Journée mondiale sans tabac : les CHU ont montré l’exemple

Entrés en guerre contre le tabac avec pour arsenal thérapeutique des armes appelées Prévention, Education, Accompagnement, Interdiction, les CHU mènent campagne sur tous les fronts. Lille et Reims deviennent des « Hôpitaux sans tabac », les tests de monoxyde de carbone se multiplient, des milliers de brochures sont diffusées, des centaines d'exposés complètent les messages& Le 31 mai 2006 - journée mondiale de lutte contre le tabac lancée par l'OMS - consacre leur engagement au quotidien. En réussissant à convaincre les professionnels de santé d'adopter une meilleure hygiène de vie, les CHU démontrent par l'exemple leur capacité à traiter les fumeurs dépendants.

Entrés en guerre contre le tabac avec pour arsenal thérapeutique des armes appelées Prévention, Education, Accompagnement, Interdiction, les CHU mènent campagne sur tous les fronts. Lille et Reims deviennent des « Hôpitaux sans tabac », les tests de monoxyde de carbone se multiplient, des milliers de brochures sont diffusées, des centaines d’exposés complètent les messages& Le 31 mai 2006 – journée mondiale de lutte contre le tabac lancée par l’OMS – consacre leur engagement au quotidien. En réussissant à convaincre les professionnels de santé d’adopter une meilleure hygiène de vie, les CHU démontrent par l’exemple leur capacité à traiter les fumeurs dépendants.

A l’occasion de la journée mondiale contre le tabagisme, Bordeaux s’est une nouvelle fois inscrit dans les actions promues par le réseau Hôpital sans tabac. Le comité de prévention du tabagisme du CHU, avec le concours des services de médecine du travail et l’unité de tabacologie, a organisé sur 3 journées (30, 31 mai et 1er juin) une action de sensibilisation en direction du personnel du CHU : Dans les 8 selfs que compte le CHU, une équipe invitait les professionnels à mesurer leur taux de monoxyde de carbone (CO) expiré. Les fumeurs désirant arrêter sont orientés vers un médecin tabacologue. En complément, une information sur le tabagisme, notamment passif a été relayée : Le comité de prévention du tabagisme du CHU a réalisé un triptyque recto-verso sur le tabagisme à l’hôpital imprimé en 3 000 exemplaires et distribué aux selfs et dans les services. Enfin, 200 affiches demandant aux fumeurs – professionnels, patients ou visiteurs -de s’abstenir de fumer le 31 mai ont été apposées dans les halls et dans les unités.

A Lille, le 31 mai est le jour où l’hôpital est devenu sans tabac ! Désormais la cigarette est interdite dans l’ensemble des établissements du CHRU. En application de la loi Evin de 1991, le CHRU de Lille s’est mobilisé par devoir d’exemplarité, tout en accompagnant les personnes qui souhaitent arrêter de fumer. « Un hôpital sans tabac n’est pas un hôpital sans fumeur. » précise le communiqué. C’est un hôpital au sein duquel on s’abstient de fumer et dans lequel une politique de lutte contre le tabac est mise en place. Cette mission incombe au Comité de prévention du tabagisme créé il y a quelques mois. Chargé de mettre en place les modalités d’interdiction de fumer dans tous les établissements du CHRU, il intervient aussi pour aider à un sevrage tabagique progressif. Des abris extérieurs seront installés aux abords des établissements pour permettre aux fumeurs de fumer et surtout pour éviter aux non-fumeurs de subir la fumée des autres.
Pour accompagner les fumeurs dans leur démarche de sevrage, l’unité de tabacologie du CHRU, composée d’une médecin et d’une infirmière diplômée en tabacologie, en partenariat avec la médecine du travail, propose une consultation individuelle ou collective d’aide au sevrage ; le CHRU de Lille prend en charge financièrement la dispensation des substituts nicotiniques. L’organisation de conférence-débats ouverte à tous et portant sur les démarches engagées en matière de lutte contre le tabac et sur les consultations tabacologiques a consacré le travail en réseau des tabacologues du CHRU.

