La Bientraitance en gériatrie en 5 actions au CHU de Nîmes

Bien plus qu’un sujet sensible ou un concept à la mode, la bientraitance s'éprouve au quotidien quand on est résident. Pour les personnels, c’est un engagement collectif de chaque instant contre la routine, la banalisation, la dépersonnalisation. Tel est le message fort donné par le CHU de Nîmes qui a souhaité mettre en valeur les actions concrètes conduites par les équipes de gériatrie à l'occasion du 3e séminaire bientraitance

Bien plus qu’un sujet sensible ou un concept à la mode, la bientraitance est une attention qui s’éprouve au quotidien quand on est résident. Pour les personnels, c’est un engagement collectif de chaque instant contre la routine, la banalisation, la dépersonnalisation. Tel est le message fort donné par le CHU de Nîmes qui a souhaité mettre en valeur les actions concrètes conduites par les équipes de gériatrie à l’occasion du 3e séminaire bientraitance. Cette rencontre organisée le 17 juin 2015 par le pôle Gérontologie rassemblait les personnels du centre ainsi que les professionnels de la gériatrie du territoire de santé.
Centre de Gérontologie Raymond-Ruffi : un petit-déjeuner comme à la maison
L’action porte sur l’amélioration du lieu de vie où est pris le petit-déjeuner (moment plus convivial, cadre plus chaleureux, nappe et serviettes en tissu, notamment pour privilégier l’esthétique). Une idée de « self » où le résident choisit ce qu’il veut, à portée de main s’est concrétisée. Cette action avait pour but une amélioration de la prestation sans changer le menu.
Le centre de Gérontologie de Serre-Cavalier : à chaque unité, des actions ciblées
Le Buis et le Cèdre : un temps de repas amélioré

Les deux unités ont travaillé à l’amélioration du temps « repas » des résidents avec des plats aux choix plus diversifiés qui répondent à leurs demandes (fruits, fromages, saucisson, pain pour le petitdéjeuner) et un cadre plus convivial (repas servis à table où les résidents sont installés par affinités). En parallèle, une sensibilisation à l’hydratation (mise à disposition et incitation à consommer des yaourts, des fruits et à boire en cas de période chaude) a été réalisée par toute l’équipe afin de diminuer les perfusions d’hydratation et améliorer le transit. Enfin, des animations – individuelles et collectives – sont privilégiées.
L’Amandier : charte de bientraitance et estime de soi
Les équipes de l’Amandier ont élaboré une charte de la bientraitance (voir ci-dessous) et se sont engagées moralement à l’appliquer. Parallèlement, pour renforcer l’estime de soi et le bien-être hors contexte de soin, un espace esthétique a été créé (miroirs, coiffage, rasage). Animations et ateliers sont également au programme, notamment des ateliers décoration où les proches de la famille sont aussi impliqués. Les animateurs accompagnent les résidents à la bibliothèque, effectuent des recherches documentaires… la famille est sollicitée pour le matériel et
est invitée à participer.
Le Dalhia : des plats adaptés
L’équipe a respecté le souhait des patients et leurs habitudes de vie avec la mise en place d’une soupe enrichie le soir. Le respect de la dignité des patients ayant des difficultés à manger a également été pris en compte : des plats permettant de manger avec les mains (quiche, omelette…) sont proposés. Dans cet esprit, une attention particulière a été portée sur l’alimentation plaisir : remplacement du lait par différents compléments, chocolat, chips,…
Afin de respecter les rythmes de sommeil des résidents, les volets des chambres sont fermés à
l’arrivée de l’équipe de nuit afin qu’ils puissent profiter le plus possible du jour.
A souligner la belle définition de la bientraitance selon Nîmes
La bientraitance naît de la réflexion d’équipe : de la volonté à s’adapter aux besoins des individus et non à limiter les besoins aux périmètres des organisations, à responsabiliser les individus et non à les contrôler, à satisfaire à une bienveillance architecturale et non à imposer des lieux collectifs contraignants privant le développement de l’autonomie, à accompagner les capacités restantes plutôt que subir les déficiences, à susciter le libre choix plutôt que décider pour eux… Souvent la bientraitance est un élément fédérateur pour les équipes car elle fixe les contours d’un savoir-être et d’un savoir-faire, les obligations, les incontournables et l’engagement des acteurs. Un peu comme un code de déontologie des chartes formalisent et rappellent les règles de bonne conduite »

