Intervention à coeur fermé : première en France

Le premier système robotique d'exploration et de traitement des troubles du rythme cardiaque installé en France sera inauguré le mardi 4 décembre 2007 par Alain Hériaud, Directeur Général du CHU de Bordeaux et Bévil Hogg, Président Directeur Général de Stéréotaxis, en présence d'Alain Juppé, Maire de Bordeaux et Président du Conseil d'Administration du CHU.

Le premier système robotique d’exploration et de traitement des troubles du rythme cardiaque installé en France sera inauguré le mardi 4 décembre 2007 par Alain Hériaud, Directeur Général du CHU de Bordeaux et Bévil Hogg, Président Directeur Général de Stéréotaxis, en présence d’Alain Juppé, Maire de Bordeaux et Président du Conseil d’Administration du CHU.

Le centre de cardiologie de l’hôpital Haut-Lévêque du CHU de Bordeaux est un centre d’excellence, de soins et de recherche. Depuis 1994, l’équipe du Pr Michel Haïssaguerre étudie les troubles du rythme cardiaque et notamment la fibrillation auriculaire. Pendant 4 ans, l’équipe a effectué des cartographies du coeur. Grâce à cette expertise, elle est en mesure de déterminer l’origine principale des troubles du rythme dans les veines thoraciques.

« Les troubles du rythme cardiaque étaient des pathologies souvent mal contrôlées par médication il y a encore quelques années. La fibrillation auriculaire résulte de multiples sources/activités anormales dispersées dans les oreillettes, ce qui complique beaucoup la thérapie. Nous sommes parvenus à démontrer que ce sont des cellules électriques anormales provenant des sites privilégiés qui envoient les micro décharges à l’origine de l’arythmie. Le traitement consiste donc à détruire ou isoler ces cellules perturbatrices à l’aide de la radiofréquence. Cet équipement de haute technologie améliore nettement la sécurité et le confort pour le médecin et pour le patient» explique le Pr Michel Haissaguerre, PUPH du service de Cardiologie du CHU de Bordeaux.

Les caractéristiques du système
Les ondes magnétiques permettent de contrôler à distance les cathéters d’exploration ou d’ablation et d’accéder également plus rapidement aux zones cardiaques excitables et de les neutraliser.

Comment ça marche ?
En pratique, le patient est placé sur une table à rayons X qui permet aussi d’envelopper le thorax dans un champ magnétique faible. Après administration d’un sédatif et sous anesthésie locale, un cathéter portant plusieurs électrodes est introduit dans la veine fémorale et monté jusque dans l’oreillette droite, sous surveillance ECG. Ensuite, un cathéterisme transeptal est réalisé pour parvenir dans l’oreillette gauche, à destination des veines pulmonaires. Une cartographie est alors réalisée, permettant de localiser précisément les sites anormaux. L’ablation en elle-même consiste à isoler électriquement les veines pulmonaires en cautérisant le tissu et en rendant les cellules inexcitables. La durée de l’intervention varie entre 2 et 4 heures. Dans la majorité des cas, le patient est valide dès le lendemain. Un traitement antalgique lui est prescrit.

Les troubles du rythme cardiaque traités
– Fibrillation auriculaire, extrasystoles, tachycardies liées à des voies anormales
– Tachycardie et fibrillation ventriculaire

Bénéfices pour le patient
Le patient se trouve libéré des désagréments liés aux arythmies (palpitations, douleurs) et des risques associés (embolie, insuffisance cardiaque voire mort subite).
De plus, la neutralisation des arythmies, en utilisant le nouveau système robotique, permet d’éviter la prise au long cours des traitements anti-arythmique et anticoagulant.

La cardiologie en chiffres
. 800 à 1000 patients par an
. Durée moyenne de séjour : 5 jours d’hospitalisation
. 0,5 à 1% de la population avant 60 ans atteint de fibrillation auriculaire
. 3,5% au-delà de 60 ans

Le Système de Navigation Magnétique Niobe® de Stereotaxis, en partenariat avec les sociétés Philips, Biosense Webster et Bard, a été implanté dans la nouvelle salle du service de cardiologie-électrophysiologie-troubles du rythme, pôle cardio-thoracique du CHU de Bordeaux.

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Au chevet des brûlés

Il y a quinze jours, nous mettions en ligne notre reportage vidéo tourné au centre de traitement des brûlés du CHU de Nantes, l’un des huit en France à prendre en charge les adultes comme les enfants. Dans ce service, une dizaine de métiers et d’expertises se mêlent au quotidien. Nous associons aujourd’hui les mots à l’image pour mieux rendre compte de ce qu’implique le soin de la brûlure, une pathologie répandue (400 000 personnes touchées tous les ans), complexe dans sa prise en charge, violente pour les corps et les esprits. Reportage.

Arrêt cardiaque : être préparé pour sauver demain

Dans les locaux du SAMU 44 (CHU de Nantes), le Centre d’Enseignement aux Soins d’Urgences (CESU) forme les professionnels de santé aux gestes et soins d’urgence. Il y a quelques semaines, nous avons suivi une matinée intense de formation à destination d’étudiants en troisième année de médecine, centrée sur l’arrêt cardiaque. Reportage.

Renaissance des urgences de Jeanne de Flandre

Le CHU de Lille inaugure ce mois-ci ses nouvelles urgences gynécologiques et obstétricales, situées au sein de l’Hôpital Mère-Enfant Jeanne de Flandre. Au-delà de la rénovation du service, c’est l’ensemble de la prise en charge des patientes qui a été rebâtie. Un atout de plus à destination de la femme, du nouveau-né ou de l’enfant.