Qui veut la peau de Pierre Pauchard (Directeur général du CHAR)

Pendant trois semaines, les grévistes de l'Union des travailleurs guyanais (UTG), minoritaires parmi les 1 500 salariés du Centre hospitalier Andrée-Rosemon, à Cayenne, ont "filtré" les véhicules à l'entrée de l'établissement, provoquant une certaine désorganisation.

Mardi 7 février, le mouvement a été suspendu après la signature entre syndicat et élus d’une convention visant à résorber l’emploi précaire, objet du conflit.
« Cette convention engage les signataires hors champs de leurs attributions », elle est « juridiquement non opposable à la direction du centre hospitalier », a réagi, dès le lendemain, Pierre Pauchard, le directeur de l’hôpital. Cette déclaration a provoqué la colère des présidents de région, du département et du conseil d’administration de l’hôpital qui ont demandé « le départ du directeur », dont les réactions « sont de nature à bafouer les élus guyanais ».
L’hôpital de Cayenne compterait « 350 emplois précaires », selon Patricia Saïd, secrétaire général de l’UTG Santé, dont des « contractuels qui lavent les outils chirurgicaux à la main car le matériel destiné à cette tâche est obsolète ». Mais, l’Agence régionale de l’hospitalisation (ARH), rappelle qu’une centaine de salariés a été titularisée et 21 millions d’euros de dotations exceptionnelles ont été débloqués en 2005, 34,5 millions d’euros en 2004.
L’établissement perd en moyenne 15 millions d’euros par an depuis 2003, selon l’ARH. Dans un département de près de deux cents mille habitants, grand comme le Portugal, l’hôpital gère un réseau de 21 centres de santé, dans un contexte de forte fécondité — 2 600 naissances par an dans l’établissement —, de forte pression migratoire — un patient sur cinq est en situation irrégulière, donc peu solvable — et de faible densité médicale, trois fois inférieure à la moyenne nationale.
« L’activité de l’hôpital est stable depuis dix ans, et les effectifs ont doublé », relativise Philippe Loir, directeur de l’ARH. « Sur l’effectif non médical, au moins deux cents emplois ne sont plus budgétés et creusent le déficit », poursuit-il.

« Le directeur précédent a laissé dériver le budget, il a dû être écarté », explique de son côté la direction de la santé et du développement social. Un ancien cadre de l’hôpital, aujourd’hui en métropole, évoque, « l’absentéisme forcené » du personnel, que l’actuelle direction estime à 11 %.

Laurent Marot
Article paru dans l’édition du 12.02.06

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