Saint-Etienne sur la piste de vaccins muqueux contre le HIV et certaines maladies inflammatoires intestinales

Une équipe stéphanoise vient de marquer un essai dans l’immunité antivirale, une avancée qui ouvre la voie à de nouveaux vaccins muqueux qui protègeraient du sida et traiteraient des maladies inflammatoires intestinales comme la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.

Une équipe stéphanoise vient de marquer un essai dans l’immunité antivirale, une avancée qui ouvre la voie à de nouveaux vaccins muqueux qui protègeraient du sida et traiteraient des maladies inflammatoires intestinales comme la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.
 
Le Dr Stéphane Paul, le Pr Christian Genin et le Pr Frédéric Lucht* du CHU de Saint-Etienne viennent de publier les résultats encourageants dans la prestigieuse revue « Plos Biology ». Les deux chercheurs tentent notamment d’induire une immunité antivirale au niveau de la muqueuse intestinale qui représente un réservoir important du virus HIV. Ce type de vaccin prophylactique et thérapeutique pourrait permettre de limiter l’infection et la propagation du virus.
 
La première étape de leurs travaux portait sur la protection d’un vaccin par voie muqueuse pour qu’il ne soit pas dégradé par l’environnement intestinal. Ils ont ensuite cherché un vecteur accélérant le passage du vaccin au travers de la muqueuse de l’intestin afin de préserver son efficacité. Ils ont  alors constaté que les anticorps appelés IgA sécrétoires avaient la capacité de traverser facilement et spécifiquement l’intestin tout en stimulant la réponse immunitaire de l’organisme. Les scientifiques sont arrivés à démontrer l’existence de récepteurs spécifiques des IgA sécrétoires à la surface de certaines cellules de l’intestin. Ce nouveau mécanisme mis à jour faciliterait la prise en charge de vaccins par voie muqueuse contre de nombreux agents pathogènes.
 
Cette découverte pourrait s’avérer efficace dans le traitement d’autres maladies inflammatoires chroniques de l’intestin – MICI (maladie de Crohn et Rectocolite Hémorragique). Les spécialistes ignorent encore la cause de l’inflammation intestinale mais savent que la perméabilité de l’intestin entraîne de nombreuses réactions inflammatoires. Les IgA sécrétoires pourraient participer à ce processus et faciliter le transport des bactéries à travers la muqueuse. Cette problématique fait l’objet d’une étude menée conjointement avec une équipe de recherche d’Oxford dans laquelle travaille un ancien doctorant du GIMAP (Dr Nicolas Rochereau) et le service de Gastro- Entérologie du CHU de Saint-Etienne, reconnu pour son expertise dans la prise en charge des MICI. Leurs travaux pourraient améliorer la compréhension de ces maladies et ainsi ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques.

*Le Dr Stéphane Paul, le Pr Christian Genin et le Pr Frédéric Lucht* mènent des recherches au sein du Groupe sur l’Immunité des Muqueuses et Agents Pathogènes (GIMAP) de la Faculté de Médecine de l’Université Jean Monnet et du Centre d’Investigation Clinique (CIC) spécialisé dans la vaccination.
Ce centre bénéficie d’une labellisation au niveau national par le Réseau REVAC, qui regroupe 11 CHU, pour le suivi immunologique de l’efficacité de tous les vaccins.

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Fumagilline, itinéraire d’une réapparition

L’information a été reprise par plusieurs médias. Pour soigner un jeune patient, les Hospices Civils de Lyon ont recréé un médicament disparu de la circulation : la fumagilline. Si ce dernier fait office de remède miracle, sa fabrication tient davantage de l’abnégation des équipes du CHU qui, à l’heure actuelle, se battent pour en pérenniser la production.

Dossier : L’endométriose

En Janvier 2022, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, maladie gynécologique mieux connue depuis quelques années et qui touche aujourd’hui une femme sur dix. Notre dossier.

Urgences : “La régulation médicale apparaît comme une solution pertinente pour garantir la qualité de la prise en charge”

Responsable d’une “mission flash” d’un mois pour les urgences – déjà contestée par plusieurs organisations qui craignent un énième rapport sans réelle traduction en actes -, François Braun était présent quelques jours auparavant au Salon Santexpo pour parler du Services d’accès aux soins. Le Chef du pôle Urgences santé mentale au CHR de Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France voit dans le SAS, déjà déployé sur vingt-deux sites pilotes en France, qu’il une solution de désengorgement efficace des urgences. Explications.