Metz-Thionville le dit avec des fleurs : aux abords de l’hôpital un parterre de fleurs « Hôpital sans Tabac » a été réalisé en collaboration du service espaces verts de la mairie de la ville. Au programme mesures de CO, stands d’informations et prévention, remise de petits pots de fleurs, affichage sur le thème « Environnement et tabac », organisation d’un jeu concours& Le message est passé, plus de 650 personnes dont 390 agents hospitaliers sont venus sur les stands, 300 mesures de monoxyde de carbone ont été effectuées et le concours a séduit plus de 400 participants.
A Montpellier, l’installation de l’artiste Jannik Bertrand intitulée: « choisir » invite à la réflexion dès l’entrée dans le Hall de l’hôpital A de Villeneuve. Lors de la « journée sans tabac », professionnels de santé (infirmières, sages femmes, médecins,….) et spécialistes de la prévention (Mutuelle, comité de lutte contre les maladies respiratoires) ont répondu aux questions portant les méfaits du tabac, la substitution, le bénéfices de l’arrêt. Les résultats des mesures de monoxyde de carbone expiré montraient l’importance l’exposition active et passive au tabac.

Remplissant pleinement sa mission de prévention, Pointe-à-Pitre a communiqué autour de sa consultation antitabac lors d’une journée d’information publique avec le service de la pneumologie animée par le Dr Cadélis et deux spécialistes antitabac. Des exposés rappelaient que le tabac est mortel sous toutes ses formes, expliquaient le tabagisme passif et les conséquences du tabac sur la santé du fumeur et du non fumeur. La conférence a été suivie par la projection de films : parents fumeurs, enfants tousseurs, la nicotine, le tabagisme. Les médias TV ont relaté l’information et l’évènement auprès du grand public.

Un an après avoir adhéré à la charte « hôpital sans tabac », Poitiers a créé un comité de lutte contre le tabagisme. Le 31 mai, professionnels et visiteurs recevaient les messages de prévention dans le hall du site principal de la Milétrie où un stand d’information avait été monté pour l’occasion. Cette initiative a été relayée par la presse.

Reims a choisi la date symbolique du 31 mai « journée mondiale sans tabac » pour transformer le CHU en un Hôpital « réellement » sans tabac en appliquant strictement la loi Evin et les préconisations du Réseau Hôpital Sans Tabac. Conscient de la nécessaire information et sensibilisation de l’ensemble des salariés de l’établissement, le Comité Local de Prévention du Tabagisme a mené une campagne de communication auprès des personnels. Parallèlement, il a interdit de fumer dans les locaux collectifs, lieux de travail et de soins et une signalétique a été installée dans tous les espaces non fumeurs. Les cendriers à l’intérieur des espaces non fumeurs ont été supprimés et un local fumeurs avec extraction d’air a été installé dans le hall de l’Hôpital Robert Debré. Enfin, l’accompagnement thérapeutique des fumeurs désirant arrêter est assuré par la consultation de sevrage. Quant aux professionnels, ils bénéficient de la gratuité des substituts nicotiniques durant un mois.

Rennes invitait le personnel à tester son taux de CO ! Adhérent au Réseau hôpital sans tabac, le CHU a organisé les 30, 31 mai et 1er juin des actions de sensibilisation des personnels hospitaliers en lien avec l’Association tabacologie réseau 35 et la MNH. L’équipe de la consultation de tabacologie et les médecins du travail ainsi que des étudiants en soins infirmiers et des élèves sages-femmes mesuraient le taux de monoxyde de carbone du personnel et des visiteurs. Par ailleurs, l’opération Ce mois-ci j’arrête menée en 2005 ayant été très appréciée, a été reconduite. Les comités locaux de prévention du tabagisme sous l’égide du Réseau Hôpital sans Tabac, reçoivent un appui logistique de la part de la communication et de la formation des personnels. Ainsi, depuis le début avril, l’usage du tabac a été interdit dans les bâtiments du BUR et du SAMU/SMUR, dans les salles de détente et aux entrées des bâtiments. Pour accompagner cette évolution, les professionnels sont invités à fumer dans une petite cour située entre deux bâtiments. Surtout, la consultation de tabacologie et le service de médecine du travail organisaient des réunions autour de l’accompagnement du sevrage temporaire ou définitif.

Rouen offre le premier mois de substitut nicotinique aux agents qui s’engagent dans une démarche d’arrêt. Ce « parcours accompagné » d’aide au sevrage tabagique a élaboré par une équipe multidisciplinaire composée de tabacologues, psychologues, médecins du travail et pharmaciens. Il comprend 4 étapes :
1  la délivrance du « passeport explicatif » par le service de Médecine du Travail.
2  la prise de rendez-vous par l’agent dans une des différentes consultations de tabacologie.
3  le suivi personnalisé tout au long du sevrage.
4  la dispensation gratuite du premier mois de traitement en se rendant à la Pharmacie de l’hôpital Charles-Nicolle.

