Paris Healthcare Week 2019 : «Créer, innover, transformer», les mots d’ordre de la FHF

Lors de la conférence inaugurale de la Paris Healthcare Week 2019, Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF) a insisté sur l’urgence des réformes tant en matière de financement que de gouvernance.
Lors de la conférence inaugurale de la Paris Healthcare Week 2019, Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF) a insisté sur l’urgence des réformes tant en matière de financement que de gouvernance. 
« Créer, innover, transformer ne sont pas des mots vains. Le changement est au cœur de l’ADN de nos établissements que nous accompagnons dans l’appréhension de l’innovation, comme en atteste pour ne prendre qu’un seul exemple l’activité du Fonds recherche innovation», a souligné Frédéric Valletoux, Président de la FHF en ouverture de la conférence inaugurale de la Paris Healthcare Week qui se déroule du 21 au 23 mai Porte de Versailles à Paris. Les sujets des quatre études qui seront lancées en 2019  confirment cette volonté d’innover: l’intelligence artificielle, la médecine de précision, le parcours de santé et enfin, le marketing et le numérique au service de la santé publique. 
Après avoir évoqué le Pacte des territoires signé et relayé par de nombreux élus locaux, les résultats de l’enquête réalisée auprès de 6000 Français et les 14 grandes propositions qui ont alimenté le débat national, Frédéric Valletoux a appelé les pouvoirs publics à «être audacieux pour mener des réformes d’envergure, y compris des réformes de rupture».

« Objectiver le grand hold-up financier»

« Ma santé 2022 ne peut se faire sans la prise en compte de ma santé 2019», a ensuite réagi le Président rappelant qu’entre 2005 et 2019, les établissements de santé se sont vu imposer des plans d’économie à hauteur de 8,6 milliards d’euros. Avec pour conséquence directe une baisse de l’investissement hospitalier qui est passé de 7 à 4 milliards au cours des six dernières années. 
Si la FHF salue certains points jugés «positifs» du projet de loi «Buzyn» – l’approche par les territoires, la fin du numerus clausus, la création d’un espace numérique de santé… -, elle regrette l’absence de mesures relatives à la prévention, à la médecine prédictive, à la recherche ou encore à l’innovation. «Sans parler de la césure persistante entre cette loi Santé et la future loi relative à l’autonomie», a complété le président.

Trois propositions fortes

Trois priorités défendues par le FHF ont ensuite été développées: la nécessité de se préoccuper des professionnels de santé, de penser le parcours pour les plus fragiles et de revoir les modalités de financement. «L’attractivité de l’exercice à l’hôpital public est devenue incontournable. Il est urgent de revaloriser les professions et de se pencher sur la qualité de vie au travail, notamment dans les services d’urgences».
S’agissant des parcours de santé, la FHF demande la traduction rapide des propositions du rapport de Dominique Libault. Avec cinq impératifs: mieux prendre en considération les souhaits des aînés, renforcer la diversité de l’offre, engager une révolution des métiers et en créer de nouveaux, lutter contre le reste à charge avec la création d’un «bouclier Hébergement». «Personne ne doit se voir facturer plus qu’il ne peut payer en fonction de ses revenus», a affirmé Frédéric Valletoux estimant à 10 milliards d’euros le budget nécessaire.
«Notre société doit aussi se montrer plus inclusive, préférer en toutes circonstances l’accompagnement en milieu ordinaire», a-t-il poursuivi avant de marteler un autre principe fondamental: «Penser le parcours, c’est aussi penser la proximité. Nous sommes favorables à ce que les acteurs de ville participent à la gouvernance des hôpitaux de proximité. Les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) doivent aussi devenir un lieu de dialogue entre professionnels libéraux et hospitaliers.» Soucieuse de préserver une offre de proximité de qualité dans le cadre des GHT, la FHF propose que soit créé dans chaque ARS un comité de suivi des hôpitaux de proximité.
Troisième enjeu, la nécessaire remise à plat du financement de la psychiatrie. «La psychiatrie du service public a connu une progression de ses financements de 1,2% tandis que la psychiatrie privée voyait ses moyens augmenter de 3,2% par an. La FHF exige une convergence des taux d’évolution entre les deux secteurs», a enfin souligné Frédéric Valletoux.

Concertation

Malgré ce contexte financier tendu, force est de constater que les hôpitaux demeurent particulièrement dynamiques en matière de recherche et d’innovation, avec plus de 500 programmes de recherche clinique et plus de 230 brevets déposés chaque année. «Il faut reprendre à zéro la construction de l’Ondam avec notamment des sous-objectifs dédiés à la recherche. Les chantiers sont immenses. «Rien ne sera possible sans un changement de logiciel», affirmait Agnès Buzyn après sa nomination. «Encore faut-il nous lancer!», a souhaité le président. 
Frédéric Valletoux a conclu ses propos appelant à «une vaste concertation», passant par la mise en place d’une conférence annuelle associant l’ensemble des acteurs concernés et l’inscription du principe même de cette conférence de consensus dans le projet de loi «Buzyn» qui sera prochainement débattu au Sénat. Il a enfin appelé à une révolution de la gouvernance au niveau national et régional passant par la création d’un organisme unifié chargé du pilotage et de la mise en œuvre de la partie Assurance maladie de la loi de financement de la sécurité sociale.
François Baroin, président de l’Association des Maires de France et Frédéric Valletoux ont, pour finir, signé une convention traduisant l’engagement croissant des collectivités locales dans le champ de la santé.
Hélène Delmotte

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