Les ateliers transgénérationnels au CHU de Nancy

Réunir la famille d'un patient hospitalisé autour d'une activité commune et conviviale : une idée simple qui porte les ateliers transgénérationnels qui viennent d'être mis en place au CHU de Nancy en 2009. Lorsque la réalité de la vieillesse et des troubles qui y sont liés bouleverse les rapports entre grands-parents, enfants et petits-enfants, maintenir les liens entre générations est une priorité, à travers les ateliers transgénérationnels en particulier les liens : liens entre patients et proches, liens entre hôpital et extérieur, liens entre maladie et vie.

Réunir la famille d’un patient hospitalisé autour d’une activité commune et conviviale : une idée simple qui porte les ateliers transgénérationnels qui viennent d’être mis en place au CHU de Nancy en 2009. Lorsque la réalité de la vieillesse et des troubles qui y sont liés bouleverse les rapports entre grands-parents, enfants et petits-enfants, maintenir les liens entre générations est une priorité, à travers les ateliers transgénérationnels en particulier les liens : liens entre patients et proches, liens entre hôpital et extérieur, liens entre maladie et vie. « A distinguer des actions intergénérationnelles, plus répandues, où les participants n’appartiennent pas à la même famille (des élèves de primaire et les résidents d’une maison de retraite par exemple) », précise le Dr Thérèse Jonveaux, chef du service Soins de suite, orientation gériatrie, soins palliatifs, réadaptation.

Préserver et renforcer les liens d’une personne malade avec les membres de sa famille, c’est tout l’enjeu des ateliers transgénérationnels. La maladie d’Alzheimer et plus généralement, la vieillesse, sont synonymes de préjugés tenaces. Les craintes, les non-dits et la mise à l’écart progressive du proche hospitalisé mettent profondément à mal l’équilibre familial. On constate que souvent le même proche se déplace pour les visites Sorte de « délégué de la famille », il remplit pour les autres cette « mission », vécue souvent comme un devoir et une responsabilité lourds à assumer.

La solitude et l’isolement des patients âgés sont encore accentués par la réticence des adultes à emmener des enfants à l’hôpital. D’un côté, trop remuants, trop bruyants, voire trop spontanés dans l’environnement feutré et aseptisé des services ou de l’autre trop impressionnables, trop fragiles pour être confrontés au milieu hospitalier. « Stop aux idées reçues ! » prévient la psychologue Laëtitia Demarche. « Même s’il peut y avoir des contre-indications ponctuelles à une visite, la venue des familles et en particulier des enfants dans le service reste un atout irremplaçable pour le mieux-être du patient. » Faire garder ses enfants le temps d’une visite à l’hôpital peut c’est vrai être source de difficultés d’organisation et de stress. « Cela nuit immanquablement à la qualité de la visite qui devrait être un moment privilégié pour tous : patient, proches et soignants », rappelle la cadre de santé Catherine Waechter. « Je garde toujours à l’esprit le visage illuminé d’une grand-mère de notre service après la visite de sa petite-fille, poursuit Laëtitia Demarche. Ça me conforte chaque jour dans la démarche que nous avons engagée au CHU. »

«Ce qui est tabou pour les parents ne l’est pas pour les enfants qui ressentent le besoin de parler. La volonté des parents de préserver leurs enfants de cette réalité nourrie d’idées reçues, ne fait qu’accroître le sentiment d’exclusion des plus jeunes », regrette la psychologue Laëtitia Demarche. L’atelier transgénérationnel est la face émergée du travail de fond engagé par les équipes de l’hôpital auprès des familles. « Nous sommes là pour discuter avec eux de leur ressenti et de leurs appréhensions. Un dialogue qui permet de décrisper les questions autour de la maladie et de faciliter par la suite les explications et les échanges au sein de la famille. » Si les retombées des ateliers sont difficilement quantifiables, leurs effets bénéfiques n’en sont pas moins tangibles. « Les patients et les proches nous renvoient une image apaisée de leurs relations, ce qui a un impact positif sur le travail des équipes », conclut Catherine Waechter.

Médecins, psychologues, cadres, infirmières, aides-soignantes, agents de service hospitalier, bénévoles, tous participent à l’organisation et au bon déroulement des ateliers auxquels sont étroitement associés patients et familles. Des retrouvailles vécues dans la détente d’un moment privilégié : celui de l’évasion partagée en commun autour de thématiques comme le Carnaval, Pâques ou l’été. Les talents individuels sont mis à contribution comme celui du petit-fils d’un patient jouant du violon. « De plus, le CHU de Nancy dispose d’un cadre exceptionnel pour la tenue de ces ateliers » assure le Dr Jonveaux. « Le jardin à visée thérapeutique en cours d’aménagement à l’hôpital St Julien est un espace ouvert et reposant dédié à la nature et à l’Art, un support idéal pour rapprocher les générations. » La Fondation Médéric-Alzheimer qui s’implique activement dans la démarche transgénérationnelle au sein des établissements hospitaliers a reconnu cet atout lorrain : elle vient d’apporter un soutien conséquent au projet.

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