Novembre 2013 : sages-femmes dans la rue, changement de direction à l’AP-HP, plainte contre le Gardasil…

Pour les millions de fans de foot, novembre 2013 restera le mois de la qualification de la France pour le Mondial Brésil 2014 après un match barrage épique contre l'Ukraine et un incroyable score « Et 1, et 2, et 3 Rio » qui a fait entrer les Bleus dans les annales. Plus âpre est l'information santé marquée par la colère des sages-femmes, la révocation de Mireille Faugère à la tête de l'AP-HP et son remplacement par Martin Hirsch, la mise en cause du vaccin Gardasil et… le palmarès du Nouvel Obs.

Pour les millions de fans de foot, novembre 2013 restera le mois de la qualification de la France pour le Mondial Brésil 2014 après un match barrage épique contre l’Ukraine et un incroyable score « Et 1, et  2, et 3 Rio » qui a fait entrer les Bleus dans les annales. Plus âpre est l’information santé marquée par la colère des sages-femmes, la révocation de Mireille Faugère à la tête de l’AP-HP et son remplacement par Martin Hirsch, la mise en cause du vaccin Gardasil et… le palmarès du Nouvel Obs.

En grève illimitée depuis le 16 octobre, les sages femmes revendiquent un statut médical de praticien de premier recours ou de praticien hospitalier et avec, une revalorisation salariale.  Une évolution qui éviterait aux futures mères  de passer par un gynécologue pour être prises en charge par une sage-femme. Les six organisations syndicales qui les représentent demandent aussi à être associées à l’élaboration du volet périnatalité de la loi de santé publique que Marisol Touraine prépare pour 2014
Le 5 novembre, les chefs de service de l’AP-HP apportaient leur soutien « sans réserve » au mouvement qualifié de « parfaitement légitime » de même que «  la revalorisation salariale de leur activité » ont-ils écrit dans un communiqué repris par l’AFP et le Monde. Dans les Echos du 7 novembre, jour de la manifestation parisienne, Vincent Collen constate que l’accès au statut de praticien hospitalier ne fait pas consensus et rappelle que «Les sages-femmes n’ont pas bénéficié de la revalorisation des grilles salariales comme les infirmières. De niveau bac + 5, elles sont désormais moins bien payées que les infirmiers anesthésistes à l’hôpital public. »
Le 13 novembre, collectif de syndicats refusait l’augmentation de 100 euros mensuels proposé par le ministère, estimant l’offre ridicule. Le 19 nov, les sages-femmes décidaient de reconduire leur mouvement malgré la mise en place de groupes de travail par la ministre de la Santé, Marisol Touraine autour des thèmes : «reconnaissance statutaire des sages-femmes hospitalières», «la place des sages-femmes dans la stratégie nationale de santé», «évaluation des décrets périnatalité», « formation des sages-femmes et recherche». Les premières recommandations seront remises «avant la fin de l’année 2013», précisent l’AFP. En soutien régional au mouvement, des  rassemblements se sont tenus dans les grandes villes. A noter  à Strasbourg, l’incursion de 200 manifestants dans les locaux de l’ARS, brandissant des banderoles faisant référence à la chanson de Stromae «Métier formidable, statut fort minable».  
Plus de 20 000 sages-femmes exercent en ville ou à l’hôpital, où leur salaire débute à 1 400 euros par mois précise l’AFP.

