Présidentielles 2017 : les responsables hospitaliers préparent leurs propositions

Dans la perspective de l'élection présidentielle de 2017, l'Association nationale des directrices et des directeurs d'hôpital (ADH) prépare ses propositions sur la politique de santé.
Dans la perspective des élections présidentielles de 2017, l’Association nationale des directrices et des directeurs d’hôpital (ADH) prépare ses propositions sur la politique de santé
Attentive à l’accompagnement de la mise en place des Groupements hospitaliers de territoire (GHT) depuis le 1er juillet, l’ADH engage sa réflexion sur plusieurs sujets: le management hospitalier, la gouvernance, l’organisation hospitalière, le modèle économique et le financement des hôpitaux, l’évolution du métier, du statut et des conditions d’exercice des dirigeants hospitaliers, la simplification administrative ou encore l’attractivité médicale de l’hôpital public
"Les établissements publics de santé ouvrent une page nouvelle et déterminante de leur histoire", estime l’association, dans un communiqué daté du 12 septembre 2016. L’enjeu reste, selon elle, de "parvenir à rénover profondément l’organisation partenariale et à renforcer la coopération inter-établissements, pour conforter l’offre publique, mieux répondre aux besoins des patients et aux défis de notre époque et garantir l’accès à des soins de qualité sur l’ensemble du territoire". Son principal objectif vise l’amélioration de la gestion des moyens consacrés au système hospitalier. 
L’ADH salue, dans ce processus, l’engagement des responsables hospitaliers, directeurs, présidents de CME et membres de la gouvernance, qui sont parvenus à s’accorder sur la création de 135 GHT dans un calendrier particulièrement serré. "Sans eux la réforme n’aboutirait pas", a-t-elle souligné. Elle les encourage, du reste, à continuer de s’engager dans cette réforme utile, "même s’il reste des points à éclaircir ".
Garantir les conditions nécessaires aux changements
L’association insiste toutefois sur l’importance que soient garanties les conditions nécessaires à ces changements. En particulier concernant les réorganisations territoriales qui "doivent être conduites dans le respect des femmes et des hommes qui s’engagent et portent les changements".
L’ADH se félicite par ailleurs que la DGOS ait engagé une réflexion sur l’évolution du statut et du métier de directeur d’hôpital, à laquelle elle souhaite naturellement participer. Elle indique qu’elle suivra avec vigilance les propositions des pouvoirs publics et qu’elle a déjà présenté plusieurs pistes d’actions : dispositif de coaching ou d’accompagnement d’équipes, cellule d’écoute et de partage d’expérience, groupes de pairs pour un appui sur le terrain, révision des conditions statutaires de qualification des emplois de direction, révision des profils d’emplois afin de mieux valoriser les exercices multisites, ou encore évolution des modèles relationnels entre hôpitaux et autorités sanitaires. Plusieurs de ces propositions sont en cours de discussion entre les pouvoirs publics et les syndicats.
L’ADH estime, dans ce contexte de restructurations majeures, que "la demande d’évolution statutaire et des métiers émise par les professionnels est totalement légitime". A cette occasion, l’organisation des corps de direction fait à nouveau discussion. 
Eviter la confusion des métiers et des corps
L’association s’en tient à la position validée par ses adhérents suite à une enquête nationale sur ce thème (1). Elle considère que les préoccupations justifiées des directeurs d’hôpital, d’établissement sanitaire et médico-social, et autres dirigeants, "ne peuvent trouver réponse dans la confusion des métiers ou la fusion des corps". Sa principale préoccupation étant d’obtenir pour l’ensemble des corps de direction la juste reconnaissance de leurs responsabilités, en termes de rémunération, de parcours, de valorisation des services rendus par chacun, de possibilités d’évolution.
"Effacer les spécificités professionnelles conduit à méconnaître l’expertise et les modalités d’exercice de ces métiers particulièrement difficiles, qui doivent répondre avant tout aux besoins des établissements dans lesquels ils s’exercent", souligne-t-elle. 
La formation continue plébiscitée par 80% des dirigeants hospitaliers  
L’ADH poursuit dans ce domaine son travail de réflexion et de proposition sur l’évolution des métiers. Au regard d’une enquête qu’elle a menée en novembre 2015 auprès des directeurs et directrices d’hôpital (2), elle souligne que, pour les aider à s’adapter aux évolutions, 80% des dirigeants hospitaliers plébiscitent le développement de la formation continue et 60% la mise en place de dispositifs de coaching. Forte de ces enseignements, l’association a lancé en juillet un appel d’offre en partenariat avec l’ANFH pour le développement d’un dispositif de formation en équipe inspiré du codéveloppement. Celui-ci s’avérerait ainsi complémentaire aux initiatives d’accompagnement développées par le CNG, ainsi qu’à l’offre de formation continue proposée par l’EHESP. 4 réponses ont été reçues par l’ANFH à cet appel d’offres national, qui seront étudiées courant septembre, afin de lancer une première phase pilote d’ici la fin d’année 2016.
L’ADH s’est en outre rapprochée des autres structures représentatives, la FHF, les Syndicats de directeurs, les Conférences nationales afin de "constituer un laboratoire d’idées et porter la vision responsable et experte des managers".
___________
1) Enquête lancée en avril 2012 auprès de l’ensemble des directrices et directeurs d’hôpital sur l’opportunité d’une fusion DH/D3S. L’enquête a récolté après un mois d’exploitation 1000 réponses, à 80% défavorables.
2) Enquête élaborée par le groupe de travail " Evolution et transformation du métier ", piloté par Florence Arnoux, vice-présidente de l’ADH, et validée par le Conseil d’administration. Lancée le 3 novembre 2015 auprès des directrices et directeurs d’hôpital en exercice et des élèves directeurs en stage, l’enquête a recueilli, après trois semaines d’exploitation, 695 réponses.
Contact presse ADH 
Morgane Le Gall
Responsable de la communication et des affaires générales
Permanence ADH
Centre hospitalier Sainte-Anne
1 rue Cabanis PARIS 14
T/ 01 45 65 76 92 – F/ 01 45 65 88 60 – Mob./ 06 28 46 35 81
 e-mail/ href= »mailto:permanence@adh-asso.org » 

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