L’envol de l’Albatros, le centre de traitement des addictions inauguré

L'Albatros, Centre d'Enseignement, de Recherche et de Traitement des Addictions de l'hôpital Paul Brousse - Assistance publique-Hôpitaux de Paris- à Villejuif (94) a été inauguré le 7 avril 2008, dans le cadre du jubilé des centres hospitalo-universitaires. Fruit d'une alliance entre le Département de Psychiatrie Universitaire (Pr Michel Reynaud) et l'unité de Médecine Interne (Pr Alain Boissonnas), l'Albatros réunit ces compétences complémentaires. Intégrant les résultats des tout derniers travaux de recherche, le centre propose des prises en charge adaptées à chaque patient, aux produits consommés et aux degrés de dépendance. Il complète ainsi l'offre globale de soins de proximité et de référence (de niveau 3) à l'attention de tous les types de patients ayant des conduites addictives. Le Centre est dirigé par le Dr Amine Benyamina.

L’Albatros, Centre d’Enseignement, de Recherche et de Traitement des Addictions de l’hôpital Paul Brousse – Assistance publique-Hôpitaux de Paris- à Villejuif (94) a été inauguré le 7 avril 2008, dans le cadre du jubilé des centres hospitalo-universitaires. Fruit d’une alliance entre le Département de Psychiatrie Universitaire (Pr Michel Reynaud) et l’unité de Médecine Interne (Pr Alain Boissonnas), l’Albatros réunit ces compétences complémentaires. Intégrant les résultats des tout derniers travaux de recherche, le centre propose des prises en charge adaptées à chaque patient, aux produits consommés et aux degrés de dépendance. Il complète ainsi l’offre globale de soins de proximité et de référence (de niveau 3) à l’attention de tous les types de patients ayant des conduites addictives. Le Centre est dirigé par le Dr Amine Benyamina.

L’Albatros propose une palette de consultations spécialisées, médicales et paramédicales et de services adaptés aux troubles liés à la consommation d’alcool, de tabac, de cannabis, d’opiacés, de cocaïne et d’autres produits illicites. Détails de l’offre de soins :

L’unité de coordination tabacologique dispense des séances d’information pour les fumeurs non désireux d’arrêt, des réunions de groupe d’Alliance Thérapeutique et d’évaluation pour les fumeurs désireux d’arrêt, des consultations de suivi individuel, des suivis de Thérapies Comportementales et Cognitives (individuels ou en groupe) assurés par un des médecins tabacologues en cas de besoin ainsi que des visites au lit des patients, par l’infirmière de liaison et, si nécessaire , par l’un des médecins tabacologues.

La consultation spécifique cannabis pour les personnes souffrant de cette dépendance ou éprouvant des problèmes (affectifs, physiques, légaux, sociaux, professionnels ou scolaires) liés à son utilisation. Les protocoles de soins dépendent des souhaits du patient (adolescent ou adulte) et de la sévérité des problèmes liés au cannabis. Ils sont individualisés, allant de simples conseils à des interventions thérapeutiques brèves faisant appel à une approche cognitivo-comportementale. Un traitement médicamenteux est possible en présence de signes de sevrage tels qu’une anxiété ou des troubles du sommeil, ou encore en cas de comorbidités psychiatriques comme une dépression ou une psychose.

A cette offre s’ajoutent un centre de référence cocaïne, une consultation spécifique pour les addictions sans produit ainsi qu’une consultation pour les troubles des conduites alimentaires. Lors de l’accueil, une analyse de la demande est effectuée afin d’évaluer la stratégie thérapeutique la mieux adaptée. La plupart des consultations sont assurées par un binôme médecin addictologue/infirmière.

Un plateau thérapeutique permet différentes formes d’accompagnement : groupes de psychothérapies, groupes de parole ou de support, activités sportives ou à médiation corporelle, relaxation ou de balnéothérapie, activités manuelles. Cette structure dispense aussi des informations sur les risques et les conséquences liées aux conduites de dépendance à travers des sessions spécifiques et parfois en collaboration avec les associations d’entraide. Des interventions familiales peuvent aussi être organisées au décours des hospitalisations. Les patients ont également à leur disposition deux assistantes sociales pour les aider dans les démarches administratives et leur réinsertion.

L’hôpital de jour d’addictologie aide le patient à maintenir son abstinence, à prévenir la rechute et vise aussi à permettre le retour à une vie familiale, sociale et professionnelle.

Une unité d’hospitalisation de plus de 24 heures de plus de 24 heures réalise des sevrages, des bilans de comorbidités psychiatriques et somatiques, propose des psychothérapies individuelles ou de groupe et organise des projets de soins cohérents.

L’Albatros dispose aussi d’un centre de référence cocaïne.

A cette offre s’ajoutent une consultation spécifique des addictions sans produit ainsi qu’une consultation pour les troubles des conduites alimentaires. Lors de l’accueil, une analyse de la demande est effectuée afin d’évaluer la stratégie thérapeutique la mieux adaptée. La plupart des consultations sont assurées par un binôme médecin addictologue/infirmière.

