Mars 2012 : L’hôpital et ses valeurs plébiscités par les français

Un mois de mars qui apporte deux bonnes nouvelles : la confirmation de l’attachement des français à l’hôpital public et pour la deuxième année consécutive, la tenue de l'Objectif national des dépenses d'assurance maladie (ONDAM) due notamment à l’absence de dépassement des dépenses hospitalières. Mais l’actualité hospitalière est aussi marquée par le Palmarès du Figro Magazine, le livre noir des médecins stars et la mise en cause des méthodes psychanalytiques dans le traitement de l’autisme.

Un mois de mars qui apporte deux bonnes nouvelles : la confirmation de l’attachement des français à l’hôpital public et pour la deuxième année consécutive,  la tenue de l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM) due notamment à l’absence de dépassement des dépenses hospitalières. Mais l’actualité hospitalière est aussi marquée par le Palmarès du Figro Magazine, le livre noir des médecins stars et la mise en cause des méthodes psychanalytiques dans le traitement de l’autisme.
L’hôpital public cher au cœur des français
Les Français satisfaits des hôpitaux publics mais inquiets pour leur avenir : A deux mois d’hôpital expo, la Fédération Hospitalière de France (FHF) fait paraître son sondage biennal de mesure de la satisfaction des français à l’égard des hôpitaux publics. Réponse : un quasi plébiscite. Avec 85% d’opinions positives, les hospitaliers peuvent se réjouir de la progression du satisfecit national : +3 % par rapport à 2010. Quant à la bonne opinion générale, elle atteint les 86% !
En tête, les services de chirurgie, la qualité des soins et l’accueil des patients qui obtiennent respectivement les scores de 91%, 90% et 81% de satisfaction. Par contre l’enthousiasme retombe quand il est question de la disponibilité du personnel médical et soignant qui ne satisfait que 68% des sondés, des délais d’accès aux soins qui ne conviennent qu’ à 55% du panel et de la prise en charge des personnes âgées qui recueille moins de 60% d’opinions favorables. Et plus de la moitié des sondés exprime des inquiétudes quant à l’avenir de ces établissements.
A noter que les répondants qui  habitent dans des agglomérations de moins de 2.000 habitants se déclarent plus satisfaits que ceux de la région parisienne.
Les résultats ont été largement repris dans les médias nationaux (TF1, France soir, JDD…)
*Sondage TNS Sofres pour la Fédération Hospitalière de France (FHF) paru le 13 mars 3012
La publication des chiffres de l’assurance-maladie (Ondam) fait apparaître des dépenses hospitalières 2011 conformes aux prévisions ; objectif tenu grâce  aux plans de retour à l’équilibre déployés par les établissements déficitaires, à la baisse des effectifs  et au gel de 189 millions de crédits dévolus aux «missions d’intérêt général». L’ensemble de ces dépenses votées par le Parlement est inférieur à 167,1 milliard d’euros – un chiffre  qui correspondait à une hausse de 2,9% par rapport à 2010 –  il fait même état d’un reliquat de 330 millions d’euros largement imputable à la médecine de ville et à la maîtrise des dépenses hospitalières après mise en réserve de crédits MIGAC.
Dans le Figaro du 22 mars, Olivier Auguste explique que « l’équilibre financier programmé pour fin 2012 semble désormais hors de portée » mais il reconnaît cependant que « le rythme d’amélioration des comptes est néanmoins bien plus rapide les années précédentes ». Globalement en 2011, le déficit des CHU est inférieur à 300 millions. Il note également que l’AP-HP a elle aussi réduit son déficit de 115 millions à 90 millions entre 2010 et 2011 et vise une nouvelle amélioration des comptes.
Etienne Lefebvre dans les Echos du 23 mars pondère tout enthousiasme qui pourrait découler de cette annonce, rappelant qu’en 2012, la hausse des dépenses ne doit pas dépasser 2,5 % et que les 330 millions de sous-consommation de 2011 faciliteront peut-être le respect de cet objectif ce qui n’empêchera pas « le déficit de l’assurance-maladie de rester néanmoins considérable, proche de 10 milliards d’euros ».
Interrogé par les agences de presse sur la situation budgétaire des CHU, Alain Hériaud, Président de la Conférence des Directeurs Généraux de CHU a tenu à préciser qu’ « en  2011, pour la seconde année consécutive, les 32 CHU/CHR améliorent nettement leur situation financière.  Parmi les indicateurs encourageants, il a retenu  leur capacité d’autofinancement qui progresse de 17% et dépasse 1,5 milliard d’€ ainsi que leur résultat comptable de 2011 qui s’améliore de 5% soit 16 millions d’€ par rapport à 2010 et de 24% soit 100 millions € en deux ans par rapport à 2009.  « Conjuguant augmentation d’activité, maîtrise des effectifs, gains de productivité et encadrement des dépenses et des investissements, les CHU sont ainsi passés globalement d’un déficit de 425 millions en 2009 à 339 millions en 2010 et 323 millions en 2011 (ce qui correspond à  1,3% des recettes du budget principal qui dépasse 25 milliards d’euros en 2011).
Hors les deux CHU des Antilles dont la situation est spécifique en 2011, l’amélioration des 30 autres CHU/CHR est encore plus marquée : 12 CHU ont un budget principal équilibré ou excédentaire,  un chiffre qui monte à 15 si l’on tient compte des budgets annexes au soin (médico-social).
Quant au résultat global, il s’améliore pour la troisième année consécutive à – 219 millions €, soit pour la première fois moins de 1 point de déficit en moyenne (-0,9%). Un redressement très net si on compare ce chiffre à celui de 2008 où la perte était de près du double avec – 401 millions €.
