Tours : du neuf pour la néonatologie

Le bâtiment nouveau-né sorti de terre sur le site de Bretonneau du CHU de Tours affiche 5 000 m2 de surface construite pour un coût total d’opération est de 24 millions d’euros, toutes dépenses confondues. Il emploie 150 professionnels dédiés à l’accueil des nouveau-nés prématurés, dits « vulnérables », de toute la région Centre-Val de Loire. Le centre regroupe les activités de néonatologie et de réanimation néonatale, ainsi que le centre de nutrition (auparavant situés sur le site de Clocheville) à proximité des activités d’obstétrique. Et son nom vient d'être dévoilé, il s’appellera Professeur Claudine Amiel-Tison, en hommage à cette éminente pédiatre (1929-2013) qui a marqué la néonatalogie française.
Le bâtiment nouveau-né sorti de terre sur le site de Bretonneau du CHU de Tours affiche 5 000 m2 de surface construite pour un coût total d’opération est de 24 millions d’euros, toutes dépenses confondues. Il emploie 150 professionnels dédiés à l’accueil des nouveau-nés prématurés, dits « vulnérables », de toute la région Centre-Val de Loire. Le centre regroupe les activités de néonatologie et de réanimation néonatale, ainsi que le centre de nutrition (auparavant situés sur le site de Clocheville) à proximité des activités d’obstétrique. Et son nom vient d’être dévoilé, il s’appellera Professeur Claudine Amiel-Tison, en hommage à cette éminente pédiatre (1929-2013) qui a marqué la néonatalogie française.
Les nouveau-nés prématurés accueillis en néonatologie souffrent de difficultés à s’adapter correctement à la vie extra-utérine, d’une pathologie ou d’une malformation congénitale compromettant leur autonomie ou nécessitant une prise en charge spécifique (photothérapie, antibiothérapie, surveillance scopée…). La réanimation, les soins intensifs et les soins continus néonatals font partie intégrante des recours qui composent ce accueil de haut niveau. D’un point de vue réglementaire, ce projet permet la totale mise en conformité avec les exigences d’une maternité de type III qui doit disposer d’une réanimation néonatale à proximité directe.
L’une des clés de l’efficacité des soins dispensés aux prématurés repose sur l’implication des parents qui leur permet de mieux comprendre les comportements de leur enfant. Une réalité prise en compte dans la conception du nouveau bâtiment. Ce lien parents-enfants est la colonne vertébrale architecturale du projet qui permet aux parents de séjourner auprès de leur bébé dans de bonnes conditions : espaces et équipements dédiés dont certains ont été financés avec le soutien de l’opération « Pièces Jaunes » de la Fondation des hôpitaux de Paris – Hôpitaux de France. Ainsi, les chambres d’enfant sont équipées d’un lit adulte, chaque étage dispose de douches et de sanitaires et de grands vestiaires pour y déposer des effets personnels. Un salon d’allaitement confortable est accessible à tous les niveaux où des espaces conviviaux sont à disposition dans un aménagement sécurisé et favorisant la sérénité. Enfin, un lieu de vie collectif de plus de 50 M2, avec espace repas et coin détente, peut également accueillir ponctuellement des réunions d’information thématiques sur l’allaitement, les conseils de sortie ou les associations de parents de prématurés. 
Le nouveau bâtiment offre un accueil plus large des nouveau-nés relevant de soins de réanimation – 16 lits au lieu de 11. Sur place, une chambre interventionnelle proche des conditions d’un bloc opératoire recevra des enfants nécessitant une chirurgie et ne pouvant être déplacés. La proximité avec le service d’obstétrique et des salles de naissance évite les transferts dès les premiers jours de vie et améliore la coordination obstétrico pédiatrique à la période pré et per-natale. L’accueil dans des locaux plus modernes, fonctionnels, limitant les stimulations neurosensorielles excessives, est en accord avec les standards de soins actuellement validés en néonatologie.
En rapprochant les services de néonatalogie de la maternité, les mamans restent proches de leur enfant après la naissance. L’ensemble des chambres est classé ISO 8 avec un traitement d’air spécifique. Le Lactarium (+ de 100 000 biberons par an) et le Centre de nutrition néonatale ont également été transférés dans de nouveaux locaux d’une capacité d’accueil d’une quarantaine d’enfants.
De fait, cette implication parentale devenue une véritable opportunité partenariale fait évoluer les pratiques des professionnels de santé. Une conception innovante des soins qui vient enrichir des compétences pédiatriques de haut niveau du CHU de Tours. L’établissement propose un large panel de surspécialités pour l’ensemble des pathologies du nouveau-né qui en font un centre de référence régional : expertises en cardiologie, chirurgie cardio-vasculaire, ORL, neurochirurgie, ophtalmologie, métabolique, néphrologie et chirurgie viscérale. D’autre part, des activités de formation par la simulation médicale et des travaux de recherche sur le cerveau en développement sont implantés dans le service.

Professeur Claudine AMIEL-TISON, une personnalité médicale d’exception

Née le 9 septembre 1929, Claudine Amiel-Tison a suivi un internat et un clinicat en pédiatrie à Paris en 1959. Elle a complété sa formation à la Columbia University (USA). En 1962, à son retour en France, elle intègre l’équipe du Pr Alexandre Minkowski de l’unité néonatale et les services de la maternité Baudelocque, de l’hôpital Port-Royal à Paris ; d’où sa parfaite connaissance de l’obstétrique et l’influence qu’elle aura sur les pratiques obstétricales.
Claudine Amiel-Tison commence alors un travail personnel dans une discipline naissante : la neurologie du nouveau-né. Elle s’intéresse aux techniques modernes de réanimation dans le contrôle de la pathologie respiratoire du nouveau-né. Ces travaux constitueront le point de départ d’un ensemble d’études qu’elle mènera, avec le souci constant d’améliorer la santé, le développement et la qualité de vie des enfants à risque de séquelles neurologiques. 
En 1968, elle prend la direction du centre néonatal de la maternité de Port-Royal, proche du service de réanimation nouvellement créé. Sa contribution à la conception de la méthode d’évaluation neurologique du nouveau-né et du jeune enfant restera gravée dans la mémoire de plusieurs générations de néonatologistes, pédiatres, neurologues, sages-femmes et professionnels de la réadaptation.
Elle passe la deuxième partie de sa carrière comme Directeur de recherche de à l’INSERM, période pendant laquelle elle simplifie l’examen neurologique et le diffuse aux pédiatres et aux néonatologistes. 
Parmi l’ensemble de ses publications, trois livres résument son travail : La surveillance neurologique au cours de la première année (1985), Démarche en neurologie du développement (2004) et Les pathologies périnatales et leurs conséquences (2010). Madame Claudine Amiel-Tison est décédée le 7 décembre 2013.

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