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Juin 2019 - Finances en hausse pour les CHU, crise des urgences, alerte canicule et mouvements au ministère de la Santé

Réseau CHU - vendredi 28 juin 2019. 782 vu(s)

A l'AP-HP, un relevé d'activité des services d'urgence sera diffusé quotidiennement durant la période d'activation du plan Canicule @Pixabay

Des résultats financiers en hausse et une diminution notoire de l’endettement des CHU, les annonces d’Agnès Buzyn pour temporiser la crise des services d’urgences, le retour de la canicule, le changement à la direction générale de l’offre de soin (DGOS) : point chaud sur l’actualité hospitalière de ce mois de juin…. 

Les premiers jours de juin ont été marqués par une embellie du côté des CHU. « En 2018, les CHRU ont amélioré leur résultat consolidé d’ensemble quasiment à l’équilibre à 99.7 % (pour un budget consolidé des CHRU de 31,8 Mds €), alors que la contrainte financière externe s’est maintenue avec le plan d’économies sur l’ONDAM hospitalier. Cette amélioration de la situation financière des CHU a contribué à réduire le déficit public hospitalier ». Cette annonce publiée le 3 juin par la Conférence des directeurs généraux de CHU, relayée par Réseau CHU et l’AFP, a trouvé écho. « Le déficit des 32 centres hospitaliers universitaires français a été divisé par deux en 2018, pour s’établir à 102 millions d’euros. Cette réduction s’est faite au prix d’économies sur le personnel, d’une baisse des investissements et d’une hausse de la dette. Après avoir quadruplé en 2017 (212 millions d’euros), le déficit des CHU a donc été réduit de moitié, représentant un peu plus de 0,3 % du budget total (près de 31,8 milliards) des 32 plus grands hôpitaux français », souligne Ouest France.

Les directeurs de ces établissements y soulignent à plusieurs reprises la «contrainte» et les «pressions financières» subies l'an dernier: baisse des tarifs des séjours hospitaliers, diminution des dotations pour les missions d'enseignement et de recherche, réforme des transports entre hôpitaux auparavant pris en charge par la Sécu...

Dans ces conditions, le redressement des comptes s'est fait au détriment des effectifs des CHU, qui ont «maîtrisé l'évolution de leur masse salariale à +0,7%», contre 2,2% en 2017. Les restrictions ont surtout pesé sur les personnels non médicaux, dont les dépenses ont fondu de 0,6% «sous l'effet des plans de retour à l'équilibre en cours dans certains établissements».

Une poignée de CHU concentre ainsi l'essentiel des pertes: parmi les 18 qui ont fini dans le rouge l'an dernier, 5 ont cumulé 80% des pertes, note Le Figaro.

Les annonces d’Agnès Buzyn face à la crise des urgences

Le 14 juin, les annonces d’Agnès Buzyn pour tenter de mettre un terme à la crise des urgences sont amplement commentées. « Après les mots de compassion, le carnet de chèques », écrit François Béguin dans Le Monde. « Pour reconnaître « les efforts et les risques de chacun », Agnès Buzyn a annoncé que les 30 000 personnels paramédicaux des SAU bénéficieraient, dès juillet, d’une « prime forfaitaire de risque » revalorisée à 118 euros brut, soit 100 euros net par mois, une bonification déjà touchée en partie ou en totalité par certains agents. Elle a aussi précisé que les professionnels qui s’engageraient dans un protocole de coopération, en réalisant de nouvelles tâches, toucheraient une « prime de coopération » de 100 euros brut. Autre promesse chiffrée : 15 millions d’euros de crédits exceptionnels vont être accordés aux hôpitaux les plus en « tension », afin qu’ils renforcent leurs effectifs pendant l’été ».

« Agnès Buzyn propose par ailleurs le rehaussement du plafond des heures supplémentaires « à 20 h par mois ou 240 heures par an pour l’ensemble des corps » et « l’instauration d’une procédure permettant si besoin de déroger à ce plafond sur la base d’une décision du directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) », complète Le Figaro. La Ministre a par ailleurs proposé d’accélérer le plan de modernisation des locaux et équipements des services d’urgence. Le quotidien évoque également la mission dirigée par Pierre Carli, président du Conseil national de l’urgence hospitalière et chef du Samu de Paris et Thomas Mesnier, député LREM urgentiste de formation : « Ils vont devoir faire un état des lieux et identifier les solutions permettant à plus long terme de revoir le modèle de fonctionnement des urgences. Leurs travaux porteront notamment sur la « responsabilisation de la population sur ses demandes de soins », l’« articulation des services d’urgences avec l’offre de ville», ou encore la «prise en compte à l’échelle de l’établissement ou du territoire des solutions d’aval nécessaires aux patients passant par les structures des urgences». Les représentants du personnel médical et non médical seront associés à cette réflexion, promet le ministère. »

