Nouvel hôpital universitaire de rééducation, de réadaptation et d’addictologie

Au Grau du Roi, sur la route de Carnon, un touriste pourrait être tenté de s’arrêter dans cet établissement de front de mer, tout juste sorti du sable, séduit par son air de club de vacances et ses brise soleil assortis aux façades en feuilles de bois naturel renforcées à la résine qui renvoient un jeu d’ombres et de lumières dans le grand hall.

Au Grau du Roi, sur la route de Carnon, un touriste pourrait être tenté de s’arrêter dans cet établissement de front de mer, tout juste sorti du sable, séduit par son air de club de vacances et ses brise soleil assortis aux façades en feuilles de bois naturel renforcées à la résine qui renvoient un jeu d’ombres et de lumières dans le grand hall.
Se présentant à la réception, ce touriste sera surpris d’apprendre que les 172 chambres pour 200 lits et places avec vue sur mer n’accueillent pas des vacanciers mais des patients cérébro-lésés, atteints de maladies neurodégénératives telle que la sclérose en plaques, des personnes porteuses de prothèse et nécessitant des rééducations hautement spécialisées, ou souffrant de maladies de la nutrition ou d’addictions. Mais l’estivant éconduit aura eu le temps d’enregistrer la beauté du site, la modernité des installations (un investissement de 39 millions d’euros) et il quittera l’hôpital universitaire de rééducation, de réadaptation et d’addictologie du CHU de Nîmes en sachant désormais où s’adresser si un jour, malade ou victime d’accident, il devait relever de l’un de ces traitements.

Un établissement de référence
Le centre regroupe sur un même site des équipes spécialisées de rééducation et de réadaptation, de diabétologie et d’addictologie et un plateau technique d’exception . Il se définit comme un établissement de référence dans la coordination régionale et coopère avec le CHU de Montpellier à travers les Fédérations interhospitalières en Médecine Physique et Réadaptation et Addictologie.

Un équipement high tech de dernière génération
A la disposition des patients, une balnéothérapie avec un bassin de 120 m² et 5 plateaux techniques dotés des tout derniers appareils et des services très innovants comme le logement thérapeutique
L’espace de balnéothérapie regroupe l’ensemble des techniques de rééducation actives ou passives réalisées sur des patients en immersion. La balnéothérapie comprend un large bassin, ainsi que des manuluves et pédiluves. Spacieux et parfaitement éclairé avec vue sur la mer, il est accessible par un système d’élévation pour une marche adaptée.
Le plateau technique de rééducation locomotrice et ses appareils isocinétiques (contraction musculaire volontaire dynamique dont la particularité est de se dérouler à vitesse constante) pour rééduquer les articulations, renforcer la capacité musculaire, tout en mesurant le travail réellement effectué par le patient.
Le plateau technique de rééducation neurologique orienté sur la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux, une fois passée la phase aiguë. Il concentre, en un même lieu, la rééducation robotisée de la marche et de la préhension ; les stimulations magnétiques transcrâniennes répétitives (rTMS) qui permettent de moduler l’activité cérébrale et « l’exciter ».
Un plateau technique de rééducation posturale pour reconstruire les capacités posturales des patients. En effet, il n’y a pas de marche, de station debout possible sans un équilibre stable. Les techniques utilisées (biofeedback postural, visiospace) sont les seules à faciliter cette reconstruction.
Le plateau technique de rééducation d’activités physiques adaptées accueille non seulement les patients de rééducation mais aussi les patients hospitalisés dans les services de nutrition (obésité, diabète) et d’addictologie. Il offre des installations à l’intérieur (gymnase, cycloergomètre, vélos fixes) comme à l’extérieur (parcours de marche, tir à l’arc etc.) pour des programmes personnalisés comme pour des activités en groupe. Le but est d’augmenter la performance mais aussi de favoriser une meilleure hygiène de vie.
Le plateau technique de réadaptation et de réinsertion prépare le patient à son retour à domicile et en société. Il comprend des dispositifs classiques comme l’appartement thérapeutique dont les éléments modulables peuvent être adaptés au handicap du patient. Il s’agit à la fois d’évaluer les capacités, l’autonomie et les situations potentielles de handicap, d’accompagner le processus d’autonomie et de préparer l’organisation du retour au domicile.
Des aménagements extérieurs reproduisant des obstacles du quotidien ainsi qu’un simulateur de conduite -qui permet d’évaluer l’aptitude à la conduite de la personne en situation de handicap et d’apporter les améliorations nécessaires. Pour autant, il ne se substitue pas à la commission départementale du permis de conduire.
Une structure de prise en charge spécialisée des lésions du pied chez les patients diabétiques, structure d’excellence reconnue à l’échelle nationale et internationale
Un plateau technique de rééducation cognitive pour les malades atteints d’addiction afin de favoriser la réadaptation et l’abstinence

Professionnalisme et coopération interdisciplinaire autour du patient.
Les 303 professionnels employés dont 38 praticiens et internes se répartissent en médecins spécialisés en médecine physique et de réadaptation, nutritionnistes et diabétologues, addictologues, masseurs-kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychomotriciens, orthophonistes, diététiciennes, psychologues cliniciennes, aides médico-psychologiques, pharmaciens, assistantes sociales, cadres, infirmiers, secrétaires médicales, aides soignantes, éducateurs en activité physique adaptée. Tous ont le souci de développer des prises en charge globales.

