Manger peu de fruits et de légumes accroît le risque de cancer – CQFD

Pour la première fois dans un pays industrialisé une étude de santé publique - l'étude SUVIMAX - démontre scientifiquement le lien entre la faible consommation de fruits et de légumes et le risque accru de cancers et de maladies cardio-vasculaires.

Pour la première fois dans un pays industrialisé une étude de santé publique – l’étude SUVIMAX – démontre scientifiquement le lien entre la faible consommation de fruits et de légumes et le risque accru de cancers et de maladies cardio-vasculaires.

Démonstration est également faite de la relation entre un taux bas de carotène dans le sang et un risque accru de cancer chez les hommes. Cette relation est confirmée par le fait que la supplémentation en antioxydant diminue de 31% le risque de cancers et de 37% la mortalité chez les hommes de la cohorte.
Chez les femmes, de tels constats n’ont pu être vérifiés car leur nutrition est, dans l’ensemble, plus équilibrée. Quant au risque de maladies cardiovasculaires il semble beaucoup plus lié à un apport insuffisant en certains acides et en acide folique.

Selon le Pr Favier du département de biologie intégrée du CHU de Grenoble, l’apport des antioxydants vitaminiques et minéraux permettrait d’éviter 12 000 (9 %) à 50 000 (37%) nouveaux cas de cancer sur les 135 000 observés chaque année. Des données précieuses en terme de santé publique.

Pour arriver à ces conclusions il a fallu 8 ans d’études, la mobilisation d’une cohorte de 13 000 volontaires (7 886 femmes âgées de 45 à 60 ans et 5 131 hommes de 45 à 60 ans) qui ont absorbé chaque jour soit une gélule de supplément (vitamine C, vitamine E, béta carotène, zinc, sélénium) soit une gélule placebo et la coopération d’experts de différentes disciplines : Le Professeur Serge Hercberg de l’INSERM-CNAM à Paris et au CHU de Grenoble : le Pr Favier qui travaille sur les mécanismes des maladies dues aux radicaux libres, le Dr Josiane Arnaud pour l’étude des oligoéléments minéraux, le Dr Marie-Jeanne Richard pour l’étude des enzymes antioxydants, le Pr Anne-Marie Roussel pour la mise en place du protocole, de nombreux biologistes. L’équipe de Grenoble a assuré la coordination des volontaires du Sud-Est de la France et la réalisation des bilans biologiques de l’ensemble des volontaires.
Le CHU de Grenoble a fourni les locaux. Les aides financières de la ville de Grenoble et des industriels ont permis de rénover les salles du laboratoire SUVIMAX.

La fin de l’étude a donné lieu à un événement « à la hauteur des efforts et de la ténacité des chercheurs mais surtout du dévouement et de la persévérance des 13 000 volontaires ». Le 21 juin 2003, volontaires, chercheurs, sponsors étaient réunis au Stade Roland Garros en présence du Ministre de la Recherche Madame Claudie Haigneré et avec les encouragements télévisuels du Président de la République.

A suivre…
Aujourd’hui l’équipe de Grenoble poursuit le traitement des données, il reste encore de nombreuses analyses à effectuer. Elle se prépare également pour le démarrage du nouveau protocole : l’étude SULFOLOM. Il s’agira de rechercher le bénéfice pour les malades atteints de troubles coronaires sévères d’un apport supplémentaire en vitamines du groupe B et en acides gras insaturés de la famille omega3.

D’après un texte du Pr Alain Favier
Département de biologie intégrée
CHU de Grenoble

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