Oncopole toulousain : la prescription de Thierry Philip et d’André Syrota

En visite officielle à l’Institut Universitaire du Cancer de Toulouse, Marisol Touraine, Ministre des Affaires Sociales et de la Santé, et Geneviève Fioraso, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, ont reçu le rapport rédigé par Thierry Philip, ancien président de la Fédération des Centres de Lutte Contre le Cancer et ancien directeur du centre Léon Bérard et André Syrota, président directeur général de l’Inserm, le 15 juillet 2013. Enjeu de l'étude : proposer de nouvelles pistes pour dépasser clivages et blocages qui freinent le « magnifique projet de santé publique » de 220ha qu’est l’Oncopole toulousain, un hôpital multipartenarial de 65.000 m2 complété par un bâtiment de recherche de 13.000 m2 et un campus appelé à réunir les acteurs d’excellence de l’oncologie toulousaine.

En visite officielle à l’Institut Universitaire du Cancer de Toulouse, Marisol Touraine, Ministre des Affaires Sociales et de la Santé, et Geneviève Fioraso, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, ont reçu le rapport rédigé par Thierry Philip, ancien président de la Fédération des Centres de Lutte Contre le Cancer et ancien directeur du centre Léon Bérard et André Syrota, président directeur général de l’Inserm, le 15 juillet 2013. Enjeu de l’étude : proposer de nouvelles pistes pour dépasser clivages et blocages qui freinent le « magnifique projet de santé publique » de 220ha qu’est l’Oncopole toulousain, un hôpital multipartenarial de 65.000 m2 complété par un bâtiment de recherche de 13.000 m2 et un campus appelé à réunir les acteurs d’excellence de l’oncologie toulousaine.

Ce lieu de vie et de combat pour la vie doit ouvrir ses portes en 2014 et remplacer l’ancien site industriel toulousain AZF dévasté par une explosion survenue le 21 septembre 2001. La symbolique est forte mais l’ambitieux programme lancé en 2004 pêchait par un projet médical trop flou, une gouvernance imprécise et une concurrence « artificielle » entre les acteurs de la recherche. Ainsi, l’avenir de cette structure phare du développement économique et de l’aménagement urbain de la métropole toulousaine, était compromis. Début 2013, force était de constater « qu’aucune réponse juridique, budgétaire, et de gouvernance n’était en mesure d’être apportée et d’être acceptée par tous les partenaires, chacun considérant que ce projet s’attaquait à ses prérogatives institutionnelles et légales ».
Pour dépasser cette situation préjudiciable, le rapport Philip-Syrota préconise 17 recommandations visant à :
conforter l’excellence et le positionnement par le recrutement de nouveaux cliniciens/chercheurs et renforcer les synergies des secteurs publics et privés en matière de recherche clinique et notamment comprenant un resserrement des échanges entre les industriels et le milieu académique, y compris les sociétés de biotechnologie : spin off, start up…
– Simplifier la gouvernance, c’est-à-dire gagner en cohérence et en clarification à travers une articulation juridique acceptable par tous : l’Institut universitaire du cancer de Toulouse (IUCT) est appelé à réunir la totalité de la cancérologie du CHU et du CLCC Claudius Regaud, qui sera répartie sur 3 sites : IUC Purpan, IUC Rangueil et IUC Oncopole ; ce dernier étant géographiquement sur le site de Langlade.  Côté juridique, deux Groupements de coopération sanitaire (GCS) devraient assurer le fonctionnement de l’Oncopole :  Le GCS de droit public propriétaire des bâtiments et du terrain et le GCS dit IUC Oncopole en cours de création qui gèrera la coopération CHU/CLCC sur le site de Langlade. Ce dernier peut devenir un GCS de moyens, dont l’assemblée générale sera présidée par le CHU et dont l’administrateur sera le directeur du CLCC. Dans le système constitué à parité, le CHU garde ses autorisations et le CLCC les siennes. Les personnels CHU gardant leur statut public et ceux du centre régional de lutte contre le cancer leur statut privé. Le GCS pourra adhérer à la fois à UNICANCER et à la FHF.
– Optimiser la gestion en faisant co-exister le Centre de lutte contre le cancer, sa direction et ses instances représentatives (CA, CE, CHSCT, organisations syndicales) avec environ 300 salariés du CHU qui eux-mêmes dépendront fonctionnellement de l’administrateur du GCS (directeur du CLCC), tout en gardant leur relation hiérarchique avec le CHU et le lien avec ses instances (conseil de surveillance, CTE, CHSCT, organisations syndicales). « Il est préférable que le directeur général adjoint du CLCC et l’adjoint de l’administrateur du GCS soit une seule et même personne » notent les rapporteurs.

Aujourd’hui, l’Oncopole doit repartir sur des bases renégociées entre les multiples institutions, entreprises et collectivités parties prenantes : CHU, centre de Lutte contre le cancer, cliniques, hôpitaux généraux, Université Paul Sabatier, Centre de Recherche sur le Cancer de Toulouse (CRCT), laboratoires Pierre Fabre et SANOFI, réseaux, fondations, associations et aussi la Communauté d’Agglomération du Grand Toulouse, en partenariat avec le Conseil Général de Haute-Garonne, le Conseil Régional de Midi-Pyrénées, l’État et l’Europe…
De nombreuses incertitudes demeurent mais l’échéance d’avril 2014 s’impose.  A cette date, l’IUC Oncopole doit accueillir les premiers patients qui bénéficieront des tout derniers traitements. Ils seront pris en charge dans un hôpital neuf qui abritera l’actuel Institut Claudius Régaud et certains services du CHU soit 1000 professionnels de santé  ainsi qu’un centre de recherche de pointe ou exerceront près de 400 chercheurs.
En savoir plus
http://www.chu-toulouse.fr/institut-universitaire-du-cancer

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