Le cancer du sein n’est pas une fatalité

Depuis 1990 et sous l'égide du département de la Somme, le CHU d'Amiens participe au dépistage organisé du cancer du sein par mammographie de toutes les femmes âgées entre 50 et 69 ans.

Depuis 1990 et sous l’égide du département de la Somme, le CHU d’Amiens participe au dépistage organisé du cancer du sein par mammographie de toutes les femmes âgées entre 50 et 69 ans. Son service de radiologie assure l’expertise médicale et paramédicale de l’opération et son Département d’Informatique Médicale héberge l’association pivot de la campagne.

Le CHU acteur de santé publique
Le service de radiologie B, dirigé par le professeur Grumbach est l’un des 20 services agréés. Pour ce faire il remplit les critères d’un cahier des charges rigoureux et, en tant que service universitaire de référence, il mandate, à chaque séance de lecture, un des radiologues experts de l’unité afin de donner un résultat définitif en cas de désaccord sur le diagnostic.
Outre l’expertise médicale, le service de radiologie du CHU offre les compétences de l’équipe paramédicale dans la formation des manipulateurs et le contrôle qualité des appareils.

Le développement d’un partenariat
La campagne de dépistage repose sur un partenariat entre les radiologues et l’association ADEMA 80 (Association pour le dépistage des maladies dans la Somme). Cette association située dans les locaux mis à disposition par le CHU au sein du Département d’Informatique Médicale, organise les invitations, envoie les résultats et assure le suivi et l’évaluation. Quant aux radiologues, ils effectuent la lecture des clichés mammographiques dans leur cabinet puis les transmettent à ADEMA 80 qui regroupe tous les clichés pour les séances de 2ème et de 3ème lecture.

La population cible
La campagne concerne avant tout une population située dans la tranche d’âge la plus touchée par l’apparition d’un cancer du sein : c’est à dire les femmes âgées de 50 à 69 ans. Depuis les recommandations de l’ANAES de 1999, la tranche d’âge s’étend jusqu’à 74 ans pour les femmes entrées dans le dépistage avant 70 ans.
Le premier dépistage est important mais seule la régularité des examens permet d’obtenir une réduction de la mortalité liée au cancer du sein. La première mammographie sert de référence aux suivantes ; celles-ci doivent être réalisées de préférence tous les deux ans.
L’existence d’un symptôme clinique découvert au moment du dépistage amène la patiente à effectuer une mammographie diagnostique immédiate.
A noter que les femmes présentant des facteurs de risque élevés comme des antécédents familiaux multiples ou encore celles dont l’existence d’un gène de prédisposition a été découvert font l’objet d’un dépistage très ciblé qui débute généralement avant 50 ans et non d’un dépistage organisé.

Deux atouts : la gratuité et la liberté de choix
La campagne est basée sur la gratuité de la mammographie de dépistage. Elle est financée par la collectivité. Cette gratuité garantit l’égalité de chance quelles que soient les ressources de la personne. La campagne est également fondée sur la liberté de choix du lieu de réalisation de l’examen ; l’invitation étant toujours accompagnée de la liste des radiologues publics et privés habilités à la réaliser.

Le dépistage du cancer du sein en France
Les travaux et leur évaluation réalisés dans le cadre des campagnes départementales pilotes ont permis l’extension du dispositif à 32 départements en France en 2001 et à l’ensemble du territoire en 2002.

Le cancer du sein en France
A ce jour, il n’existe pas de prévention du cancer du sein permettant d’éviter son apparition. Le cancer du sein est le plus fréquent des cancers de la femme en France, avec environ 30 000 nouveaux cas par an. Il est responsable de 10 000 décès dans notre pays chaque année. Sa gravité est proportionnelle au volume de la tumeur au moment de sa découverte. L’enjeu du dépistage est donc de détecter la maladie le plus tôt possible avant qu’elle ne se révèle par des symptômes. Plus la tumeur est petite, plus les chances de guérison sont grandes et le traitement léger avec en général une conservation du sein. Des études cliniques menées aux Etats-Unis, en Suède et en Hollande ont démontré que la détection précoce avait fait baisser le taux de mortalité de 30 à 45%

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Fumagilline, itinéraire d’une réapparition

L’information a été reprise par plusieurs médias. Pour soigner un jeune patient, les Hospices Civils de Lyon ont recréé un médicament disparu de la circulation : la fumagilline. Si ce dernier fait office de remède miracle, sa fabrication tient davantage de l’abnégation des équipes du CHU qui, à l’heure actuelle, se battent pour en pérenniser la production.

Dossier : L’endométriose

En Janvier 2022, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, maladie gynécologique mieux connue depuis quelques années et qui touche aujourd’hui une femme sur dix. Notre dossier.

Urgences : “La régulation médicale apparaît comme une solution pertinente pour garantir la qualité de la prise en charge”

Responsable d’une “mission flash” d’un mois pour les urgences – déjà contestée par plusieurs organisations qui craignent un énième rapport sans réelle traduction en actes -, François Braun était présent quelques jours auparavant au Salon Santexpo pour parler du Services d’accès aux soins. Le Chef du pôle Urgences santé mentale au CHR de Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France voit dans le SAS, déjà déployé sur vingt-deux sites pilotes en France, qu’il une solution de désengorgement efficace des urgences. Explications.