Pour l’ensemble des CHU/CHR, la progression de la dette ralentit fortement et se limite à 7 % en 2011, soit une dette de 10 milliards correspondant à 6,5 années d’autofinancement ;  une durée apparente de la dette* en forte diminution puisqu’elle était de 7,2 ans en 2010»
*La durée apparente de la dette correspond au ratio : montant de la dette / la capacité d’autofinancement.
Le palmarès du Figaro
Le 17 mars, le Figaro Magazine publiait son palmarès 2012 portant sur 1241 établissements : 525 hôpitaux publics, 141 privés non lucratifs, 555 privés commerciaux et 20 centres de lutte contre le cancer. Résultats : peu d’évolution par rapport à l’année dernière mais quelques tendances qui interpellent. Le classement national d’abord qui prend en compte l’organisation et la gestion générale des soins, place cette année le centre hospitalier départemental de la Roche sur Yon en tête des établissements de plus de 600 lits devant 23 CHU sur les 40 inscrits au tableau d’honneur. L’établissement vendéen explique ce très bon score par son rapport de certification sans recommandations, ni réserves.
En  effet, la méthodologie retenue s’appuie notamment sur les rapports de certification excluant les certifications avec réserve. Certains CHU étant dans ce cas, ils se voient automatiquement exclus du palmarès alors que leurs services sont reconnus en tant que pôles d’excellence régionaux voire nationaux et même internationaux. Une situation mal vécue par les équipes et probablement mal comprise du public qui ne retrouve pas dans ce palmarès  les unités les plus attractives, habituellement distinguées pour leurs soins de très haute qualité.
Autre enseignement issu du classement des pôles d’excellence pour 32 prises en charge, publié région par région : la présence en force du secteur privé qui devance souvent les hôpitaux dans la catégorie 300 à 600 lits. Martine Betti –Cusso analyse cette situation arguant que le secteur public « peine à se réorganiser »
Méthodologie : Plusieurs conditions doivent être remplies par les établissements pour figurer au tableau d’honneur :
– avoir obtenu Certification V2 et V2010 de l’HAS sans réserves ni recommandations, ou avec recommandations ou encore avec recommandations et rapport de suivi ; les établissements certifiés avec réserve ne sont pas pris en compte – www.has-sante.fr
– Etre doté d’un score agrégé A ou B en matière de lutte contre les infections nosocomiales – Au-delà les établissements ne sont pas retenus. www.icalin.sante.gouv.fr
– Le volume d’activité repris sur la base www.atih.sante.fr
– En cancérologie ne sont pris en compte que les établissements ayant reçu une autorisation délivrée par l’ARS sur la base des recommandations de l’institut national du cancer et en rajoutant un critère la traçabilité de la douleur dont la valeur doit être supérieure à la moyenne nationale
Les revenus des médecins décidément dans le colimateur des journalistes. Après les dépassements d’honoraires dénoncés par 60 millions de  consommateurs, le livre noir  d’Odile Plichon paru chez Stock met lui aussi en cause les abus des médecins stars du public dont les tarifs s’éloignent du tact et de la mesure, qui cumulent  carrières hospitalo-universitaires et politiques et se retrouvent à la tête d’association richissme et contestée comme l’expliquent, exemples à l’appui, l’AFP et Express 27 mars, Marianne et Le Monde du 28. "Au-delà des faits et gestes de ces vedettes de la médecine, Odile Plichon s’emploie à démonter un système hospitalier qui donne essentiellement des droits, et bien peu de devoirs, à ceux qui ont réussi à se hisser au plus haut niveau." commente Estelle Saget dans l’Express 
Dans Libération du 29 mars, Eric Favereau conclut en ces termes « mis bout à bout, tous ces arrangements donnent la nausée. En écho, on ne peut qu’être surpris de voir combien la communauté médicale hospitalière laisse faire, alors que cela ne concerne que quelques médecins ».
Désaveu des méthodes psychanalytiques dans le traitement de l’autisme
Dans leur recommandation de bonne pratique dans l’autisme, la Haute autorité de santé (HAS) et l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ANESM) ont rangé "les approches psychanalytiques" et "la psychothérapie institutionnelle" dans la catégorie des "interventions globales non consensuelles". Les deux instances ont également condamné le packing, traitement qui soulève la méfiance des familles et qui consiste à envelopper l’enfant très agité dans des draps humides et froids que l’on réchauffe rapidement.
L’information a été reprise par les quotidiens et les magazines notamment l’Express du 8 mars où Estelle Saget s’interroge sur les suites données à cette recommandation qui n’éteint pas les controverses « Verra-t-on s’intensifier la guerre entre les associations de parents et les professionnels qui utilisent la psychanalyse ? ». Dans la Croix du 9 mars, Marine Lamoureux et Pierre Bienvault ont rappelé les tensions qui existent entre les familles « culpabilisées »  et les « psy ». Les journalistes ont cité le professeur Jean-Luc Harousseau, président de l’HAS qui juge anormal «qu’au bout de trente ans on ne trouve pas un seul article dans la littérature concluant à l’efficacité des interventions psychanalytiques. »
Marie-Georges Fayn


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