Revue de presse-Novembre 2020: au cœur de la 2e vague de l’épidémie, la vaccination annoncée…

Alors que le deuxième déconfinement "progressif" a commencé le 28 novembre, les médias reviennent sur l’impact de la pandémie à l’hôpital tout en mettant en lumière l’espoir d’une vaccination prochaine.

Alors que le deuxième déconfinement "progressif" a commencé le 28 novembre, les médias reviennent sur l’impact de la pandémie à l’hôpital tout en mettant en lumière l’espoir d’une vaccination prochaine.
Le 24 novembre, Emmanuel Macron a donné les grandes lignes d’un déconfinement progressif dès le 28 novembre. Comme le souligne le Quotidien du médecin, « Emmanuel Macron s’est également exprimé sur l’arrivée prochaine des vaccins contre le Covid-19. « Certains (vaccins) seront disponibles dès la fin décembre, début janvier, et une seconde génération arrivera au printemps », a-t-il déclaré, assurant que la France, avec l’Union européenne avait «sécurisé le nombre de doses nécessaires

Dès le lendemain de l’intervention présidentielle, d’autres sujets font débat comme l’isolement des malades de la Covid-19. Pour Axel Kahn, c’« est une obligation ». Le 25 novembre, il déclare dans Libération : «Il faut mettre à disposition des personnes infectées des lieux de vie agréables. Et surtout demander des compensations financières au fait de rester chez soi. Il faut également solliciter les collectivités territoriales. Cela demande des moyens supplémentaires. Mais dans la folie de cette épidémie, le gouvernement a dépensé sans compter : par rapport à d’autres mesures, celle-ci n’est pas épouvantable. Si ces conditions sont réunies, il est impératif d’isoler ces personnes. Cela peut durer cinq jours, suivis de tests antigéniques : si les résultats sont négatifs, la personne pourra sortir de son isolement. On peut régler ce problème en une ou deux semaines et je pense que ce sera accepté comme une mesure d’urgence. Pour cela, il faut commencer dès maintenant à créer les conditions d’acceptation de la mesure

Vécus inédits

En ce mois de novembre, plusieurs journaux ou radios ont témoigné du vécu des hospitaliers en cette période inédite. Le 24 novembre, Le Monde propose «La deuxième vague de Covid-19 vue de l’hôpital Bichat» et évoque l’interdiction des rituels de fin de vie : «Voir une dernière fois le visage, cela n’est malheureusement pas possible». «Toutes les personnes considérées comme contagieuses sont, à leur décès, placées dans une housse blanche hermétique, puis dans un cercueil scellé. Dans les petits salons lambrissés de bois sombre où les familles peuvent se recueillir, on les repère au petit bracelet en plastique attaché à la poignée dorée. Identique à celui que les malades portent tout au long de leur séjour, il comprend un numéro d’identification unique pour éviter tout risque de confusion.»

Les équipes de France Bleu ont quant à elles suivi l’équipe de réanimation de l’hôpital de Valenciennes qui le 24 novembre «fait face malgré la fatigue»
« Si le nombre d’hospitalisation baisse,la situation est encore tendue en réanimation. Depuis mars, les soignants sont sur le front, la fatigue commence à se faire sentir, et pour tenir le coup, ils peuvent compter sur l’union des équipes».

Le 23 novembre 2020, My Canal a également proposé « Mission Covid, une immersion dans un hôpital militaire au plus fort de la crise». «C’est un hôpital qu’il a fallu réorganiser de fond en comble». Tourné durant toute la première vague du Covid-19, au printemps 2020, le documentaire Mission Covid de Fabien Lemaire suit le quotidien de l’hôpital d’instructions des armées de Percy (Clamart, Hauts de Seine). Un établissement militaire transformé en un temps record en un centre pour les patients atteints du Covid. Son équipe de 1300 personnes, des médecins aux aide-soignants en passant par les cuisiniers ou les brancardiers, a dû se redéployer pour affronter cet «ennemi invisible» et «sauver des vies

A lire également sur infirmiers.com « Covid-19 : quid de la santé mentale des soignants». «Les deux confinements, et plus largement l’ambiance générale dans laquelle sont plongés les Français depuis le début de la crise de Covid-19, portent un coup dur au moral. Plusieurs études en cours observent comment les troubles psychiques, combinés à d’autres facteurs antérieurs à la crise, influent sur la santé mentale des Français. Tous sont potentiellement concernés, cependant les professionnels de santé se retrouvent en première ligne.»

Colères

Cette crise a aussi exacerbé les tensions. Le 25 novembre, La Provence évoque «La colère des élèves infirmiers, symbole du malaise à l’hôpital» à Marseille. Près de 250 étudiants venus de tout le département ont manifesté hier, avec le soutien de la CGT, devant le siège de l’ARS à Marseille pour denoncer la suspension de leur formation (…) Près de 250 élèves infirmiers sont en train de manifester. Ces étudiants en 2e année venus de tout le département protestent contre la suspension de leur formation afin de se porter volontaires pour renforcer les services hospitaliers touchés par la deuxième vague de Covid-19. Point par point, Younes, 22 ans, démonte la mesure. D’une part car elle génère «une perte d’apprentissage néfaste à notre formation» D’autre part parce qu’«elle risque de nous mettre en difficulté financière». «Avec la suspension des cours, poursuit le Martégal, les bourses d’étude sont pour le moment suspendues. Nous n’avons pas encore la garantie de les toucher».

Le 21 novembre, c’est le Quotidien Le Monde qui évoquait les soignants qui quittent l’hôpital en pleine deuxième vague «écœurés par le système», «Infirmiers ou aide-soignante, pour eux, la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 a constitué la goutte d’eau: ils ont décidé de se reconvertir, plus ou moins loin de leur vocation».

«L’hôpital souffre d’un manque d’organisation davantage qu’un manque de moyens», titre pour sa part Le Figaro, le 24 novembre qui donne la parole à Clara Desportes, infirmière en bloc opératoire pour qui « énormément de dépenses inutiles ont lieu dans les hôpitaux à cause d’un manque d’organisation interne. Selon elle, il est également regrettable que beaucoup d’hôpitaux soient devenus dépendants des agences d’intérim»…
Hélène Delmotte

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Au chevet des brûlés

Il y a quinze jours, nous mettions en ligne notre reportage vidéo tourné au centre de traitement des brûlés du CHU de Nantes, l’un des huit en France à prendre en charge les adultes comme les enfants. Dans ce service, une dizaine de métiers et d’expertises se mêlent au quotidien. Nous associons aujourd’hui les mots à l’image pour mieux rendre compte de ce qu’implique le soin de la brûlure, une pathologie répandue (400 000 personnes touchées tous les ans), complexe dans sa prise en charge, violente pour les corps et les esprits. Reportage.

Arrêt cardiaque : être préparé pour sauver demain

Dans les locaux du SAMU 44 (CHU de Nantes), le Centre d’Enseignement aux Soins d’Urgences (CESU) forme les professionnels de santé aux gestes et soins d’urgence. Il y a quelques semaines, nous avons suivi une matinée intense de formation à destination d’étudiants en troisième année de médecine, centrée sur l’arrêt cardiaque. Reportage.

Renaissance des urgences de Jeanne de Flandre

Le CHU de Lille inaugure ce mois-ci ses nouvelles urgences gynécologiques et obstétricales, situées au sein de l’Hôpital Mère-Enfant Jeanne de Flandre. Au-delà de la rénovation du service, c’est l’ensemble de la prise en charge des patientes qui a été rebâtie. Un atout de plus à destination de la femme, du nouveau-né ou de l’enfant.