Maladies vasculaires : un tout nouveau plateau d’exploration pour une toute jeune spécialité

Sténose, anévrisme, thrombose, extrémités froides… le diagnostic et le suivi d’une de ces maladies vasculaires nécessitent une exploration des artères, des veines, des lymphatiques et des capillaires. Au CHU de Montpellier (Saint Eloi) 5 000 patients sont concernés chaque année et 10 000 explorations vasculaires sont réalisées. Depuis mars 2016, ils pourront effectuer leur examen dans un espace ultra-moderne de plus de 250 m² qui conjugue sécurité, intimité et esthétique. « L’inauguration de ce nouveau centre correspond aussi à un changement majeur dans la médecine vasculaire reconnue depuis le 4 décembre 2015 comme une spécialité à part entière nécessitant 4 ans et non plus 2 ans de formation pour les futurs praticiens » souligne le Dr Jean-Pierre Laroche.
Sténose, anévrisme, thrombose, extrémités froides… le diagnostic et le suivi d’une de ces maladies vasculaires nécessitent une exploration des artères, des veines, des lymphatiques et des  capillaires. Au CHU de Montpellier (Saint Eloi)  5 000 patients sont concernés chaque année et 10 000 explorations vasculaires sont réalisées. Depuis mars 2016, ils pourront effectuer leur examen dans un espace ultra-moderne de plus de 250 m² qui conjugue sécurité, intimité et esthétique. « L’inauguration de ce nouveau centre correspond aussi à un changement majeur dans la médecine vasculaire reconnue depuis le 4 décembre 2015 comme une spécialité à part entière nécessitant 4 ans et non plus 2 ans de formation pour les futurs praticiens » souligne le Dr Jean-Pierre Laroche.
Plus vaste, plus ergonomique, plus pratique pour les patients comme pour les médecins et futurs médecins, le plateau comprend 2 grandes salles d’attente une pour patients lourds, hospitalisés, transportés en brancards et surveillés en continu par les infirmières et une pour les consultants arrivés en ambulatoire. Les examens sont effectués dans 6 salles : 4 salles d’écho-Doppler, 1 salle destinée à l’étude de la micro-circulation, 1 salle TCPO2 pour quantifier l’ischémie. A ces installations s’ajoutent 1 salle de soins de plaies et cicatrisation, 1 bureau de consultation qui respecte la confidentialité des échanges, 1 salle de recherche clinique, des bureaux pour les professionnels. Au total, le nouveau plateau représente un investissement de 210 000€.
Des examens adaptés aux artères, veines, capillaires et à la circulation lymphatique
Le principal examen repose sur les ultrasons avec la réalisation d’un écho‐Doppler couleur qui explore les artères et de veines directement, sur le plan anatomique et hémodynamique (la circulation). L’échographie-doppler détecte les rétrécissements des artères (sténose), la dilatation (anévrisme) et l’occlusion (thrombose). La même technique est aussi utilisée pour la thrombose veineuse (phlébite)  et pour l’évaluation des varices (mise en évidence de reflux). La microcirculation est étudiée par la vidéo capillaroscopie. Elle consiste en la visualisation des capillaires au rebord de l’ongle des doigts. C’est un examen utile pour les patients présentant un phénomène de Raynaud (extrémités froides).
En cas d’ischémie d’un membre inférieur (occlusion de nombreuses artères), la viabilité du membre est appréciée et explorée par la pression au gros orteil avec un automate dédié  et aussi par la TCPO2 (mesure de la pression en oxygène de la peau).
En cas d’atteinte lymphatique, la volumétrie est mesurée avec une caméra 3D et permet de quantifier l’oedème et de suivre les patients.
Toutes ces explorations sont non vulnérantes, non sanglantes et atraumatiques. Ils ne requièrent pas de préparation, pas d’injection et sont réalisables en externe notamment. 
Au CHU de Montpellier, le plateau technique est intégré au service de Médecine Vasculaire de l’hôpital St Eloi, siège historique de l’école de Médecine Vasculaire Montpellier‐Nîmes. Dirigé par le Pr Isabelle Quéré, le Pr Michel Dauzat et le Dr Jean‐Pierre Laroche, il  fait référence en France et dans le monde.
Une recherche interdisciplinaire qui prépare la médecine personnalisée de demain