La nomination de Martin Hirsch à la tête de l’AP-HP a déclenché une tempête d’articles dans les journaux nationaux.  Pour les chroniqueurs, la restructuration controversée de l’Hôtel Dieu a eu raison de Mireille Faugère. Son éviction, était réclamée par les opposants à la restructuration de l’Hôtel-Dieu et  une partie des syndicats dont la CGT.  « le passage de Mme Faugère à l’AP-HP restera surtout marqué par la mise en œuvre du projet de transformation de l’Hôtel-Dieu, hôpital historique situé au cœur de Paris, dont la rénovation était jugée trop coûteuse » écrit l’AFP dans sa dépêche du 6 novembre . En cause notamment la fermeture des urgences – effective au 4 novembre 2013. Ce service qui accueillaient plus de 40.000 patients par an, sera remplacé par un centre de consultation ouvert 24H/24, 7j/7. Une décision inacceptable selon une partie de l’équipe, vent debout depuis plus d’un an contre cette décision. En septembre, l’occupation du site par une trentaine de personnes avait marqué un tournant dans la cristallisation des tensions.
A 5 mois des municipales, l’affaire  est devenue un enjeu politique, la ministre de la Santé, Marisol Touraine avait demandé de décaler le calendrier. A la ville de Paris, " Mireille Faugère n’était plus la personne appropriée pour gérer ce dossier". Pour la communauté médicale, « favorable à la fermeture des urgences pour des raisons sanitaires »,Mireille Faugère a servi de « bouc émissaire ». Cité par le Quotidien du Médecin du 6 novembre, le Pr Loic Capron, Président de la CME de l’AP-HP estimait que « Sanctionner Mireille Faugère à ce moment précis, ce n’est ni juste, ni habile. C’est donner un gage aux défenseurs de l’Hôtel-Dieu alors que le dossier avançait. »
Quant à Frédéric Valletoux , président de la Fédération hospitalière de France (FHF), il avait qualifié de « regrettable » la méthode employée pour évincer Mireille Faugère «  et le calendrier inopportun». rapportait l’AFP
Le 28 novembre, Mireille Faugère accordait un entretien au Parisien où elle explique avoir appris cette décision "environ 10 jours avant qu’elle ne passe au conseil des ministres du 13 novembre » et qu’elle ne s’y attendait absolument pas", dit-elle. Et le journaliste de citer "C’est douloureux. Mon éviction est politique, c’est tout". "La mairie de Paris voulait un calendrier plus +détendu+ sur l’Hôtel-Dieu », or se défend la directrice « le projet controversé de réorganisation de l’Hôtel-Dieu était connu et validé par les autorités. » Actuellement, Mireille Faugère réfléchit à son avenir et ne sait pas encore si elle va occuper le poste qui lui est proposé la fonction publique- sans autre précision. Une confession reprise par l’AFP, Le Figaro et Les Echos.    
Le nouveau directeur général, Martin Hirsch, est présenté par les médias comme le père du RSA, un brillant commis de l’Etat au service des exclus et un ancien membre du gouvernement Sarkozy.  « A près de 50 ans, il va diriger le premier CHU d’Europe, qui compte 37 établissements, dont l’Hôtel-Dieu, répartis en Ile-de-France avec un effectif de 92.000 personnes. Enarque, il connaît déjà l’institution, souvent décrite comme un "paquebot ingouvernable", pour avoir été de 1995 à 1997 directeur de la pharmacie centrale des hôpitaux de Paris » détaille Gaspard Dhellemmes dans le JDD du 6 novembre.

