Luxation congénitale de la hanche : les bons résultats du dépistage précoce valorisés par une publication

La luxation congénitale de la hanche constitue une urgence orthopédique dont le dépistage précoce évite, pour certains nourrissons, un traitement chirurgical lourd et des séquelles importantes. Grâce à un repérage à un mois de naissance, basé sur une mesure échographique simple et fiable établie par deux professionnels de l’hôpital Sud, le CHU de Rennes affiche de très bons résultats en Ille et Vilaine qui ont permis la publication fin octobre d’un article de référence dans une revue à portée internationale « European Radiology ».

La luxation congénitale de la hanche constitue une urgence orthopédique dont le dépistage précoce évite, pour certains nourrissons, un traitement chirurgical lourd et des séquelles importantes. Grâce à un repérage à un mois de naissance, basé sur une mesure échographique simple et fiable établie par deux professionnels de l’hôpital Sud, le CHU de Rennes affiche de très bons résultats en Ille et Vilaine qui ont permis la publication fin octobre d’un article de référence dans une revue à portée internationale « European Radiology ».
Il y a 20 ans, le dépistage de cette pathologie n’était pas chose facile ; il reposait sur un examen clinique, difficile et non fiable à 100%, associé à une technique d’échographie (Graf) complexe et demandant une grande expertise du praticien. Cette dernière n’était donc pas généralisée et seule la radiographie du 4ème mois permettait d’établir le diagnostic, soit une prise en charge tardive du traitement. Le Dr Catherine Tréguier (radiologue pédiatre) et le Dr Madeleine Chapuis (chirurgien orthopédiste pédiatre), praticiennes à l’hôpital Sud, ont donc uni leurs compétences, dès 1991, pour créer une consultation commune hebdomadaire avec pour objectif d’établir en un même lieu le diagnostic, le traitement et le suivi des nourrissons présentant une pathologie luxante de la hanche grâce à un dépistage à un mois de naissance.
Un dépistage échographique simple et fiable
Les deux praticiennes ont cherché une technique d’échographie simple, fiable et reproductible permettant la standardisation de l’examen et l’identification d’un critère objectif d’évaluation. Une seule mesure suffit à poser le diagnostic sans risque d’erreur grâce à cette échographie : la distance entre la tête du fémur et le fond du cotyle (cavité dans laquelle vient se poser la tête fémorale). Inférieure à 6 millimètres elle signifie une hanche normale ; supérieure, elle signifie une hanche pathologique, qui va pouvoir être traitée tout de suite. Elle permet de reconnaitre précocement des luxations très sévères qui seront traitées chirurgicalement vers l’âge de 1 an. Le diagnostic couplant l’examen clinique et la mesure du fond de cotyle permet ainsi de mettre en place un traitement plus simple, moins agressif, moins long et moins coûteux.
Diffuser, enseigner, innover
A l’origine conçue comme une consultation de proximité, les rendez-vous hebdomadaires des deux professionnelles sont devenus des consultations d’expertise dans le Grand Ouest destinées aux nourrissons de moins de 6 mois suspects d’une pathologie luxante de hanche. De nombreux professionnels de santé de la région sont sensibilisés constituant un véritable réseau de dépistage : pédiatres, médecins généralistes, médecins de PMI, puéricultrices, sagefemmes et radiologues. Le Dr Tréguier et le Dr Chapuis ont également instauré des ateliers de formation d’envergure dorénavant nationale pour les radiologues, et exposent leurs enseignements lors de congrès et journées nationales de radiologie.
Depuis 2006, le dépistage est proposé de manière systématique, dans le premier mois de naissance, à toutes les filles (93% des luxations) et aux garçons présentant des facteurs de risque (accouchement en siège, antécédents familiaux…). Cette généralisation de l’échographie à un mois a permis, en 2009, de réduire fortement le taux de traitements lourds au CHU de Rennes en passant à 0,24/1000 pour les garçons et à 0/1000 pour les filles, soit le taux le plus bas de la littérature mondiale. Aucun diagnostic tardif après 4 mois n’est à notifier en Ille et Vilaine depuis 4 ans.

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