Gériatrie : des capteurs pour prédire les chutes, une recherche cosignée par Toulouse

Toujours inquiétant le risque de chute des personnes âgées peut être diminué par l'usage de biomarqueurs numériques identifiant les signaux faibles annonciateurs d'une mobilité réduite. Telle est la découverte d'une équipe du CHU de Toulouse qui a mené une recherche en partenariat avec des spécialistes de l'Oregon Center for Aging & Technology* dans la revue scientifique : The Journals of Gerontology: Series A.

Toujours inquiétant le risque de chute des personnes âgées peut être diminué par l’usage de biomarqueurs numériques identifiant les signaux faibles annonciateurs d’une mobilité réduite. Telle est la découverte d’une équipe du CHU de Toulouse qui a mené une recherche en partenariat avec des spécialistes de l’Oregon Center for Aging & Technology* dans la revue scientifique : The Journals of Gerontology: Series A.
Leurs travaux fournissent des indicateurs d’aide à la prédiction d’une chute. Cette démarche de prévention se fonde sur les données obtenues durant une observation de 3 ans. Des capteurs infra-rouge, placés au plafond du salon des participants, ont enregistré en continue les paramètres de vitesse de marche des personnes âgées dont la variabilité. Ces précieuses mesures n’avaient jamais été recueillies jusqu’à présent. Elles viennent compléter les tests cliniques habituels réalisés une fois par an chez les participants qui relèvent d’un suivi rigoureux mais qui ne permettent pas de détecter les personnes qui vont chuter.
Les critères de vitesse apportent l’information manquante, indispensable au repérage des personnes qui vont chuter dans le mois. Ainsi, la baisse progressive de la vitesse de marche quotidienne (imperceptible cliniquement car très faible) indique l’imminence d’une chute car l’équipe a pu vérifier que ce ralentissement survient dans les semaines précédant la chute. En apparence brutale, la chute résulte en réalité d’une altération imperceptible de la marche durant les semaines précédentes. Et seule la précision du numérique arrive à repérer cette infirme variation. 
Pour la première fois, démonstration est donc faite de l’utilité d’un " biomarqueur numérique " dans un stratégie de prévention du risque de chute. Ce travail montre notamment l’intérêt des mesures en temps réel pour déterminer quelles sont les personnes qui présentent un risque de chute aggravé. Cette détection aide à cibler les interventions des professionnels de santé et à accroître leur pertinence et leur efficacité.

Source  : Piau, A., Mattek, N., Crissey, R., Beattie, Z., Dodge, H., & Kaye, J. (2019). When will my patient fall? Sensor-based in-home walking speed identifies future falls in older adults. The Journals of Gerontology: Series A.https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31095283

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Fumagilline, itinéraire d’une réapparition

L’information a été reprise par plusieurs médias. Pour soigner un jeune patient, les Hospices Civils de Lyon ont recréé un médicament disparu de la circulation : la fumagilline. Si ce dernier fait office de remède miracle, sa fabrication tient davantage de l’abnégation des équipes du CHU qui, à l’heure actuelle, se battent pour en pérenniser la production.

Dossier : L’endométriose

En Janvier 2022, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, maladie gynécologique mieux connue depuis quelques années et qui touche aujourd’hui une femme sur dix. Notre dossier.

Urgences : “La régulation médicale apparaît comme une solution pertinente pour garantir la qualité de la prise en charge”

Responsable d’une “mission flash” d’un mois pour les urgences – déjà contestée par plusieurs organisations qui craignent un énième rapport sans réelle traduction en actes -, François Braun était présent quelques jours auparavant au Salon Santexpo pour parler du Services d’accès aux soins. Le Chef du pôle Urgences santé mentale au CHR de Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France voit dans le SAS, déjà déployé sur vingt-deux sites pilotes en France, qu’il une solution de désengorgement efficace des urgences. Explications.