Le CHU de Nice, laboratoire de la médecine de demain

Un déficit en voie de résorption à moins de 20 M€ en 2016 contre 33,7M€ en 2015, soit 2,5% d’un budget de 652M€ : le CHU de Nice présente un résultat en nette amélioration. Interrogé par RESEAU CHU, Charles Guépratte, directeur général du CHU de la 5e ville de France, n’a pas caché sa satisfaction devant un rétablissement si prometteur. Le CHU vient d’enregistrer une augmentation importante d’activité et envisage son avenir avec confiance
Un déficit en voie de résorption à moins de 20 M€ en 2016 contre 33,7M€ en 2015, soit 2,5% d’un budget de 652M€ : le CHU de Nice présente un résultat en nette amélioration. Interrogé par RESEAU CHU, Charles Guépratte, directeur général du CHU de la 5e ville de  France, n’a pas caché sa satisfaction devant un rétablissement si prometteur. Le CHU vient d’enregistrer une augmentation importante d’activité et envisage son avenir avec confiance en tant qu’établissement de référence et en tant que pivot du GHT des Alpes-Maritimes. Charles Guépratte revient aussi sur son expérience de manageur au sein du 1er centre de lutte contre le cancer en Europe, l’Institut Gustave Roussy. Enfin il évoque les grandes ambitions d’UNIHA qu’il préside depuis décembre 2016.
RESEAU CHU : La trajectoire de redressement est-elle stabilisée ?
Charles Guépratte : 2015 avait été une année difficile, marquée par l’ouverture du nouvel hôpital Pasteur 2 (730 lits, 2 800 professionnels exerçant sur 81 000 m² et 10 niveaux). 2016 annonce la reprise avec un appel d’air conséquent du fait de la mise en service du nouvel établissement , dans tous les secteurs avec des pointes à 15,8% pour l’ambulatoire, 11,8% pour l’hospitalisation conventionnelle de médecine et 9,4 % pour la chirurgie. Cette croissance devrait se stabiliser autour des 3% en 2017. Pas davantage car le CHU de Nice évolue dans un environnement compétitif avec un secteur privé et PSPH très dynamique notamment en pédiatrie et en cancérologie. Ces prévisions permettent au CHU d’envisager l’avenir avec optimisme et de finir les grands chantiers comme la restructuration de Pasteur 2 avec un nouvel hôpital de 70 à 80M€ où seront regroupés la pneumologie, la chirurgie thoracique, la cardiologie interventionnelle et le plateau de chirurgie orienté vers l’ambulatoire. De son côté, le site de l’Archet confortera son rôle en cancérologie. En ce moment nous finalisons le projet médical qui comprend notamment 3 axes structurants: l’ambulatoire, le vieillissement et les fragilités et la cancérologie. Un projet en phase avec les évolutions organisationnelles et la prévalence locale puisque la population des Alpes Maritimes a 10 ans de plus que la moyenne française.

« Nous sommes le laboratoire et l’incubateur de la prise en charge des personnes âgées de demain »

Cette particularité démographique fait de nous des précurseurs sur des thèmes qui seront déterminants à l’avenir comme la prévention du vieillissement, l’entretien de sa forme physique, le maintien à domicile. Nous sommes le laboratoire et l’incubateur de la prise en charge des personnes âgées de demain, des personnes qui n’ont pas vocation à venir à l’hôpital. Nous devons préparer cet accompagnement hors les murs.» Le projet médical prévoit également la valorisation des missions phares que sont le recours, la référence et l’innovation-recherche. 

RESEAU CHU : Comment s’organisent vos relations avec les autres établissements du GHT des Alpes-Maritimes ?
Charles Guépratte : Le CHU entend aussi assumer son rôle d’animateur, coordonnateur du GHT des Alpes-Maritimes composé de 14 établissements au service d’une population de 1,2 million  d’habitants. Entre eux, le maître mot est « coopération ». Il ne s’agit pas de se répartir des patients dans un esprit de compétition mais bien de penser ensemble une stratégie de groupe. Le Pr Thierry Piche, président de la CME et président du collège médical du GHT,  articule le projet médical du CHU avec le projet médical partagé du GHT et chaque groupe de travail prévoit une extension avec le GHT. Pour faire vivre la coopération territoriale, les documents stratégiques doivent converger. Notre masse critique nous permet de nouer des formes très variées de partenariats : assistants partagés, équipes territoriales de médecins, de kinés, rapprochement de pratiques pour les recrutements d’anesthésistes afin d’éviter toute concurrence inutile.
RESEAU CHU : Auparavant vous occupiez le poste de Directeur général adjoint de Gustave Roussy, comment avez-vous vécu la transition avec un CHU ?

Charles Guépratte : Je venais d’un établissement privé participant au service public (PSPH) en mono spécialité, proposant des soins tertiaires très spécialisés et complexes avec une recherche de haute intensité. De mon expérience à Gustave Roussy, je retiens la même exigence pour la recherche niçoise. L’établissement que j’ai quitté avait développé une vraie culture de la recherche clinique avec 24% des patients inclus dans des essais, ils sont 5% à Nice. Il existe donc une marge de progression. Les médecins doivent être dans cet état d’esprit et assurer une gestion prévisionnelle de l’emploi des HU. Les PUPH doivent être recrutés pour leurs compétences professionnelles et leur appétence pour la recherche, la publication. De son côté l’administration doit donner des moyens à la Recherche Clinique et à l’Innovation , soutenir les réponses aux appels d’offres, ouvrir les plateaux techniques aux chercheurs. Bref ne pas rendre la recherche compliquée mais créer un éco système favorable. »

 « Je tiens à faire du CHU de Nice, le leader de l’offre de soins des Alpes-Maritimes »

Dans le même temps j’ai aussi bien conscience que le CHU doit assumer de vastes responsabilités : assurer les soins de proximité et de recours dans quasiment toutes les disciplines et remplir une mission d’aide pour son environnement public comme on l’a vu pour le GHT tout en se positionnant face à une très forte concurrence locale. Je tiens à faire du CHU de Nice, le leader de l’offre de soins des Alpes Maritimes et plus généralement de l’Est de notre région PACA.

RESEAU CHU : Pourquoi avoir accepté la présidence de l’ UNIHA ? 

Charles Guépratte : J’apprécie la puissance du groupement d’achat et les performances de son organisation collaborative. Je rappelle que l’année dernière UniHA a négocié des marchés à hauteur de 3,300 milliards d’euros et  permis de générer 120 millions d’euros de gains sur achats pour ses adhérents. Cela signifie qu’un quart des économies que doit faire l’hôpital est assuré par des achats bien négociés. Notre objectif est d’atteindre 4 milliards d’euros de CA en 2017 pour garantir à l’ensemble de la communauté des retours suffisants pour disposer de marges de manœuvre et d’investissements.

L’achat est devenu stratégique et politique. Travailler des circuits courts, c’est renforcer le tissu économique qui nous fait vivre. C’est aussi concrétiser un engagement en faveur du développement durable, valoriser l’économie solidaire… une manière pour nous, les très grandes entreprises de service public, d’assumer pleinement notre responsabilité sociétale.
Marie-Georges Fayn

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