Le nouveau CHU Amiens-Picardie : J-1 an avant le transfert des services

« Regrouper les énergies et les compétences, faciliter les complémentarités et les connexions », le nouveau CHU Amiens-Picardie se présente comme une réponse moderne et innovante aux avancées de la médecine et aux nouveaux concepts de rationalisation des organisations. Erigé sur le site de l’actuel hôpital sud (36 ha) le Nouveau CHU singularise les 3 grandes fonctions que sont les soins aigus et ambulatoires, l’hébergement et les supports logistiques. Visite guidée...

« Regrouper les énergies et les compétences, faciliter les complémentarités et les connexions », le nouveau CHU Amiens-Picardie se présente comme une réponse moderne et innovante aux avancées de la médecine et aux nouveaux concepts de rationalisation des organisations. Erigé sur le site de l’actuel hôpital sud (36 ha) le Nouveau CHU singularise les 3 grandes fonctions que sont les soins aigus et ambulatoires, l’hébergement et les supports logistiques. Au centre, domine sur 5 niveaux le plateau technique, colonne vertébrale du site. L’ensemble est relié à 3 membres : les unités d’hébergement, 3 plots de 400 lits répartis sur 4 niveaux dont une partie repose sur le centre névralgique du corps hospitalier, un demi-cylindre de 2 étages qui abrite les 30 salles du bloc central, les urgences et l’ambulatoire. Depuis le lancement de l’opération en 2001, cette construction gigantesque – 17 000m² au total pour un investissement de 632 millions d’euros- se prévaut du titre de plus grand chantier hospitalier de France. Visite guidée…


En bleu le plateau technique, l’épine dorsale du CHU – en blanc les hébergements, 3 plots de 400 lits chacun

Les atouts de la nouvelle construction
Fini le pavillonnaire multisite éclaté en 4 sites en différents points de la ville – l’hôpital nord, le Centre de Gynécologie Obstétrique, le Centre Saint Victor*, le Groupe Hospitalier Sud – Fini les services doublons dotés de leur propre bloc et plateau technique. Place au bloc opératoire unique et mutualisé de 30 salles au lieu de 44 – avec accès à proximité au plateau d’imagerie, aux salles de réanimation et au pôle laboratoire.  Quant aux plateaux de consultations pluridisciplinaires, communs eux aussi, ils disposent d’espaces pédiatrie, gynécologie, cancérologie, et endoscopies près de l’imagerie….

75% de chambres particulières à 1 lit satisfont aux besoins de confidentialité et de tranquillité. Leur aménagement intérieur tient compte des standards de confort les plus exigeants. Les personnes hospitalisées auront accès à internet en wifi via des terminaux mobiles de type tablette. Elles disposeront de plusieurs chaines télé gratuites dont des canaux réservés aux informations institutionnelles et de santé publique. Et, nouveauté appréciable, les appels passés du téléphone de leur chambre aux postes fixes métropolitains seront gratuits ; nul besoin de passer par l’accueil.
Enfin les patients bénéficieront d’un personnel soignant plus disponible car déchargé de ses fonctions actuelles de prise en charge hôtelière ; ces dernières étant assurées par des équipes dédiées.
Un accueil simple et direct
Du fait de l’étendue du nouvel hôpital, l’accueil et l’orientation ont fait l’objet d’une réflexion poussée. Le patient sera orienté à chaque étape de sa progression vers  son unité. Dans le hall il recevra une information sur la localisation générale et son accueil se fera au niveau de chaque plot, voire même dans certains cas, directement dans les services.
Des lieux de détente et de partage ont été prévus: cafétéria dans le hall, multiples services, maison des usagers pour faciliter les échanges entre associations et patients. Des études sont actuellement menées pour adapter la signalétique à tous les publics (valides, handicapés moteurs, visuels, auditifs) grâce à l’utilisation de technologie moderne (bornes interactives…).
L’ambulatoire bien identifié
En chirurgie, le nouveau CHU comportera un secteur réservé à l’ambulatoire de 29 lits qui accueilleront également les explorations fonctionnelles sous anesthésie générale (endoscopies digestives principalement).
En médecine, deux zones du rez-de-chaussée seront attribuées à l’Hôpital de jour (1 adulte et 1 pédiatrique) avec un accueil spécifique et un accès direct aux unités d’hospitalisation conventionnelles.

 Entrée du CHU

Les premiers emménagements ont commencé
En 2012 et 2013, les laboratoires, la pharmacie et la logistique ont déjà pris possession de leurs nouveaux locaux. Le Centre de Biologie Humaine regroupe les laboratoires hospitaliers, universitaires et labellisés. Il dispose d’une plate-forme commune robotisée assurant les phases pré-analytiques jusqu’au rendu des analyses biologiques de grande routine dans des délais courts et maîtrisés. Cette activité est adossée à un Centre d’Investigation Clinique lui même en lien avec un Centre de Ressources Biologiques (biothèque, tumorothèque)
La pharmacie est équipée de robots de stockage et de dispensation globale ainsi que de tours de stockage.
Fin 2013, les travaux de finition du bâtiment principal seront achevés. Le CHU entamera  alorsune phase d’aménagement étalée sur plusieurs mois : installation des mobiliers, réglage des équipements neufs…. Dernière ligne droite avant le top départ des transferts d’une partie des services de l’hôpital Nord, du Centre de Gynécologie Obstétrique et de l’ophtalmologie du Centre Saint Victor. Et en 2014 les premiers patients seront accueillis.