Un centre d’enseignement et de recherche
Le Centre d’Addictologie de l’hôpital Paul-Brousse est également un centre de référence pour la formation du personnel médical et paramédical à l’accueil des patients et de leur famille et à l’évaluation de leurs dépendances et des stratégies thérapeutiques.
De multiples formations universitaires sont proposées aux médecins et aux paramédicaux. Elles sont à la fois théoriques (DIU de tabacologie ; DU d’addictologie clinique, DU adolescents cannabis et nouvelles consommations ; capacité d’addictologie ; DESC d’addictologie) et pratiques avec de nombreux stages de formation et d’encadrement.

Enfin, le centre initie des recherches cliniques, biologiques et de neuroimagerie, psychopathologiques, épidémiologiques et sociologiques en addictologie. Ces recherches sont coordonnées par le Professeur Henri-Jean Aubin.

L’addiction en France

Alcool
L’alcool est le produit psycho-actif le plus ancré dans notre culture et nos pratiques de consommation. Lorsqu’il est consommé en fortes doses, il entraîne de multiples dommages sanitaires et sociaux (ivresse pathologique, violence, accidents de voiture et du travail, altérations relationnelles et sociales). A terme, il entraîne une dépendance et des complications hépatiques, neurologiques, psychiatriques, cancéreuses, etc.
3 millions de français sont considérés comme consommateurs d’alcool à risque.
24 % des salariés ont une relation difficile avec l’alcool sur leur lieu de travail.
Un adolescent sur cinq s’enivre au moins quatre fois par an, surtout le week-end.
30 % des hommes et 10 % des femmes hospitalisés en médecine ou en chirurgie ont une consommation « nocive » d’alcool, le plus souvent non dépisté et non prise en compte. L’alcool est responsable d’environ 52 000 décès par an.

Tabac
Le tabac entraîne une forte dépendance et augmente les risques d’angine de poitrine, d’accident vasculaire cérébral, des maladies cardiaques, d’artérite, d’insuffisance respiratoire chronique et de cancer du poumon.
A 15 ans, 25 % des femmes et 23 % des hommes déclarent fumer.
Ils sont 51 % à 19 ans.
L’incidence du cancer bronchique est de 55/100 000 chez les hommes et de 5,9/100 000 chez les femmes.
Le tabac est responsable de 20 % des décès chez les hommes et 7 % chez les femmes, soit environ 60 000 décès annuels.

Cannabis
Le cannabis consommé à doses importantes, entraîne des troubles de la mémoire et de la concentration et, éventuellement, des complications psychiatriques. Il altère les capacités intellectuelles et perturbe les compétences scolaires et sociales.
50 % des jeunes ont expérimenté le cannabis, 20 % sont des consommateurs réguliers et 5 % sont dépendants. La consommation régulière de cannabis peut entraîner des troubles psychologiques et psychiatriques graves.

Autres substances illicites (cocaïne, héroïne, ecstasy, LSD, champignons hallucinogènes, colle, solvant…)
Particulièrement dangereuses, ces drogues sont susceptibles d’entraîner une forte dépendance, des complications psychiatriques et des pathologies graves voire mortelles. Le nombre d’usagers de substances illicites en France (hors cannabis) est évalué entre 150 000 et 200 000 personnes.

Un toxicomane qui ne reçoit pas de médicament de substitution a une mortalité de 20 à 60 fois plus élevée qu’un non toxicomane. Elle reste 5 fois plus élevée lorsque le toxicomane reçoit un traitement de substitution par la méthadone.

La morbidité liée à l’usage intra veineux des opiacés est bien connue : 15 à 20 % sont séropositifs vis-à-vis du VIH et 50 à 90 % vis-à-vis du VHC.

La consommation de cocaïne est de plus en plus souvent la cause d’hospitalisation en urgence de sujets jeunes pour accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde, poussée d’hypertension artérielle, insuffisance rénale aiguë…

Enfin l’ecstasy et les autres amphétamines, dont la consommation n’est plus seulement récréative lors des « rave party », sont causes de troubles neuropsychiatriques et somatiques parfois mortels.

Définitions
L’addiction
se caractérise par une impossibilité répétée de contrôler un comportement de consommation de substances, et la poursuite de ce comportement en dépit de la connaissance de ses conséquences négatives. L’addiction regroupe donc les comportements pathologiques de consommation de substances : l’abus et la dépendance.
A noter qu’il existe des addictions sans produit, comme par exemple : des troubles de conduites alimentaires (anorexie, boulimie…), le jeu pathologique, l’addiction sexuelle…

L’abus (ou usage nocif)
Il se caractérise par une consommation répétée induisant des dommages : soit pour le sujet lui-même, soit pour son environnement proche ou à distance, pour les autres et la société (sans qu’il y ait encore dépendance).

La dépendance
Elle se définit par l’impossibilité de s’abstenir de consommer avec l’existence d’une tolérance et celle d’un syndrome de sevrage à l’arrêt du produit.

L’addictologie
Elle étudie les pratiques de consommation et les conduites addictives (abus, usage à risque, dépendance). Elle s’intéresse aux mécanismes d’acquisition de la dépendance et aux complications qu’elles entraînent. Elle affine les diagnostiques, les traitements et les prises en charge des patients, en tenant compte du produit et de son mode de consommation.

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