Depuis trois ans, Strasbourg adhère au réseau Hôpital Sans Tabac. Son comité sensibilise les patients et les personnels aux risques liés au tabagisme et propose aux fumeurs des solutions pour réduire leur consommation. A terme il prévoit de transformer le CHU en hôpital non fumeur. Partenaires de la journée mondiale sans tabac, Strasbourg a accueilli une exposition d’oeuvres réalisées par les élèves de 1ère année du Lycée Fustel de Coulanges en partenariat avec le service de pneumologie de l’hôpital Lyautey. Un jeu concours a été adressé aux personnels via les fiches de paie avec un tirage au sort le 31 mai. Objectif : sensibiliser les hospitaliers aux risques du tabagisme et annoncer la journée mondiale sans tabac. Sur les stands des étudiants de l’Institut de Formation en Soins Infirmiers, les visiteurs pouvaient tester leur dépendance et leur motivation ou encore mesurer leur souffle et leur taux monoxyde de carbone. Enfin d’anciens fumeurs étaient venus témoigner lors de la conférence sur le thème « Le tabac dans tous ses états » animée par des tabacologues des Hôpitaux de Strasbourg, Mme Muller-Kruchen, psychologue et Mme Rempp, médecin.

A Toulouse, le Comité de Prévention du Tabagisme a invité le public à participer aux animations dans les différents sites du CHU : Sur place des informations sur les méfaits du tabac et les possibilités d’aide au sevrage tabagique étaient mises à disposition. Un slogan : «Une fleur, un papillon contre une cigarette » invitait les fumeurs à découvrir d’autres sources de plaisir : « Interflora » proposait de venir « cueillir » gracieusement une fleur sur chacun des stands. En partenariat avec « Les Couleurs du Temps », des artistes peintres hospitaliers réalisaient une peinture collective à laquelle les visiteurs pouvaient participer.

Pourquoi quantifier le monoxyde de carbone ?
Le monoxyde de carbone (CO) est extrêmement toxique, mais il est inodore et incolore. Parmi les centaines de substances toxiques contenues dans la fumée de tabac, le CO est particulièrement nuisible tant pour les fumeurs que pour les non fumeurs. Le taux de CO présent dans l’organisme des fumeurs est plus élevé que le seuil d’alerte à la pollution des villes de l’union européenne (fixé à 8,5 PPM1). Chez les non fumeurs, le taux de CO expiré augmente en fonction de la durée de l’exposition au tabagisme passif.

Le but de la Journée Mondiale Sans Tabac 2006 est d’encourager les pays et les gouvernements à tendre vers une réglementation stricte sur les produits du tabac. Cette année l’OMS avait choisi pour thème : « Le tabac, mortel sous toutes ses formes » A Toulouse, l’accent était donc mis sur la nocivité des produits dérivés du tabac.

Les chiffres clés
Selon l’OMS, dans le monde 4 à 5 millions de personnes succombent chaque année de maladies liées au tabac et ce chiffre pourrait atteindre 10 millions en 2020, dont plus de 70% de décès dans les pays en développement. En France, 30% de la population fume, soit environ 20 millions de fumeurs. Le tabac est en France la cause de 60 000 décès par an.

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Au chevet des brûlés

Il y a quinze jours, nous mettions en ligne notre reportage vidéo tourné au centre de traitement des brûlés du CHU de Nantes, l’un des huit en France à prendre en charge les adultes comme les enfants. Dans ce service, une dizaine de métiers et d’expertises se mêlent au quotidien. Nous associons aujourd’hui les mots à l’image pour mieux rendre compte de ce qu’implique le soin de la brûlure, une pathologie répandue (400 000 personnes touchées tous les ans), complexe dans sa prise en charge, violente pour les corps et les esprits. Reportage.

Arrêt cardiaque : être préparé pour sauver demain

Dans les locaux du SAMU 44 (CHU de Nantes), le Centre d’Enseignement aux Soins d’Urgences (CESU) forme les professionnels de santé aux gestes et soins d’urgence. Il y a quelques semaines, nous avons suivi une matinée intense de formation à destination d’étudiants en troisième année de médecine, centrée sur l’arrêt cardiaque. Reportage.

Renaissance des urgences de Jeanne de Flandre

Le CHU de Lille inaugure ce mois-ci ses nouvelles urgences gynécologiques et obstétricales, situées au sein de l’Hôpital Mère-Enfant Jeanne de Flandre. Au-delà de la rénovation du service, c’est l’ensemble de la prise en charge des patientes qui a été rebâtie. Un atout de plus à destination de la femme, du nouveau-né ou de l’enfant.