Questions à Jérôme Vincent,Philippe Houdart et François Malye du Point

A l'heure où le questionnaire du Point circule dans les établissements, Réseau CHU a voulu interroger ses auteurs... Leurs réponses témoignent d'une meilleure compréhension entre journalistes et centres hospitaliers.

A l’heure où le questionnaire du Point circule dans les établissements, Réseau CHU a voulu interroger ses auteurs… Leurs réponses témoignent d’une meilleure compréhension entre journalistes et centres hospitaliers.

Vous préparez le 11ème hit parade des hôpitaux, une véritable institution !!! Vous venez d’adresser un questionnaire à tous les établissements avec les critères traditionnels et des nouveautés. Quel est l’esprit de l’enquête du Point Version 2007 ?

Recueillir plus d’informations, encore une fois, afin de répondre aux nombreuses demandes de lecteurs de plus en plus exigeants. En ce qui concerne la mortalité, celle-ci est mesurée par les professionnels eux mêmes (notamment les chirurgiens cardiaques et les chirurgiens thoraciques) qui alimentent des bases de données où figurent des indices de gravité des patients opérés. Si les chirurgiens collectent ces chiffres, c’est bien évidemment parce qu’il s’agit d’un critère de qualité leur permettant d’améliorer leurs pratiques. Dans le cadre de l’EPP, les praticiens qui alimentent ces bases bénéficieront d’ailleurs d’un « bonus. »

Mais les CHU qui prennent en charge les patients les plus lourds ne risquent-ils pas d’être pénalisés ?

Sûrement pas, si on les compare aux dizaines de petits établissements qui se risquent, de temps à autres, dans des interventions complexes dépassant de loin leurs capacités. La seule question qui se pose est douloureuse pour les professionnels : comment justifier auprès des patients de ne pas afficher le seul chiffre qui compte pour eux?

Au départ réticents, les hôpitaux sont de plus en plus nombreux à renseigner votre questionnaire. Quels sentiments vous inspire cette évolution ?

Les hôpitaux ont compris qu’ils avaient tout intérêt à montrer leurs qualités, leurs points forts. L’hôpital n’est plus une boîte noire comme lorsque nous avons débuté ce travail, il y a plus de dix ans. Cette époque est révolue sauf peut-être pour les établissements qui savent n’avoir aucune chance de figurer dans nos palmarès. Ceux là, pour la plupart ne répondent pas. La liste serait d’ailleurs intéressante à publier un jour… Cela dit, les inégalités d’accès aux soins des Français restent tout à fait considérables, et les journalistes ont encore de beaux jours devant eux.

Aujourd’hui, les pouvoirs publics, les autres magazines et site internet santé proposent aussi des classements. Ne va-t-on pas vers une guerre des indicateurs ? Le public risque de s’y perdre. Comment allez-vous l’aider à s’y retrouver ?

Il y a profusion d’informations c’est vrai. Mais nous sommes les seuls à proposer une réponse simple à la seule vraie question que se posent les patients : où se faire opérer pour telle ou telle pathologie ?
Savoir s’il y a un scanner ou un Irm est une bonne information mais elle n’est pas prioritaire. Et puis, nous aussi nous avons quelques projets en cours.

Enfin quel rôle estimez-vous jouer dans le système de soins ?

Celui que doivent simplement jouer les journalistes. Interpeller, enquêter, expliquer, éclairer les patients mais aussi faire comprendre aux professionnels qu’ils doivent donner des informations. Ils sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à nous aider à améliorer, chaque année, l’ensemble de nos classements ou à en bâtir de nouveaux.

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