Recherche : la politique volontariste du CHU récompensée

Depuis plus de 20 ans, le centre hospitalier universitaire de Nantes met en eouvre une politique volontariste pour assurer la promotion de la recherche biomédicale. Il fait partie aujourd'hui des 10 CHU "fort chercheur". Au niveau national, le CHU de Nantes occupe la 8e place sur les publications scientifiques, la 6e place sur les essais cliniques et la 3e place sur les programmes hospitaliers de recherche clinique (PHRC) – 11 retenus - et les Soutiens aux Techniques Innovantes et Coûteuses (STIC)– 3 projets.

Depuis plus de 20 ans, le centre hospitalier universitaire de Nantes met en eouvre une politique volontariste pour assurer la promotion de la recherche biomédicale. Il fait partie aujourd’hui des 10 CHU « fort chercheur ». Au niveau national, le CHU de Nantes occupe la 8e place sur les publications scientifiques, la 6e place sur les essais cliniques et la 3e place sur les programmes hospitaliers de recherche clinique (PHRC) – 11 retenus – et les Soutiens aux Techniques Innovantes et Coûteuses (STIC)– 3 projets.

La recherche en santé nantaise se caractérise par la forte implication de l’hôpital au niveau de la recherche pré-clinique; la qualité du partenariat noué avec l’Inserm, les unités de formation et de recherche de santé (UFR) et l’université de Nantes et par sa structuration et sa professionnalisation. Cette politique a permis de faire émerger cinq thématiques fortes : la cancérologie ; l’immuno-transplantation ; les maladies cardio-vasculaires ; les maladies de l’appareil digestif ; les biothérapies.

La progression de la recherche nantaise
Les effectifs des laboratoires de recherche spécialisés sont passés de 70 en 1990 à plus de 800 en 2010 et aujourd’hui la recherche clinique emploie 250 professionnels à temps plein.
Le nombre de laboratoires reconnus par l’Inserm a évolué sur la même période de 1 à 11;
Le nombre de projets d’entreprises issus de la recherche biomédicale a été multiplié par 10.
En 2009, 700 essais cliniques étaient en cours au sein de l’établissement.

Chaque année, les appels d’offres remportés par les équipes de recherche amènent près de 9 millions d’euros au CHU.

Le CHU dispose désormais d’une cellule de promotion de recherche clinique (CPRC) au sein de la délégation à la recherche clinique et à l’innovation (DRCI) et d’un centre d’investigation clinique (CIC) créé en 2001, avec un module spécifique en biothérapies depuis 2005. Sur le plan des locaux, le CHU de Nantes met près de 10 000 m2à la disposition des équipes de recherche pré-clinique.

Les 11 programmes hospitaliers de recherche clinique (PHRC) retenus en 2010

Hématologie clinique – Dr Patrice Chevallier – Protocole de Phase II testant l’intérêt d’une chimio-immunothérapie comportant l’anticorps anti-CD22 Epratuzumab pour le traitement de patients adultes présentant une leucémie aigue lymphoblastique de type B CD22+ en rechute ou réfractaire

Hématologie clinique – Dr Jacques Delaunay – Etude multicentrique de phase III randomisée ouverte testant l’efficacité du gemtuzumab (MYLOTARG) en association avec la chimiothérapie intensive chez les patients de 18 à 60 ans atteints de leucémie aiguë myéloblastique avec cytogénétique intermédiaire.

Institut des maladies de l’appareil digestif – Dr Cyril Feray – Efficacité de l’association de la radiothérapie de conformation à haute dose et de la chimio-embolisation intra-artérielle hépatique utilisant des DC-Beads dans le traitement du carcinome hépatocellulaire

Institut des maladies de l’appareil digestif – Dr Nicolas Regenet – Evaluation de la tomographie par émission de positons au 18 fluoro-déoxy-glucose couplée au scanner (TEP-TDM au 18FDG) dans le diagnostic de dégénérescence des tumeurs intra-canalaires papillaires et mucineuses du pancréas (TIPMP)

Hématologie clinique – Dr Mohamad Mohty – Allogeneic hematopoietic stem cell transplantation using a non-myeloblative preparative regimen of total lymphoid irradiation and anti-thimocyte globulin for older patients with relapsed lymphoid maligancies

Institut transplantation uro-néphrologie – Dr Magali Giral – Etude prospective, randomisée, en double aveugle, contrôlée en groupes parallèles, portant sur le retrait progressif du traitement par inhibiteur de la calcineurine (Tacrolimus®) chez des patients transplantés rénaux depuis plus de 4 ans .» (CNI Weaning in Kidney Transplantation)

Institut du Thorax – chirurgie vasculaire – Dr Yann Gouëffic – Traitement des lésions athéromateuses de la fémorale commune par technique endovasculaire versus chirurgie ouverte

Pédiatrie – Pr Véronique Gournay – Traitement cIblé précOce du Canal Artériel du Prématuré par Ibuprofène (TRIOCAPI)

Institut du thorax – Dr Alain Haloun – Evaluation de l’efficacité thérapeutique de la Metformine dans le traitement de l’HTAP

Médecine interne – Pr Mohamed Hamidou – Restauration du contrôle de l’EBV au cours du lupus erythemateux systémique. Etude de phase I/II d’un traitement par trans fert adoptif de lymphocytes T cytotoxiques autologues anti-EBV.

Pharmacologie – Pr Pascale Jolliet- Evaluation des consommations problématiques de benzodiazépines et apparentés chez les sujets âgés en France : un enjeu de santé publique.

