Nominoë : le fonds qui ancre le CHU de Rennes dans sa terre bretonne

Lancé en 2014, le fonds Nominoë du CHU de Rennes a déjà récolté 2 millions d'euros. Un beau succès mais là n'est pas le moindre de ses mérites. Nominoë contribue aussi à l’ancrage du CHU en terre bretonne, auprès des entreprises et des particuliers. Par son rayonnement, sa communication, sa démarche participative et son approche directe des décideurs, le fonds participe à la diffusion de l’image « entrepreneuriale » du CHU.
Lancé en 2014, le fonds Nominoë du CHU de Rennes a déjà récolté 2 millions d’euros. Un beau succès mais là n’est pas le moindre de ses mérites. Nominoë contribue aussi à l’ancrage du CHU en terre bretonne, auprès des entreprises et des particuliers. Par son rayonnement, sa communication, sa démarche participative et son approche directe des décideurs, le fonds participe à la diffusion de l’image « entrepreneuriale » du CHU. Quant aux mécènes, leur engagement prouve la capacité de leur groupe à dépasser les profits à court terme pour investir dans de grands projets altruistes et citoyens. Pour eux, la responsabilité sociétale de leur entreprise s’exprime aussi au travers des dons affectés au CHU. Les explications de Marie Louis, déléguée générale du fonds Nominoë.

Dès sa création, les missions étaient clairement définies. Le CHU souhaitait inscrire le fonds dans les dynamiques régionales et nouer des liens durables avec les acteurs de l’économie locale. Les rencontres avec les capitaines d’industrie, les réseaux et les personnalités engagées pour leur territoire ont été autant d’occasions de promouvoir les performances de l’établissement : 500 000 patients par an, 4 000 naissances, 8 300 salariés, 1 000 médecins, 1 900 étudiants, 38% du personnel médical est hospitalo-universitaire, budget de 650M€ et une proximité avec les Rennais et les Bretons. 

Le CHU s’affirme ainsi comme une très grande entreprise de service public qui a toute sa place parmi les plus importantes sociétés de Bretagne. Les rendez-vous de collecte de Nominoë " B to B" offrent à Marie LOUIS l’occasion de rappeler son poids économique et sa dimension recherche et développement souvent méconnue. Ainsi, le CHU a développé des relations avec le Medef 35, la CCI le consortium « Produit en Bretagne », la chambre départementale des Notaires…
Une fois les premiers contacts noués, les relations se poursuivent via des prises de parole lors d’AG, des courriers et les e-mailings. L’information diffusée rappelle les contributions du CHU à la santé de la population et surtout ses projets phares. Cette démarche a convaincu 100 entreprises et 300 particuliers, soit 400 donateurs au total !
Les mécènes ont été sensibles à l’impact local et très tangible de leurs dotations. Les premières réalisations ont été montrées un an plus tard et cette dimension concrète, visible de l’utilisation des fonds a plaidé en faveur de la pérennité de la démarche. Les premiers projets ont touché les fibres humanitaires et scientifiques : la rénovation des 4 maisons des parents baptisées Maisons Nominoë achevées en octobre 2015. L’autre projet, la construction d’une biobanque, une infrastructure au service de la médecine personnalisée sera finalisée avant la fin 2016. Une piste de progrès pour les soins qui parle à tous. 
Parmi les projets à venir, l’acquisition d’un TEP-IRM avec la perspective d’accroitre la radiologie interventionnelle, la télémédecine pour suivre les nouveaux nés HUGOPEREN. Nominoë propose aussi aux généreux donateurs de financer une plateforme « Alimentation et santé ».
Marie Louis explique : « Chacun sait combien alimentation et santé sont tributaires l’une de l’autre. Et les professionnels de santé se présentent comme les partenaires privilégiés de l’entreprise alimentaire qui fait la richesse de la Bretagne. Décision est déjà prise de travailler ensemble, industriels bretons et CHU de Rennes, pour améliorer la qualité des repas servis aux patients et définir, conjointement, des axes de recherche et d’innovation en matière d’alimentation des Bretons. Cette union pour le meilleur est vivement soutenue par les mécènes du Fonds Nominoë ».  
En rassemblant les forces productives autour de thèmes identitaires propres à la région le CHU renforce sa marque et son inscription sur le territoire.
Un geste prolongé par une relation privilégiée
Pour remercier ses mécènes, le CHU les convie à des rencontres avec des chercheurs, professeurs et praticiens du CHU. Une communication spécifique est effectuée pour signaler les dons et les engagements marquants des entreprises et de leurs salariés. Les bienfaiteurs sont les « special guess » des grands événements (débat, carrefour Hôpital/Entreprise,…). Enfin, leur non ou celui de leur entreprise figure sur les supports de communication du Fonds Nominoë et sera inscrit sur un mur des Donateurs et.
Nominoe propose une exposition de photos des patients soignés au CHU. Itinérante, elle est présentée sur les murs des entreprises-mécènes pour associer les salariés.
La loi de modernisation de l’économie
Le fonds de dotation est un outil innovant de financement du mécénat, créé par l’article 140  de la loi n° 2008-776 du 4 aout 2008 de modernisation de l’économie, qui combine les atouts de l’association loi de 1901 et de la fondation, sans leurs inconvénients. Avec Nominoë, les contribuables transforment leurs impôts en un levier utile à la santé des Bretons. Les réductions d’impôts consenties sont de 60% sur l’impôt sur les sociétés, 66% sur l’impôt sur le revenu et 75% sur l’ISF. « Pour réduire l’ISF à 0, le calcul est simple, il faut diviser le montant de l’impôt par 0,75 ce qui donne le montant du don » précise Marie Louis.

