Paralysie faciale : redonner le sourire aux patients

La paralysie faciale est un handicap social et fonctionnel majeur qui justifie une prise en charge chirurgicale spécialisée. Le Dr Daniel Labbe et le service de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie du CHU de Caen, dirigé par le Pr Jean-François Compere, ont ainsi développé depuis une quinzaine d'année une technique spécifique, la myoplastie d'allongement du muscle temporal ; technique pour laquelle des chirurgiens du monde entier viennent se former dans l'établissement caennais. Les 23 et 24 juin, 10 nouveaux chirurgiens ont été accueillis au CHU.

La paralysie faciale est un handicap social et fonctionnel majeur qui justifie une prise en charge chirurgicale spécialisée. Le Dr Daniel Labbe et le service de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie du CHU de Caen, dirigé par le Pr Jean-François Compere, ont ainsi développé depuis une quinzaine d’année une technique spécifique, la myoplastie d’allongement du muscle temporal ; technique pour laquelle des chirurgiens du monde entier viennent se former dans l’établissement caennais. Les 23 et 24 juin, 10 nouveaux chirurgiens ont été accueillis au CHU.

La myoplastie d’allongement du muscle temporal consiste à transférer le tendon du muscle temporal de son insertion osseuse normale sur la mandibule vers la lèvre. Le muscle s’allonge au dépend de sa partie postérieure cachée sous les cheveux. Cette chirurgie de transfert amène un muscle qui est normalement un muscle masticateur vers la lèvre. Elle a comme avantages de prendre en charge la paralysie faciale de façon globale, en en seul temps opératoire, et de redonner au patient une mimique spontanée émotionnelle.

Elle nécessite bien évidemment comme pour les autres techniques une rééducation post-opératoire qui peut être réalisée par un orthophoniste ou par un kinésithérapeute. Cette rééducation nécessite l’intégration par le cerveau du fait que ce muscle originairement masticateur est devenu un muscle complètement attribué au sourire.

Dans le cadre de la mission d’enseignement qui incombe à tout CHU, le Dr Daniel Labbe a souhaité proposer des cours pratiques et transmettre cette technique à d’autres chirurgiens. Depuis 10 ans, ce sont des professionnels expérimentés du monde entier qui sont ainsi venus se former au CHU de Caen.

10 chirurgiens français, anglais, italiens et brésiliens ont participé à la session 2009, qui s’est déroulée les 23 et 24 juin derniers.

Au cours de la formation, les chirurgiens ont pris part à :

– la démonstration opératoire retransmise en direct depuis le bloc vers la salle de cours d’une réhabilitation de paralysie faciale classique. Démonstration réalisée par le Dr Daniel Labbe.

– l’injection de Botox : le Botox est toujours utilisé en complément dans les paralysies faciales pour modérer le côté sain, mais également dans les séquelles de paralysie faciale et les parésies afin de lutter contre les contractions, les spasmes et pour aider la rééducation.

– des travaux pratiques au laboratoire d’Anatomie du CHU, mis à disposition par le Pr Ephrem Salame.

– la démonstration opératoire retransmise en direct depuis le bloc vers la salle de cours d’une réhabilitation d’un syndrome de Moebius (paralysie faciale bilatérale). Démonstration réalisée par le Dr Daniel Labbe.

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Fumagilline, itinéraire d’une réapparition

L’information a été reprise par plusieurs médias. Pour soigner un jeune patient, les Hospices Civils de Lyon ont recréé un médicament disparu de la circulation : la fumagilline. Si ce dernier fait office de remède miracle, sa fabrication tient davantage de l’abnégation des équipes du CHU qui, à l’heure actuelle, se battent pour en pérenniser la production.

Dossier : L’endométriose

En Janvier 2022, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, maladie gynécologique mieux connue depuis quelques années et qui touche aujourd’hui une femme sur dix. Notre dossier.

Urgences : “La régulation médicale apparaît comme une solution pertinente pour garantir la qualité de la prise en charge”

Responsable d’une “mission flash” d’un mois pour les urgences – déjà contestée par plusieurs organisations qui craignent un énième rapport sans réelle traduction en actes -, François Braun était présent quelques jours auparavant au Salon Santexpo pour parler du Services d’accès aux soins. Le Chef du pôle Urgences santé mentale au CHR de Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France voit dans le SAS, déjà déployé sur vingt-deux sites pilotes en France, qu’il une solution de désengorgement efficace des urgences. Explications.