Neurologie – Dr David Laplaud – Analyse du test TRAP-myéline comme outil diagnostique et pronostique de la Sclérose en plaques (TRAP Diag in MS)

Pédiatrie – Dr Guillaume Podevin – Etude multicentrique nationale de la qualité de vie des patients atteints de malformation anorectale

Les 3 Soutiens aux Techniques Innovantes et Coûteuses (STIC) coordonnés par le CHU de Nantes en 2010

Stic EMOCAR -coordonné par le Dr Yann Le Teurnier – PH Anesthesiste Chirurgie Thoracique
L’étude EMOCAR propose d’évaluer l’intérêt médico-économique d’un dispositif non invasif à la fois simple (2 électrodes collées sur le front du patient) mais utilisant une technologie originale pour la surveillance de la perfusion cérébrale au cours de la chirurgie carotidienne, chirurgie fréquente qui concerne 15 000-20 000 patients/an en France. L’équipe multidisciplinaire impliquée dans cette étude (anesthésiste, chirurgien, neurologue, neuroradiologue) propose d’optimiser la prise en charge peropératoire des patients pour éviter toute souffrance cérébrale (souvent synonyme d’handicap pouvant aller de simples troubles de la mémoire ou de concentration à une hémiplégie). Les retombées attendues de cette étude sont triples : (i) pour le patient : la diminution des troubles neurologiques postopératoires après chirurgie carotidienne ; (ii) pour les équipes médicales : établir un consensus entre anesthésistes (iii) pour la société : la diminution du coût global de la prise en charge et des séquelles neurologiques ainsi évitées.
Titre du protocole : Evaluation médico-économique de la surveillance par oxymétrie cérébrale en peropératoire lors d’endartériectomies carotidiennes

Stic IMAJEN – Pr Phillipe MOREAU- PU-PH Hématologie clinique

Ce projet Stic veut répondre à la question de la meilleure technique d’imagerie dans l’étude d’une maladie hématologique maligne touchant les os, le myélome multiple. L’IRM et le PET-scan seront comparés chez plus de 150 malades au diagnoStic et à différents temps de leur traitement. Ce travail très important permettra à l’avenir de mieux choisir les examens radiologiques nécessaires à la prise en charge des malades.

Titre du protocole :
Evaluation médico-économique de l’intérêt de la TEP-FDG chez des patients porteurs de myélome multiple de moins de 65 ans

Stic LIGALongo – Pr Lehur PU-PH Chirurgie Digestive

La maladie hémorroïdaire est une pathologie extrêmement fréquente et invalidante pour laquelle des solutions chirurgicales sont parfois nécessaires. Depuis une dizaine d’années, de nouveaux traitements sont apparus pour limiter les conséquences, notamment douloureuses, de cette chirurgie proctologique.

L’agrafage du bas rectum (anopexie de Longo) est un traitement reconnu. Il reste relativement agressif et comporte un certain nombre de risques. Une méthode moins invasive de ligature des artères hémorroïdales sous contrôle doppler proposée plus récemment, limiterait encore le risque et les conséquences de cette chirurgie.

L’hypothèse de cette recherche est de démontrer que la ligature artérielle doppler guidée est bénéfique en terme de confort pour le patient, de limitation du risque opératoire et de ce fait qu’elle a un impact positif sur le plan économique dans la prise en charge de la maladie hémorroïdaire qui touche plus particulièrement les populations jeunes et actives.

Le protocole LigaLongo réunit 24 centres français de chirurgie proctologique et ambitionne de réunir plus de 400 malades pour répondre à la question que nous nous sommes posée.

Titre du protocole : Evaluation médico-économique des nouveaux traitements chirurgicaux de la maladie hémorroïdaire : Essai multicentrique randomisé comparant la ligature élective des artères hémorroïdales sous contrôle doppler avec mucopexie par voie trans-anale à l’hémorroïdopexie circulaire par agrafage selon la technique de Longo

Définitions

programme hospitalier de recherche clinique (PHRC)
Le programme hospitalier de recherche clinique a été créé en 1993 par F. Reyes et B. Kouchner. C’est un appel à projets ministériel annuel, géré et financé par la DHOS (mission de l’observation, de la prospective et de la recherche clinique) au sein du Ministère en charge de la santé, et par l’INCa.
Objectifs :
– favoriser le développement de la recherche clinique dans les hôpitaux pour promouvoir le progrès médical ;
– financer la recherche clinique appliquée à l’homme malade au sein des hôpitaux et effectuée par des médecins exerçant au sein de ces établissements hospitaliers.

Soutien aux Techniques Innovantes et Coûteuses (STIC)
Les appels à projets Stic sont lancés annuellement par la DGOS (Direction Générale de l’Offre de soins) et l’INCa (Institut National du cancer). Ce programme de financement permet d’améliorer la prise en charge des innovations coûteuses dans les établissements qui s’engagent en retour à mener une évaluation médico-économique sur deux ans.

Les projets proposent une évaluation médicale et économique des innovations et des conditions de diffusion dans le système de soins pour à terme une utilisation en routine. Il s’agit de techniques ou de produits de santé, coûteux et récemment validés par une étape de recherche clinique à vocation diagnostique ou thérapeutique. Pour chaque appel à projets, une procédure de sélection rigoureuse est conduite par un comité d’évaluation scientifique s’appuyant sur des expertises nationales et internationales. La coordination et la promotion de ces projets sont assurées par des CHU.

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