Le plateau d’explorations vasculaires répond non seulement aux besoins d’explorations mais représente aussi une force de recherche et d’innovation en lien avec les différentes disciplines impliquées
Transversale par essence, la médecine vasculaire s’est enrichie de ses collaborations constitutionnelles avec la chirurgie vasculaire (Pr Pierre Alric rejoint par Ludovic Canaud) dont elle partage le CNU – Comité National Universitaire, la radiologie vasculaire (Pr Hélène Vernhet) très à la pointe des traitements endovasculaires et de la prise en charge des malformations vasculaires et lymphatiques ; sans oublier la dermatologie (Pr Bernard Guillot, Derreure et Bessis) dont elle partage les plateaux de thérapeutiques endoveineuses et cutanées d’oririgine vasculaire. 
Cette performance plurielle s’inscrit dans une évolution thérapeutique majeure la « médecine personnalisée » avec l’identification des mutations tissulaires responsables des malformations veineuses et lymphatiques et les premiers essais thérapeutiques ciblés en cours à Montpellier en collaboration avec l’université de Louvain ‐ Pr Laurence Boon et Miikka Vikkula‐ et le Pr Johen Roessler de l’université de Freiburg en Allemagne.
D’autres études portent sur les nouvelles techniques d’évaluation in vivo des altérations tissulaires consécutives aux affections vasculaires. Ces travaux sont conduits parl’équipe de recherche EA 2992, sous la responsabilité du Pr Michel Dauzat, Pr Antonia Pérez‐Martin (directrice de l’EA 2992 ‐ Université de Montpellier – site de Nîmes), du Dr Jean‐Philippe Galanaud, MCU‐PH et du Dr Sandrine Mestre. Les développements sont le fruit de la collaboration avec le LIRMM (Laboratoire d’Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier), le groupe EZUS de l’université de Lyon et les facultés de Tokyo, Kanasawa au Japon et Nottingham au Royaume Uni. Cette synergie d’enseignement, de recherche et de complémentarité des plateaux techniques trouve sa forme la plus accomplie au sein de la fédération universitaire Montpellier‐Nîmes.
Des bas de compression de haute précision
Unique en France dans un service de médecine vasculaire, l’évaluation 3D des volumes de membres, des mains et des pieds, transforme les prescriptions d’orthèses de compression, en un vêtement thérapeutique de haute « précision ». L’unité participe à des études sur les bas de compression. Plus de 100 patients testent ces dispositifs à différents stades de manipulation avec des capteurs de pression.
Très impliquée dans l’enseignement, non seulement dans la formation médicale initiale mais aussi dans la formation professionnelle continue avec la responsabilité de plusieurs Diplômes Universitaires et Diplômes InterUniversitaires, l’équipe accueillera dès 2018 de nombreux médecins, kinésithérapeutes et chirurgiens dans le cadre d’un master international conjoint entre les universités de Montpellier‐ Nottingham‐Tokyo.

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Fumagilline, itinéraire d’une réapparition

L’information a été reprise par plusieurs médias. Pour soigner un jeune patient, les Hospices Civils de Lyon ont recréé un médicament disparu de la circulation : la fumagilline. Si ce dernier fait office de remède miracle, sa fabrication tient davantage de l’abnégation des équipes du CHU qui, à l’heure actuelle, se battent pour en pérenniser la production.

Dossier : L’endométriose

En Janvier 2022, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, maladie gynécologique mieux connue depuis quelques années et qui touche aujourd’hui une femme sur dix. Notre dossier.

Urgences : “La régulation médicale apparaît comme une solution pertinente pour garantir la qualité de la prise en charge”

Responsable d’une “mission flash” d’un mois pour les urgences – déjà contestée par plusieurs organisations qui craignent un énième rapport sans réelle traduction en actes -, François Braun était présent quelques jours auparavant au Salon Santexpo pour parler du Services d’accès aux soins. Le Chef du pôle Urgences santé mentale au CHR de Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France voit dans le SAS, déjà déployé sur vingt-deux sites pilotes en France, qu’il une solution de désengorgement efficace des urgences. Explications.