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

A Lyon, l’IA prédit désormais des résultats d’essais cliniques

Le 11 septembre dernier, le groupe pharmaceutique AstraZeneca a publié les résultats d’un essai clinique sur un traitement pour soigner le cancer du poumon. Jusqu’ici, tout paraît à peu près normal. Ce qui l’est moins : trois jours avant cette publication, une intelligence artificielle a permis de prédire avec justesse les résultats de ce même essai. Une grande première au niveau mondial.

Dossier : l’Accident Vasculaire Cérébral (AVC)

L’Accident Vasculaire Cérébral touche 150 000 personnes par an. Responsable de 110 000 hospitalisations selon le ministère de la santé, cet arrêt soudain de la circulation sanguin à l’intérieur du cerveau représente la troisième cause de décès chez l’homme et deuxième chez la femme, soit au total 30 000 décès par an. En France, plus de 500 000 Français vivent avec des séquelles suite à un AVC.

AVC : la promesse d’une prise en charge en moins de dix minutes

Les conséquences d’un Accident Cardiovasculaire (AVC) peuvent être lourdes, voire fatales. Première cause de dépendance et troisième cause de mortalité en France, cette pathologie due à une mauvaise irrigation du cerveau fait de plus en plus de victimes. Face à cette réalité alarmante, le CHU de Montpellier a annoncé fin août la mise en place d’un nouveau plateau technique offrant aux patients un parcours de soins optimisé. Et de promettre désormais une “prise en charge en neuf minutes”.

Coup d’oeil sur le métier d’infirmière formatrice

Isabelle Teurlay-Nicot est infirmière formatrice auprès des aides-soignants à l’IMS (Institut des Métiers de la Santé) du CHU de Bordeaux. Un métier qui ne se limite pas seulement à la notion d’apprentissage. En juillet dernier, elle a accepté de revenir sur cette profession ou se mêlent expertise médicale et pédagogie.

Hépatite C : à Strasbourg, Frédéric Chaffraix dirige le service qui l’a soigné

C’est tout près de l’hôpital Civil (Hôpitaux Universitaires de Strasbourg) que nous avons croisé la route de Frédéric Chaffraix, Responsable du Service Expert de Lutte contre les Hépatites Virales en Alsace (SELHVA). Ce service, l’homme de 42 ans le connaît bien. Car avant d’en prendre la tête – lui qui n’est pas médecin -, Frédéric l’a côtoyé en tant que patient, après avoir vécu vingt-trois ans, et sans le savoir, avec le virus de l’hépatite C. Rencontre.