Retransplantation de visage sur un patient en situation de rejet chronique : 1ère mondiale à Paris

8 ans après sa première greffe de visage, un patient qui présentait un rejet chronique, a reçu une nouvelle greffe vascularisée de la face, les 15 et 16 janvier 2018 à l’Hôpital Européen Georges Pompidou, AP-HP. Cette première mondiale a été réalisée par une équipe médicale et paramédicale dirigée par le Pr Laurent Lantieri, avec le service de réanimation-anesthésie du Pr Bernard Cholley. Ce mois-ci, le patient, toujours hospitalisé, a pu bénéficier d’une première sortie, et sa sortie définitive est prévue à court terme. Cette prouesse - la 125ème première mondiale des CHU - démontre que dans le domaine des greffes vascularisées composites (face et main), une retransplantation est possible en cas de rejet chronique.
8 ans après sa première greffe de visage, un patient qui présentait un rejet chronique, a reçu une nouvelle greffe vascularisée de la face, les 15 et 16 janvier 2018 à l’Hôpital Européen Georges Pompidou, AP-HP. Cette première mondiale a été réalisée par une équipe médicale et paramédicale dirigée par le Pr Laurent Lantieri, avec le service de réanimation-anesthésie du Pr Bernard Cholley. Ce mois-ci, le patient, toujours hospitalisé, a pu bénéficier d’une première sortie, et sa sortie définitive est prévue à court terme. Cette prouesse – la 125ème première mondiale des CHU – démontre que dans le domaine des greffes vascularisées composites (face et main), une retransplantation est possible en cas de rejet chronique.  

Rejet de la 1ère greffe

Pendant l’été 2016, le patient greffé de la face une 1ère fois en 2010, a commencé à présenter des signes cliniques de rejet chronique. Il a été réinscrit sur la liste nationale d’attente de greffe gérée par l’Agence de la biomédecine en octobre 2017. La gravité du rejet a nécessité une exérèse complète de la face fin novembre 2017. Le patient, hospitalisé en réanimation, a reçu pendant plusieurs semaines des soins quotidiens, rendus particulièrement complexes par l’absence de visage et l’état infectieux et immunologique lié au rejet. 

Une seconde greffe particulièrement complexe

La seconde intervention complexe a démarré à l’hôpital européen Georges-Pompidou-AP-HP le lundi 15 Janvier 2018 en début d’après-midi et s’est terminée mardi 16 janvier 2018 en début de matinée. Le patient a toutefois dû subir un traitement immunologique lourd pour éviter le rejet de cette deuxième greffe avec en particulier des séances de plasmaphérèse (changement du plasma sanguin) afin d’éliminer les anticorps susceptibles de provoquer un rejet. Le patient a également bénéficié de soins locaux et généraux pour faciliter sa cicatrisation, d’un support psychologique et d’une rééducation orthophonique qui devra se poursuivre pendant de nombreux mois.

Le suivi des greffes de face a montré qu’elles avaient une évolution similaire à toute greffe d’organe et que la durée de vie de l’organe greffé peut être limitée par des phénomènes de rejet chronique pouvant entraîner au final la destruction de l’organe*  
Cette nouvelle greffe réalisée à l’hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP, dont les détails techniques et immunologiques feront l’objet d’une publication scientifique, permet de répondre aux questions de risque et de bénéfice à long terme. 
La réactivité de l’Agence de la biomédecine, de l’Agence nationale de la sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM), des équipes de coordination de don d’organe, des équipes médicales et paramédicales de l’hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP, ainsi que celle de la famille du donneur, a permis de réaliser cette greffe dans des délais particulièrement courts. 
Par son geste altruiste, la famille du donneur a permis que cette greffe puisse avoir lieu. Il est primordial de rappeler qu’il n’y a pas de greffe sans don et sans la mobilisation quotidienne des équipes de coordination et de prélèvements d’organes.   
*http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%20(16)31138-2/abstract

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Dépistage du mélanome : ce scanner crée un avatar numérique de la peau 

Il y a quelques semaines, le Vectra 3D prenait ses quartiers dans le tout nouveau centre de dépistage automatisé du mélanome Marseille, situé à l’hôpital de la Conception (AP-HM). Concrètement, il permet à un patient qui aurait de nombreux grains de beauté de voir l’ensemble de sa peau scannée en images haute définition et reconstituée sous la forme d’un avatar numérique. Une avancée importante dans le dépistage du mélanome, véritable problème de santé publique. Reportage.

Quartiers nord de Marseille : un centre de santé unique rattaché à l’AP-HM

Nous avions déjà entendu Michel Rotilly parler du centre de santé des Aygalades, structure multidisciplinaire rattachée à l’AP-HM. C’était au mois de mai à Paris. La fracture territoriale entre les quartiers nord et le reste de la cité phocéenne, illustrée entre autres par un taux élevé de mortalité durant la crise du COVID, avait servi de préambule à la présentation du centre, unique en son genre. Deux mois plus tard, nous le retrouvons sur place pour en comprendre le fonctionnement et les enjeux au quotidien. Entretien.

Céline Meguerditchian : “la médecine d’urgence à l’hôpital public est devenu un combat au quotidien”

Lorsque nous rencontrons Céline Meguerditchian dans son bureau, nous savons déjà que l’interview ne sera pas un entretien fleuve. Car pour celle qui a été nommée cheffe des urgences adultes de la Timone (AP-HM) il y a six mois, le temps est un luxe. Entre les appels qui ne s’arrêtent jamais, elle aura néanmoins réussi à nous parler durant une vingtaine de minutes de sa mission, du fonctionnement d’un service en sous-effectif qui doit compter sur des docteurs junior en plein été, et de ce qui fait de la médecine d’urgence à l’hôpital public est devenu « un combat » au quotidien.

Gaétan Basile, taulier tranquille des ECN

Et dire qu’à quelques heures près, on aurait pu le rater. Ciao Bordeaux, bonjour Capbreton ! Tout cela pour une histoire de vacances bien méritées après une sixième année de médecine particulièrement dense. Silhouette longiligne et sourire réservé, Gaetan Basile incarne plutôt bien la force tranquille. Lorsqu’on le retrouve pour parler de sa première place aux concours des ECNi sur plus de 9000 candidats, le Landais de 23 ans, auréolé de la réussite, répond avec calme et simplicité. Sans jamais s’enflammer.

Fumagilline, itinéraire d’une réapparition

L’information a été reprise par plusieurs médias. Pour soigner un jeune patient, les Hospices Civils de Lyon ont recréé un médicament disparu de la circulation : la fumagilline. Si ce dernier fait office de remède miracle, sa fabrication tient davantage de l’abnégation des équipes du CHU qui, à l’heure actuelle, se battent pour en pérenniser la production.