Schizophrénie et douleur physique chronique : 1 patient sur 5 rapporte des niveaux modérés à sévères

C’est le résultat d’une étude incluant 468 patients du réseau national des centres experts schizophrénie portés par la fondation FondaMental*. Il s’agissait de connaître la proportion de patients avec schizophrénie stabilisée se plaignant de douleurs physiques modérées à sévères, ainsi que les facteurs associés. Résultat : 1 patient sur 5 souffre de douleurs physiques chroniques. Cette découverte vient contrecarrer un certain nombre d’hypothèses qui avançaient que la personne avec schizophrénie était moins sensible à la douleur que les autres malades psychiatriques. L’information a été rendue publique à l’occasion de la publication d’un article dans la revue « Progress in Neuropsychopharmacology & Biological Psychiatry ».
C’est le résultat d’une étude incluant 468 patients du réseau national des centres experts schizophrénie portés par la fondation FondaMental*. Il s’agissait de connaître la proportion de patients avec schizophrénie stabilisée se plaignant de douleurs physiques modérées à sévères, ainsi que les facteurs associés. Résultat : 1 patient sur 5 souffre de douleurs physiques chroniques. Cette découverte vient contrecarrer un certain nombre d’hypothèses qui avançaient que la personne avec schizophrénie était moins sensible à la douleur que les autres malades psychiatriques. L’information a été rendue publique à l’occasion de la publication d’un article dans la revue « Progress in Neuropsychopharmacology & Biological Psychiatry ». 
A Marseille, ce sont les Pr Laurent Boyer et le Dr Guillaume Fond du service d’information médicale de l’AP-HM ainsi que le Pr Christophe Lancon et le Dr Catherine Faget du pôle psychiatrie de l’hôpital de la Conception qui ont contribué à cette étude baptisée “Self-reported pain in patients with schizophrenia". « On pensait jusque-là que les patients atteints de schizophrénie étaient moins douloureux que les autres patients psychiatriques » explique le Dr Fond. Il rappelle que plusieurs études ont suggéré que les patients souffrant de schizophrénie avaient des seuils de douleur augmentés, les rendant plus insensibles à la douleur physique. Des explications neurobiologiques avaient été évoquées pour expliquer ce phénomène. « Or, l’étude “Self-reported pain in patients with schizophrenia” révèle que cette fréquence élevée est associée à des niveaux plus élevés de migraine, d’anxiété, de dépression et de traumatismes dans l’enfance, ce qui ouvre de nouvelles pistes thérapeutiques » résume le médecin. 
Les 468 patients inclus dans l’étude étaient stabilisés, âgés en moyenne de 32 ans et consultaient dans 110 centres experts schizophrénie. 22% ont rapporté des douleurs modérées à sévères. Cette douleur était associée de façon indépendante à la migraine, à l’anxiété, à la dépression et aux traumatismes dans l’enfance. Le sexe, les caractéristiques de la schizophrénie (symptômes, âge de début…) et les traitements psychotropes des patients ont été pris en compte. 
Ces résultats suggèrent donc qu’un patient sur cinq, consultant en centre expert, rapporte des douleurs physiques modérées à sévères. Une douleur qui devrait être systématiquement évaluée et traitée. Le traitement de la migraine, de l’anxiété et de la dépression pourrait être une nouvelle stratégie thérapeutique pour améliorer la santé dans cette population. 
*La fondation FondaMental promeut une médecine personnalisée en psychiatrie. Elle réunit des centres experts schizophrénie qui sont associés à des projets de recherche. 

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