L’informatisation généralisée
Hôpital tout numérique, équipé d’infrastructures logistiques robotisées, le CHU  sera doté de moyens de téléconsultation et de télétransmission.
Déployé depuis 2002, le dossier médical informatisé intègrera la gestion de l’Unité de Soins à savoir la prescription nominative, le planning, le plan de soins, la saisie médico-économique des actes, bureautique ET le dossier patient multimédia avec la mise à disposition en interne et en externe – sous conditions sécurisées-, des résultats produits par le plateau technique (imagerie délivrée sur le réseau PACS, anatomopathologie, biologie…), des explorations fonctionnelles (endoscopies, échographies…). L’ensemble comprenant une dimension externalisation pour un partage des données patients.
La prise en charge du patient sera fondée sur une information complète, exhaustive, constamment à jour grâce à des équipements informatiques mobiles dans les services. La nouvelle infrastructure garantira une haute disponibilité et sécurité des réseaux. Par exemple, il n’y aura pas d’interférence entre le wifi offert aux patients et celui réservé aux équipes. Ce wifi professionnel sera complété par un SSO performant (Single sign on : un seul code et mot de passe permettant de se connecter à l’ensemble des logiciels métiers avec les droits afférents). Un tel réseau facilitera la mobilité des personnels qui pourront ouvrir leur session en tout point de l’hôpital et retrouver leur environnement. La Carte de Professionnel de Santé (CPS) sera l’outil futur de connexion au système d’information et donnera également accès aux locaux. Le CHU met aussi en place une gestion informatisée des rendez-vous.

Les Véhicules Automatiques Guidés – un concentré de high tech

Un transport logistique interne automatisé et rapide grâce… aux « tortues » nouvelle génération. Ces Véhicules Automatiques Guidés remplissent la fonction de chariots électriques bas. Ils livrent les produits pharmaceutiques, les dispositifs médicaux, le matériel de stérilisation, les repas, le linge et les fournitures à la porte de chaque service, dans des gares. Une gare, séparant arrivée et départ, est prévue par plot d’hébergement et par étage. Une fois leur contenu déchargé par l’équipe dédiée, les tortues repartiront chargées des déchets des services, qu’elles achemineront dans les zones réservées.
L’ensemble du système piloté par un système informatique assurera les livraisons dans les services à horaires convenus.
Pour une transmission de petits volumes en temps réel : les pneumatiques
La circulation en temps réel de transports urgents (prélèvements, petite pharmacie…)  relèvera d’un système de livraison automatique constitué de cartouches poussées par de l’air comprimé, dites pneumatiques. A n’importe quel moment de la journée et de la nuit, elles pourront relier les points de l’hôpital en quelques minutes –même les plus extrêmes.
Le nouveau CHU Amiens-Picardie en chiffres
–  36 hectares de terrain, dont 10 acquis spécifiquement pour l’opération
–  172 000 m² de surface SDO, dont 122 000 m² de construction neuve
–  3 plots architecturaux d’hospitalisation de 400 lits chacun environ, à l’aplomb d’un plateau technique unitaire
–  2 hélistations dont 1 en terrasse
–  44 unités de 28 lits
–  1 238 lits et places dont 52 lits de réanimation et 16 lits de surveillance continue adulte,  18 lits de réanimation néonatologique niveau III et pédiatrique, 16 lits de soins intensifs de
néonatologie et 8 lits de surveillance continue médico-chirurgicale pédiatrique
–  1 secteur de 5 salles d’imagerie interventionnelle traité dans un environnement de type bloc opératoire
–  2 TEP TDM et 4 caméras à scintillation, dont 1 couplée avec un scanner
–  4 scanners
–  2 IRM dont un 3 Tesla
–  75% de chambres individuelles dans les bâtiments neufs
–  175 salles de consultations
–  3 100 places de parking environ, dont 800 places en souterrain et 600 en silo aérien
–  Une plateforme logistique de 5 800 m² équipée d’un logiciel de gestion des stocks

Coût de l’opération
– 632 millions d’euros de travaux dont 70 millions d’euros d’équipement (35 M€
d’équipements biomédicaux, 25 M€ d’équipements généraux et 10 M€ d’équipements
informatiques).

Un calendrier qui s’étend sur plus d’une décennie
2001-2003 : études internes de faisabilité
2003 : Comité de pilotage des procédures administratives sous l’autorité du préfet de région
2004 : notification du marché de maîtrise d’œuvre AART THALES
2006-2007 : Elaboration et calage de l’Avant Projet Détaillé
2006 : réception du permis de construire du Nouveau CHU et lancement des travaux préliminaires
2009 : lancement des travaux de construction neuve
2012 : ouverture du Centre de Biologie Humaine
2013 : ouverture de la pharmacie et de la plateforme logistique
2014 : inauguration du Centre régional et universitaire de cancérologie.  En l’absence de Centre de Lutte Contre le Cancer dans la région, ce pôle hospitalo-universitaire regroupera et développera toutes les compétences du CHU d’Amiens en matière de cancérologie,  de la prévention, à la prise en charge rapide des patients, aux soins de supports (douleur, nutrition, psychologie, soins palliatifs…), jusqu’à la recherche
2014 : Transfert et regroupement des services sur le nouveau site puis lancement des travaux de réhabilitation de l’actuel Hôpital Sud
2016 : Fin des travaux

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