seconde en France derrière l’aéronautique, est porteuse de croissance pour toute la filière pharmaceutique et pour d’autres branches d’activité comme l’industrie chimique, les entreprises sous-traitantes, la recherche, la formation. Elle génère aussi un excédent commercial, précieux en ces temps de crise et ce, malgré une compétition mondiale sévère. Seulement, depuis plusieurs années, le secteur subit une lente érosion. Le Leem, organe représentatif des 270 laboratoires qui réalisent plus de 98 % du chiffre d’affaires total du médicament en France, fait part de son inquiétude dans un communiqué daté du 15 juillet 2015. Selon les entreprises du médicament qui viennent d’établir le bilan économique 2015, la croissance affichée s’explique par l’introduction de molécules innovantes pour traiter l’hépatite C ; médicaments sous Autorisation temporaire d’utilisation sont vendus à l’hôpital. Mais ce résultat exceptionnel – par son ampleur et par le nombre extrêmement réduit des entreprises concernées – cache en réalité un "recul alarmant de l’économie des entreprises du médicament opérant en France" note le Leem. Un phénomène préoccupant, en décalage croissant avec l’ensemble des grands marchés mondiaux. La France et l’Italie, sont effet les seuls pays qui affichent "une décroissance du chiffre d’affaires médicament remboursable sur le marché de ville en 2014 » précise les responsables.
Autre indicateur inquiétant : le « recul inédit » de l’excédent commercial de 3 Md€ en 1 an : 6 Md€ en 2014, contre près de 9 Md€ en 2013. En cause le développement de la fabrication locale dans les pays émergents, mais aussi à la perte d’attractivité de la France dans la captation de nouvelles productions notamment des biomédicaments du fait de la spécialisation de son tissu industriel dans la production de molécules chimiques plus anciennes.
Enfin, le Leem met aussi en cause la fiscalité française et le poids des taxes qui pénalisent les groupes pharmaceutiques, grèvent l’attractivité du pays et les performances du secteur. A ce titre, l’écart déjà sensible entre la France et plusieurs pays européens se creuse, tout particulièrement avec le Royaume-Uni, qui déploie une fiscalité incitative pour les revenus provenant de brevets et qui a fait le choix d’une baisse générale du taux d’impôt sur les sociétés. Ainsi, le poids des taxes sectorielles varie de 33 % à 64 % pour la France, alors que ce taux est nul pour le Royaume-Uni et sensiblement moins élevé dans les pays voisins.
Le Leem dénonce également les mesures d’économie opérées sur les dépenses d’assurance maladie et lourdemement répercutées sur le poste médicament qui ne représente pourtant que 15 % des dépenses. Depuis 10 ans, les plans annuels de baisses de prix successifs ont impacté le chiffre d’affaires du médicament remboursable. "Ainsi, le taux de croissance annuel moyen s’établissait à 6,1 % sur la période 2000-2005, à 1,5 % pour la période 2006-2011, et il se situe à – 2,5 % sur la période 2012-2014". déplore le Leem.
Avec pour conséquence un recul de l’emploi pour la sixième année consécutive. L’industrie du médicament  a vu en 2014 ses effectifs passer sous la barre des 100 000 avec 99 453 salariés. Selon la dernière estimation connue (2013), 27 réorganisations ont été annoncées en année pleine, avec la mise en place de PSE ou de plans de départs volontaires.
En quinze ans, les effectifs de R&D ont augmenté de 10 %, contre une baisse de 20 % pour les effectifs de commercialisation. Pour autant, l’emploi en recherche et développement reste fragile, car les effectifs se concentrent sur un petit nombre d’entreprises et la tendance aux transferts d’activités de R&D vers des pays plus attractifs – notamment en termes d’accès au marché – s’accentue.
Face à cette situation, le Leem appelle à un dialogue stratégique Etat-Industrie pour inventer les outils efficaces d’une relance française

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