L’IRM enfin accessible aux porteurs de pacemaker ! Une 1ère européenne

Mardi 29 juin 2010, l'équipe du Pr Davy a procédé à la première pose européenne d'une nouvelle génération de stimulateurs cardiaques compatibles avec l'IRM chez 3 patients du CHRU de Montpellier.

Mardi 29 juin 2010, l’équipe du Pr Davy a procédé à la première pose européenne d’une nouvelle génération de stimulateurs cardiaques compatibles avec l’IRM chez 3 patients du CHRU de Montpellier.

Irremplaçable pour diagnostiquer un cancer ou un désordre neurologique, indispensable pour les examens poussés du cerveau et de la moelle épinière, nécessaire au suivi du cancer du sein, l’IRM était cependant refusée aux patients porteurs de stimulateurs cardiaques (Pacemaker). Or selon les dernières études, sur une période de suivi de 12 mois, 17% des patients porteurs de stimulateurs cardiaques ont eu besoin d’un diagnostic IRM*. Mais 50 à 75% d’entre ont été refusés**. Une amélioration des mécanismes des stimulateurs cardiaques trop sensibles au champ magnétique s’imposait. Il aura fallu 10 ans de recherche à Medtronic pour concevoir le « SureScanTM Pacing System ». Avec ce nouveau stimulateur cardiaque, un porteur de pacemaker pourra, comme toute autre personne, bénéficier d’un IRM. Le souci de la sécurité du patient, de l’équité de traitement des personnes et la collaboration interprofessionnelle entre radiologues et cardiologues qui ont convaincu l’équipe de rythmologie cardiaque du CHRU de Montpellier. Après avoir suivi ces derniers mois le résultat des études internationales avec des stimulateurs prototypes et la délivrance de la norme européenne, l’équipe du Pr Davy a procédé mardi 29 juin 2010 à la première pose européenne de ce système chez 3 patients du CHRU de Montpellier.

Lors d’une IRM, il suffit de mettre en place sur l’appareil une programmation spécifiquement dédiée à l’examen, puis de le déprogrammer une fois l’examen terminé.

L’IRM, un examen indispensable qui représente une menace pour les porteurs de pacemaker
Dépourvue de rayons radiologiques, son innocuité en fait un outil de choix dans les diagnostics et suivi de cancer du sein. En 2007, environ 3,3 millions d’actes IRM ont été réalisé en France. Mais l’IRM fonctionne avec des aimants très puissants. Il est donc interdit, lors de l’examen, d’introduire dans le champ magnétique tout type de matériau ferreux. Les stimulateurs cardiaques, fonctionnant grâce à un mécanisme très complexe, peuvent être déréglés par le champ magnétique (comme lors d’un faux contact) qui entraîne soit un emballement cardiaque soit un arrêt. De plus, l’IRM peut provoquer l’échauffement du bout de la sonde qui relie le boîtier du stimulateur au coeur, ce qui se traduit par une brûlure cardiaque et l’arrêt de fonctionnement de la sonde et donc de la stimulation.

Les premiers pacemakers ont été posés en 1962. Depuis, la pose de cet appareil qui reproduit l’impulsion électrique naturelle entraînant la contraction cardiaque est devenue une routine thérapeutique pour les équipes de cardiologie, notamment en traitement de syncopes. Au CHRU de Montpellier, environ 300 patients sont équipés de pacemakers tous les ans.

*Sakakibara et al., Jpn Heart 1999
**Roguin A. Europace 2008Une

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