Neurostimulation sacrée contre l’incontinence anale : pose du centième « pacemaker »

Depuis 2003, 100 dispositifs de neurostimulation sacrée ont été implantés à l'institut des maladies de l'appareil digestif. Une nouvelle solution contre l'incontinence anale.

Depuis 2003, 100 dispositifs de neurostimulation sacrée ont été implantés à l’institut des maladies de l’appareil digestif. Une nouvelle solution contre l’incontinence anale.
Pathologie méconnue car souvent taboue, l’incontinence anale affecte pourtant 2 % à 10 % de la population adulte en France. Si des traitements existent, ils restent malgré tout limités face à l’ampleur de ce problème de santé publique. C’est pourquoi des solutions nouvelles sont à l’étude notamment dans le domaine de la chirurgie dite mini-invasive.

Depuis 2003 ce sont ainsi 100 dispositifs de neurostimulation sacrée qui ont été implantés chez les patients du Pr Paul-Antoine Lehur et du Dr Guillaume Meurette à l’institut des maladies de l’appareil digestif du CHU de Nantes. À l’origine mise en place pour l’incontinence urinaire, cette technique apparue en 1995 n’est encore que très peu pratiquée dans le cadre de l’incontinence anale. Elle consiste en la stimulation des nerfs situés au niveau du sacrum pour agir sur toute la zone du petit bassin (anus, rectum et sphincter) diminuant ainsi immédiatement l’incontinence.

L’intervention réalisée sous anesthésie locale se déroule en deux phases

Dans un premier temps, une électrode est implantée par voie percutanée et reliée à un boîtier temporaire afin de tester l’efficacité du dispositif. Dans le cas d’une réduction significative des épisodes de fuite d’au moins 50 %, l’électrode sera ensuite reliée à un «pacemaker» définitif implanté dans une loge sous-cutanée au-dessus de la fesse.

Encore à l’étude, cette technique aux résultats encourageants pourrait à l’avenir être proposée plus largement aux patients dont les traitements de première intention ne se sont pas avérés concluants.

Bien que prometteuse, cette nouvelle technique ne fonctionne pas dans 10% à 20% des cas, lorsque la pathologie ne provient pas du système nerveux ou que celui-ci est trop altéré par la maladie.

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