"Pour la première fois, les effectifs d'infirmiers, d'aides-soignants et de médecins augmenteront parallèlement au nombre de patients", annonçait pour sa part Martin Hirsch, directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), le 11 juin sur France info. Ces "embauches supplémentaires" se feront "dans les prochaines semaines", selon Martin Hirsch qui a également tenu à réaffirmer son engagement auprès des soignants pour prendre en compte leur mal-être au travail. "Ce mouvement, on l'a pris au sérieux depuis le début. On n'a pas besoin de faire des actions spectaculaires pour qu'on considère que le problème est suffisamment spectaculaire et qu'on s'y attaque", poursuit le directeur général de l'AP-HP. Il a cependant estimé que face à cette "marque symbolique" que sont les arrêts de travail pris par des soignants pour protester, il "est logique" de faire des contrôles. "L'essentiel, c'est qu'il y a des préoccupations fortes auxquelles on apporte aussi des réponses fortes."

Mais au fil des jours, le mouvement ne paraît pas faiblir en dépit des déclarations de Brigitte Macron qui tente un appel à l’apaisement sur l’antenne de RTL le 20 juin : "Je veux leur dire à quel point, je suis fière de notre hôpital, de notre système de santé. Je pense que c'est un des meilleurs au monde. Il faut qu'on fasse très attention et qu'on le sauvegarde. Une priorité absolue", explique Brigitte Macron. « L'hôpital est au "cœur des préoccupations du Président". "On sait à quel point ils sont essentiels. Ce ne sont pas simplement des mots. J'ai une confiance absolue dans la médecine de notre pays. Si je peux les aider, maintenant que je suis à la fondation Hôpitaux de France-hôpitaux de Paris, j'essayerais", ajoute-t-elle.

 « La crise aux urgences était-elle prévisible ? » interroge pour sa part Vincent Olivier dans L’Express avant de répondre « oui – en tout cas, pour une bonne part. Est-elle imputable aux pouvoirs publics ? La réponse est non – en tout cas, pas seulement. Va–t-elle durer ? La réponse est oui – en tout cas, tout y concourt ». « Le Grand débat national lancé par Emmanuel Macron à l’automne aurait dû servir de révélateur. Tous les élus, tous les commentateurs en ont fait la remarque : alors que la santé ne faisait pas partie des quatre grands thèmes proposés, elle s’est invitée, elle s’est même imposée dans ce Grand débat comme un sujet majeur – avant les 80 kms/heure, avant les questions environnementales, avant même la fiscalité. Pour filer la métaphore médicale, je dirais donc que tous les facteurs de risques étaient réunis pour que flambe une épidémie de ras-le-bol. »

Notons enfin que le 27 juin, les résultats du Baromètre Carnet de santé, réalisé par Odoxa pour la Mutuelle Nationale des Hospitaliers (MNH) révèlent un soutien massif à la grève des urgences : 92% des Français et 96% des personnels et professionnels de santé hospitaliers soutiennent le mouvement. 77% des Français et 91% des personnels hospitaliers et soignants estiment que les services d’urgences se détériorent. Autre enseignement majeur : 3 Français sur 10 (29%) avouent s’être déjà rendus dans des services d’urgences pour de « mauvaises » raisons, notamment par confort ou facilité et parce que cela évitait d’avancer des frais (1 Français sur 10).

Nouvel épisode de canicule

Dans ce contexte, l’arrivée d’un épisode de canicule est particulièrement anxiogène. « Faut-il craindre un épisode de chaleur pire qu'en 2003 ? » interroge France TV Info. Mais si « comme il y a seize ans, l'épisode de canicule qui frappe la France à partir de lundi pourrait faire monter le thermomètre à des températures rarement atteintes », les commentateurs relèvent qu’ « à la différence de 2003, cela se fera sur une période plus courte ».

Et l’AP-HP ne relève pas de variation d'activité aux urgences, « seulement une légère progression du nombre de dossiers de régulation ouverts par le SAMU (3,7%) ». « Ce premier point d'activité a été publié par l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) au lendemain du déclenchement du niveau III du plan canicule ce dimanche 23  juin 2019 en prévision d’un épisode de forte chaleur. Un relevé d'activité quotidien sera diffusé durant toute la période d'activation du plan », indique Réseau CHU.

Remous au ministère de la Santé

Le mois de juin a également été marqué par la démission de la directrice générale de l’offre de soins le 24 juin, immédiatement relayée par le site Egora : « Selon une source proche du ministère, confirmée par d'autres sources, Cécile Courrèges devrait quitter ses fonctions après deux ans à la tête de la direction générale de l'offre de soins (DGOS). »

Un effet du « Spoil System » annoncé par Emmanuel Macron ? Comme le commente le quotidien Le Monde : « Une quarantaine de DAC, ces hauts fonctionnaires en lien direct avec les ministres, devrait être mutés ou remplacés dans les prochaines semaines ». A suivre donc…


Catégorie : Revues de presse , Gestion - Budget - Performance, Urgences - Plans blancs, Relations avec les tutelles, Newsletter 997 - 2/07/2019

Pour plus d’information : Revues de presse

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Mis à jour le :  23-07-2019