L’univers High Tech de la radiologie interventionnelle

Guidé par une triple exigence de performance, de qualité et de sécurité, le CHU de Toulouse vient d’ouvrir un secteur dédié à la chirurgie interventionnelle au sein de l’hôpital Rangueil. L’établissement a investi 2,5 m€, dont 1,5 pour l’équipementdans un univers high tech composé de deux salles d'angiographie dites "hybrides" et une salle avec scanner dédié, équipées d’appareils d'imagerie, d'échographie interventionnelle et de fluoroscopie de dernière génération. Emblèmes du progrès technologique au service d’interventions de haute précision, les nouvelles salles hybrides

Guidé par une triple exigence de performance, de qualité et de sécurité, le CHU de Toulouse vient d’ouvrir un secteur dédié à la chirurgie interventionnelle au sein de l’hôpital Rangueil. L’établissement a investi 2,5 m€, dont 1,5 pour l’équipement dans un univers high tech composé de deux salles d’angiographie dites "hybrides" et une salle avec scanner dédié, équipées d’appareils d’imagerie, d’échographie interventionnelle et de fluoroscopie de dernière génération. Emblèmes du progrès technologique au service d’interventions de haute précision, les nouvelles salles hybrides ont ouvert leurs portes en avril  2015.
 
Radiologie interventionnelle et actes radiochirurgicaux « hybrides »

Dans cet univers multimodal à la fois bloc chirurgical et imagerie, il n’est plus question de chirurgie mais d’imagerie interventionnelle, réalisée par des  équipes mixtes radio chirurgicales. Les actes médicaux sont moins invasifs que la chirurgie classique, avec de nombreux avantages pour les patients: les interventions sont plus précises, plus sûres, moins agressives, en un seul temps avec une seule anesthésie et une quantité de produit de contraste et une exposition aux rayonnements réduite et donc un plus grand confort et une récupération plus rapide.
 
Des interventions futuristes avec guidage laser au cœur d’une réalité augmentée
Pour se déplacer à l’intérieur du corps et visionner toutes les angulations de l’organe, les opérateurs disposent de guidages laser sophistiqués et d’équipements capables de fusionner les différentes sources d’images scanner, IRM, Discovery IGS 740 avec superposition d’un modèle virtuel 3D ou 2D et possibilité d’incruster des objets virtuels provenant d’autres sources d’images : la réalité augmentée au service d’un acte performant.
La radiologie interventionnelle (RI) empreinte les voies naturelles pour circuler dans le corps : système urinaire, tube digestif… ou réseau vasculaire (artères ou veines). Elle peut aussi se frayer un raccourci en passant au travers d’un organe / la voie transcutanée pour le foie, le rein ou le thorax en particulier. 
 
Les applications diagnostiques ou thérapeutiques sont nombreuses en cancérologie ou en pathologie cardiovasculaire : revascularisation artérielle par angioplastie et pose de stents (dans les artères périphériques, rénales, digestives ou carotides) est un domaine très large et correspond au traitement des obstructions vasculaires ou des anévrysmes périphériques.
Précurseur dans ce domaine, le CHU de Toulouse, a implanté le premier stent vasculaire chez l’homme dans les années 80. Depuis, de nouvelles techniques sont développées comme les stent-grafts qui permettent de traiter les pathologies de l’aorte thoracique et abdominale, sans ouvrir la paroi. Les équipes médicales de l’hôpital Rangueil ont été longtemps les pionniers avec en particulier les premières prothèses à branche pour refaire toute l’arche aortique. Les avantages évidents de ces traitements, en dehors d’une efficacité validée, sont le temps de récupération très court et le traitement des patients pour lesquels la chirurgie classique est contre-indiquée.

La RI concerne également tous les domaines de l’embolisation, en particulier dans le cadre de l’urgence pour un patient qui saigne d’un organe profond, de l’embolisation d’anomalies vasculaires comme les malformations artério-veineuses, les anévrysmes ou certaines pathologies comme les fibromes ou les insuffisances veineuses. Toujours en urgence, l’embolisation est le traitement de choix des polytraumatisés, hémorragie de la délivrance, les hémorragies digestives, urinaires, pulmonaires ou ORL…

Dans le domaine de la cancérologie, le champ d’application est vaste et comprend des actes diagnostiques avec les biopsies et des actes thérapeutiques guidés par des moyens d’imagerie, que l’on peut classer schématiquement ainsi :
 – à visée curative de la tumeur : destruction localisée des tumeurs par chimioembolisation, radiofréquence ou autres procédés de destruction utilisables par voie transcutanée (le froid, le laser, les micro-ondes, les ultrasons focalisés à haute intensité….).
– à visée curative de complications de la tumeur ou de ses traitements (drainage d’abcès, embolisation d’hémostase…).
– à visée adjuvante : pour préparer ou rendre possible un traitement curatif d’un autre ordre (embolisation portale pour l’exérèse chirurgicale d’une tumeur du foie), ou complétant un traitement curatif (traitement intra-artériel après chirurgie d’exérèse).
– à visée palliative ou symptomatique comme le traitement de la douleur (vertébroplastie qui consiste à injecter par voie percutanée du ciment acrylique dans une vertèbre pathologique pour obtenir un effet antalgique et une consolidation de la vertèbre ; neurolyse splanchnique ou cœliaque….).
– le traitement de rétrécissements de canaux  par la tumeur (mise en place de prothèses urinaires ou digestives, gastrostomie, dilatations de rétrécissements…). 
 
La radiologie interventionnelle, un plus pour le CHU de Toulouse
Pour l’établissement, les atouts de la radiologie interventionnelle sont nombreux : performance des actes y compris ceux effectués dans les zones à risque élevé, réduction des coûts de traitements grâce à une diminution de la durée d’hospitalisation en soins intensifs et de la durée totale du séjour.
– Attractivité renforcée avec une offre supplémentaire de traitements innovants, mini-invasifs.
– Augmentation des thérapeutiques ambulatoires par des procédures minimalement invasives.
– Taux d’utilisation de la salle optimisée par une salle polyvalente pouvant accueillir plusieurs procédures.
– Emulation au sein des équipes avec l’ouverture de l’activité à l’ensemble des spécialités intervenant dans le diagnostic et le traitement du cancer et des pathologies cardiovasculaires,  viscérales, de l’appareil digestif, urinaire ou thoracique.
 
La radiologie interventionnelle en chiffres
Cardio-vasculaire

13 584 actes en 2009 de revascularisation artérielle (angioplastie et pose de stents dans les artères
périphériques, rénales, digestives ou carotides). Actuellement, cette activité s’est élargie avec la mise place de stent-grafts pour les pathologies aortiques thoraciques et abdominales.
16 819 actes d’embolisation au début des années 2010 avec une progression supérieure à 10 % par an.

Oncologie 
330 000 actes diagnostiques en en 2006 et 132 000 actes thérapeutiques. Parmi ces derniers, 21 000 actes concernaient des actes hors pose de cathéters, soit 16 % du total. En prévision pour 2020 une augmentation exponentielle de l’activité de la RI avec 5 fois plus de séjours, 6 fois plus de consultations de RI, 16% de plus d’actes sous contrôle scanner et 36 % fois plus d’IRM (source : Unicancer – 2013)

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