Le vaccin Gardasil, nouvelle affaire sanitaire ?    
Le 24 novembre, une jeune Aquitaine venait de déposer plainte contre Sanofi Pasteur et l’Agence nationale de sécurité du médicament prévient l’AFP. En cause le vaccin Gardasil préconisé contre le cancer du col de l’utérus et le papillomavirus humains (HPV). La jeune femme souffre  d’encéphalomyélite aigüe disséminée ou de sclérose en plaques selon un diagnostic posé en février 2011. Des troubles survenus quelques mois après les deux injections de vaccin Gardasil en octobre puis décembre 2010. Une annonce relayée par Sud Ouest Dimanche et le Journal du dimanche puis par tous les sites des supports nationaux. Selon son avocat Me Jean-Christophe Coubris, également défenseurs des victimes du Mediator,  il y a eu "violation d’une obligation manifeste de sécurité et méconnaissance des principes de précaution et prévention".
L’état de santé de la jeune femme "s’est stabilisé en août 2012, mais présente une fatigabilité persistante gênant sa scolarité." précise la dépêche
Le même jour Sanofi Pasteur répondait par voie de communiqué à cette mise en cause en démentant tout lien entre le Gardasil et la survenue de cas de sclérose en plaques. Le laboratoire « conteste les conclusions de la Commission régionale de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux (CRCI) de Bordeaux qui avait retenu une retenu une imputabilité de la pathologie à la vaccination à hauteur de 50% ». Arguant que "Les études conduites en France et dans le monde pour évaluer l’association éventuelle entre la vaccination anti-HPV et la survenue de cas de sclérose en plaques n’indiquent aucune augmentation du risque d’apparition de cette maladie". Les conclusions de la CRCI s’appuient "uniquement sur la constatation d’une coïncidence temporelle" entre la vaccination et la survenue des symptômes. Cité par l’AFP,  André Dahlab, directeur adjoint des affaires médicales chez Sanofi Pasteur MSD soutient qu’aucune étude n’a jamais établi d’incidence supérieur de la maladie « chez un groupe de jeunes filles vaccinées que sur un groupe de jeunes filles non vaccinées.
L’AFP note que "L’utilité du vaccin contre le cancer du col de l’utérus a régulièrement fait débat en France". Et dans le JDD, il apparait que "depuis 2008, quelques dizaines de jeunes femmes, atteintes de scléroses en plaques ou de myofascites à macrophages (maladie auto-immune neuromusculaire), dénoncent les «dangers» du Gardasil. Le vaccin a été autorisé en Europe depuis 2006 et recommandé par le ministère de la Santé depuis 2007 pour les filles de 14 ans (11 désormais) ajoute Anne-Laure Barret dans le JDD. Et la journaliste d’interroger "Le Gardasil est-il dangereux ? Doit-on craindre un nouveau scandale médicamenteux ? Réponse de Nicolas Ferry, responsable du vaccin à l’Agence du médicament « Nous ne voyons apparaître aucun signal de sécurité». Qui croire ? poursuit la journaliste face à des effets délétères, rarissimes mais bien réels et cependant, impossibles à mesurer par une étude statistique. Faut-il aussi s’inquiéter de la présence d’aluminium, substance neurotoxique utilisée comme adjuvant vaccinal et dénoncé par de nombreuses associations de patients ?
Selon l’InVS, moins d’un tiers des adolescentes françaises étaient en 2011 vaccinées contre le cancer du col de l’utérus, 12e cancer le plus fréquent chez les femmes (plus de 2.800 personnes atteintes en 2011, 1.000 décès).
En Belgique, Anne Sandront, journaliste à l’Avenir pose elle aussi la question cruciale "Faut-il encore vacciner contre le cancer du col ? " dans un article du 27 novembre. Elle revient sur  un cas de sclérose en plaques survenu quatre mois après la vaccination contre le cancer du col, avec l’autre vaccin, le Cervarix. «Mais on n’a pas pu établir de lien de causalité entre le vaccin et la maladie, explique Anne Eeckhout, responsable de la communication de l’agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS). Il est possible que la personne avait des antécédents familiaux.» Et selon l’agence l’équilibre bénéfice-risque reste positif.
PLFSS à suivre. Le 26 novembre, les députés votaient en seconde lecture à l’Assemblée du Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2014 par 318 voix contre 242. L’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) 2014 sera de 174,8 milliards, dont 75,5 milliards pour les hôpitaux (+2,3%) et 17,6 milliards pour le médico-social (+3%). Le 28 novembre, le projet de budget est retoqué pour la 2ème fois par le Sénat retoquera. Une annonce reprise principalement dans la presse spécialisée santé- assurance et dans la presse économique.

Palmarès du Nouvel Obs. Au risque de passer inaperçu à cause d’un mouvement de grève qui perturbe la distribution des journaux, le Nouvel Observateur a publié le 28 novembre son palmarès des meilleurs établissements de santé. 1 600 hôpitaux et cliniques passés au crible. Au tableau d’honneur figurent les CHU : l’AP-HP avec la Pitié-Salpétrière puis les CHU de Toulouse, de Bordeaux, de Lille, de Lyon (GH Est), de Strasbourg, de Lyon (GH Lyon-Sud), GH Cochin-Saint-Vincent-de-Paul (AP-HP), Hôpital Européen Georges Pompidou (AP-HP, Hôpital la Timone (AP-HM)… Responsable du dossier, Jacqueline de Linares s’enthousiasme « Les prouesses de nos blouses blanches sont présentes à toutes les pages de notre nouveau palmarès des meilleurs établissements de santé. » Et de citer les exploits Jacques Marescaux (CHU de Strasbourg) qui a bluffé les américains en réalisant devant un écran installé à New York l’ablation d’une vésicule sur une patiente endormie à Strasbourg…  ou de Michel Haïssaguère (CHU de Bordeaux) qui  a ouvert « la voie à un traitement des fibrillations auriculaires, auriculaires (un trouble du rythme cardiaque) désormais pratiqué dans le monde entier »… Une excellence qui motive l’appréciation très positive portée par 89 % des français sur leur système de » soins de qualité »*. Le dossier est complété par un focus sur la télémédecine avec des exemples pris en neurologie et en cardiologie. Enfin il est question d’économie avec l’essor de la chirurgie ambulatoire qui devrait rapporter 5 milliards d’euros et de l’hospitalisation à domicile. Mais son déploiement reste poussif "La Cour des Comptes déplore qu’elle soit encore marginale en France. Alors qu’elle atteint 5% des hospitalisations à l’étranger. " rapporte la journaliste
* sondage Ipsos/Logica Business Consulting de juillet 2011

Marie-Georges Fayn


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