Enfin, universitaire est synonyme d’excellence et de recherche. Laboratoire de recherche sur la motricité et l’interface cognition-action, le centre de Grau du Roi s’affirmera aussi comme un haut lieu de réflexion et d’étude en addictologie, maladies de la nutrition et diabétologie.
L’hôpital accueille une partie de l’équipe Movement to health (M2H) de l’université Montpellier 1 qui relève du laboratoire d’excellence Numev (un des 100 laboratoires d’excellence français désignés en 2010). Elle est la composante clinique du département de recherche Euromove en cours d’implantation à Montpellier sur le campus de Veyrassi au sein de l’UFR Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS). Ce département, associe recherche fondamentale et appliquée ainsi qu’une pépinière d’entreprises travaillant autour du mouvement humain normal et pathologique. Les programmes de cette équipe sont orientés vers la récupération motrice de la personne cérébro-lésée.
Plusieurs projets en développement
– Projet de recherche autour de la récupération de la préhension par technique de coordination bimanuelle (Programme hospitalier de recherche clinique).
– Projet MOJOS (jeu thérapeutique) : il s’agit de développer un moteur de jeu, spécialement conçu pour les applications thérapeutiques. Ce jeu aura pour but d’accompagner la rééducation de patients ayant subi un AVC. L’hémiplégie pourrait également profiter des effets bénéfiques des jeux vidéo sur la plasticité cérébrale. Ce projet compte faire reconnaître le jeu vidéo comme élément d’un processus de soin. Mojos a obtenu le financement d’un programme hospitalier de recherche clinique (PHRC), qui sera organisé dans les CHU de Nîmes et Montpellier. La procédure sera double : en parallèles des essais cliniques classiques, l’imagerie cérébrale sera utilisée pour mesurer l’évolution cognitive des patients. Les premiers résultats arriveront courant 2012.
–    Pied diabétique : l’équipe des Maladies de la Nutrition et Diabète développe plusieurs projets autour de la prévention et le traitement du pied diabétique (Programme Hospitalier de Recherche Clinique régional) en collaboration avec d’autres services du CHU notamment le Service des Maladies Infectieuses et tropicales et le laboratoire de bactériologie réunis au sein du groupe multidisciplinaire «GP30». Le pied du patient diabétique est exposé à des complications trophiques (ulcérations) et infectieuses (surinfection) qui compromettent l’autonomie de marche. L’équipe travaille sur les mécanismes physiopathologiques et en particulier la colonisation bactérienne, les conditions de la surinfection.
– Tabacologie et alcoologie : l’équipe d’addictologie travaille sur l’évaluation de la faisabilité et de l’efficacité d’une prise en charge systématique tabacologique et alcoologique chez des patients traités pour un cancer primitif des voies aéro-digestives supérieures et sur l’évaluation d’un protocole de prise en charge par substitution nicotinique dès l’admission des patients hospitalisés fumeurs.

Chiffres clés
Superficie : 14 000 m² (SHON Surface Hors œuvre Nette) pour une emprise au sol de 9 000 m2
Nombre de chambres : 172
Nombre de lits et places : 200 soit 40 lits de plus que dans l’ancien site et 80% des lits en chambre individuelle
Effectifs équivalent temps plein : 241 paramédicaux et 27,33 médecins et internes
Maître d’oeuvre : Agence Barbosa Vivier
Coût travaux de l’opération : 22 000 000 euros HT
Coût toutes dépenses confondues : 39 000 000 euros TTC
Financement :
CHU de Nîmes 54 % (dont 12 millions en autofinancement)
l’Etat, 43%
l’Agence régionale de santé, 1,6%
l’ADEME,  0,23%
la Ville du Grau-du-Roi  1,5%
le Conseil régional  0,41%
le Conseil général  0,08%

Un bâtiment basse consommation : l’isolation par l’extérieur, la protection solaire sur les façades exposées, les planchers chauffants pour les ailes d’hébergement, permettent de réduire la consommation de fluides et d’énergie, et génèrent des économies sur les coûts d’exploitation.
Une installation solaire thermique de 180 m² de capteurs en toiture permet de couvrir 45% des besoins du bâtiment en eau chaude sanitaire, par des apports solaires gratuits et renouvelables. L’éclairage naturel a été privilégié. L’éclairage artificiel est géré avec des détecteurs de présence, des minuteries, des détecteurs d’éclairage naturel, des horloges programmables. Des équipements qui font baisser la note d’électricité de même que l’utilisation de diodes électroluminescentes (LEDs).

Le dossier de presse de l’inauguration qui s’est tenue le 10 mars 2012

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