CHARTE DE BIENVEILLANCE

Les êtres comptent toujours plus que les choses ou que les actes

Cette charte a pour projet de promouvoir le mieux-être des résidents, tout en donnant aux soignants un cadre de travail serein et motivant
I Respect des règles générales d’intimité et de courtoisie
1-Toujours frapper à la porte avant d’entrer dans la chambre
2-Respecter les règles de politesse et de courtoisie habituellement en usage
3-Respecter l’intimité pendant la toilette

II Respect individualisé
1-Adapter les soins et y consacrer un temps en accord avec le rythme du résident
2-Expliquer au résident ce qu’on va faire, puis ce qu’on fait quand on le fait
3-Respecter les habitudes de vie du résident. Individualiser les soins et l’accompagnement
4-Assurer les soins nécessaires aux besoins vitaux et au confort du résident
5-Prise en compte des douleurs physiques, tant sur le plan psychologique, que sur le plan médical

III Reconnaissance de ce qui est exprimé et même en accompagner l’expression, tout en respectant une précieuse confidentialité
1-Reconnaître les douleurs psychiques du résident, même si on ne peut y remédier
2-Reconnaître les souhaits exprimés par le résident, même quand on ne peut les satisfaire
3-Utiliser la considération et la reconnaissance, ne jamais gérer un mal être par le déni
4-Ne porter aucun jugement, ni envers le résident, ni envers ses proches
5-Accompagner les proches dans ce qu’ils expriment, car cela fait partie de la qualité globale des soins

IV Qualité de la vie sociale
1-Favoriser le lien du résident avec la société, et avec ses proches
2-Répondre au besoin de communication et d’accomplissement personnel du résident
3-Proposer au résident un espace de vie adapté et convivial, tenant compte de ses capacités
4-Veiller à la qualité de cet espace de vie : propreté, odeurs, niveau sonore, décoration
5-Respecter la religion quelle qu’elle soit, ou l’absence de religion, du résident

V Autonomie
1-Dans la mesure de sa sécurité et du respect d’autrui, permettre au résident de choisir lui-même les règles de sa conduite, la direction à donner à son existence, même quand certains risques sont liés à ses décisions*
2-Eviter de faire à la place du résident ce qu’il peut faire lui-même. Juste, si nécessaire, le faire avec lui.
3-Maintenir la continence du résident le plus longtemps possible en le conduisant aux toilettes
4-Permettre au résident de demander de l’aide en mettant une sonnette à sa disposition
5-Mettre en oeuvre, avec soin, ce qui est énoncé au § III « Reconnaissance de ce qui est exprimé »
*Autonomie vient du grec autonomos : qui se régit par ses propres lois

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Fumagilline, itinéraire d’une réapparition

L’information a été reprise par plusieurs médias. Pour soigner un jeune patient, les Hospices Civils de Lyon ont recréé un médicament disparu de la circulation : la fumagilline. Si ce dernier fait office de remède miracle, sa fabrication tient davantage de l’abnégation des équipes du CHU qui, à l’heure actuelle, se battent pour en pérenniser la production.

Dossier : L’endométriose

En Janvier 2022, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, maladie gynécologique mieux connue depuis quelques années et qui touche aujourd’hui une femme sur dix. Notre dossier.

Urgences : “La régulation médicale apparaît comme une solution pertinente pour garantir la qualité de la prise en charge”

Responsable d’une “mission flash” d’un mois pour les urgences – déjà contestée par plusieurs organisations qui craignent un énième rapport sans réelle traduction en actes -, François Braun était présent quelques jours auparavant au Salon Santexpo pour parler du Services d’accès aux soins. Le Chef du pôle Urgences santé mentale au CHR de Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France voit dans le SAS, déjà déployé sur vingt-deux sites pilotes en France, qu’il une solution de désengorgement efficace des urgences. Explications.