UCC : la vie en quête d’harmonie !

Pour prendre en charge les personnes âgées atteintes de troubles cognitifs sujettes à l’agitation, l’angoisse ou la perte d’intérêt, le CHU de Nancy vient d’ouvrir une Unité Cognitivo-Comportementale (UCC) où elles peuvent séjourner 4 semaines environ encadrées par une équipe de professionnels spécialisés. Ce n’est ni un lieu de consultation, ni un lieu de diagnostic … mais un vrai lieu de vie où tout a valeur de soin. Sollicités et stimulés à travers des temps d’échange, des activités ou des séances d’ateliers spécifiques réminiscence, orthophonie, ergothérapie, le patient reprend peu à peu confiance en lui et en ses capacités. Le but ultime d’un tel séjour est de lui permettre de réintégrer son cadre de vie (au domicile ou en maison de retraite) l’esprit serein et apaisé.

Pour prendre en charge les personnes âgées atteintes de troubles cognitifs sujettes à l’agitation, l’angoisse ou la perte d’intérêt, le CHU de Nancy vient d’ouvrir une Unité Cognitivo-Comportementale (UCC) où elles peuvent séjourner 4 semaines environ encadrées par une équipe de professionnels spécialisés. Ce n’est ni un lieu de consultation, ni un lieu de diagnostic … mais un vrai lieu de vie où tout a valeur de soin. Sollicités et stimulés à travers des temps d’échange, des activités ou des séances d’ateliers spécifiques réminiscence, orthophonie, ergothérapie, le patient reprend peu à peu confiance en lui et en ses capacités. Le but ultime d’un tel séjour est de lui permettre de réintégrer son cadre de vie (au domicile ou en maison de retraite) l’esprit serein et apaisé. L’UCC joue un rôle multiple : déceler les capacités des patients, mettre en évidence les stratégies adaptées pour palier leurs difficultés autant que possible, à travers leurs activités privilégiées. Aidants et professionnels informés de ces constats sont invités à les mettre en pratique avec les patients.
Depuis novembre 2011, l’UCC du CHU de Nancy accueille 11 patients atteints de troubles cognitifs et présentant des troubles du comportement, qu’il s’agisse de pathologies cérébrales ou neurodégénératives au premier rang desquelles la maladie d’Alzheimer. L’ouverture de l’UCC est une mesure phare du Plan Alzheimer. En Lorraine, le plan prévoit l’ouverture de 5 unités de ce type : financement des professionnels spécialisés, octroi d’un budget pour aménager des lieux dédiés (protection, sécurité, chambres individuelles et espaces collectifs). Au CHU de Nancy, la réflexion est en cours pour adapter certains locaux de l’hôpital St Julien à la mise en place d’activités permettant à ces patients de bien identifier le lieu « où vivre en journée » et le lieu « où dormir la nuit. »

Le choix d’une hospitalisation  en UCC s’appuie sur le constat du mal être des personnes présentant des troubles cognitifs sur leur lieu de vie (domicile, EHPAD ou maison de retraite) et de leurs aidants. L’admission dans l’unité vise à trouver une réponse adaptée à leurs difficultés cognitives et comportementales quotidiennes (mémoire, langage, anxiété, dépression…). Le malaise originel peut s’exprimer de différentes manières comme en témoigne le Dr Thérèse Jonveaux, chef du service Soins de suite et soins palliatifs : «  Les troubles du comportement sont divers et variés. A nous de les comprendre, d’en déceler le point de départ. Il peut s’agir d’un patient qui manifeste une peur bleue face à son reflet dans un miroir. En fait, il n’a peut-être plus la capacité de reconnaître son propre visage. »

Une fois adressés au CMRR par leur médecin et le diagnostic précisé les capacités des patients sont évaluées au cours d’une consultation de pré admission. A partir de là, un projet est établi, qui comporte éventuellement une hospitalisation à l’UCC pour une durée moyenne de 4 semaines. Avant d’intégrer l’Unité, il faut mieux connaître le patient et sa famille peut être mise à contribution. A cette occasion, une fiche de recueil de ses habitudes de vie et de ses activités est remplie avec la neuropsychologue, afin de proposer un programme d’activités adaptées à ses besoins.

Au cours de la première semaine d’hospitalisation, le patient est évalué et ses réactions sont prises en compte afin d’adapter un projet de soin spécifique. L’équipe essaie de trouver ce que le patient sait encore faire et les activités qu’il aime encore pratiquer. Bien souvent, dans sa vie quotidienne l’attitude de son environnement est inverse. La répétition de phrases soulignant son échec comme « Tu t’es trompé, tu as encore oublié »  favorise sa perte de confiance en lui et provoque son agitation ou son repli sur elle-même. Les deux semaines suivantes sont centrées sur la prise en soins spécifique, avec des ateliers de réhabilitation cognitive encadrés par l’équipe spécialisée pluridisciplinaire et des ateliers occupationnels animés par l’équipe soignante. La dernière semaine est centrée sur la préparation de la sortie et la communication des observations aux aidants familiaux et professionnels.

Le Dr Bruno Bouvel, psychiatre intégré à l’équipe depuis l’ouverture de l’UCC, estime que le dialogue est primordial pendant ces 4 semaines : « Il ne s’agit pas d’entretiens habituels comme en psychiatrie classique, mais de recueillir les impressions des patients quand on les croise, quand ils sont enclins à parler, à exprimer leurs ressentis. » Le psychiatre élabore, conjointement avec l’ensemble de l’équipe un projet de vie qui comporte un volet social : si une entrée en institution est prévue, il convient par exemple de réfléchir à la structure la mieux adaptée à chaque cas. Le Dr Thérèse Jonveaux se souvient « Nous avons eu le cas d’un monsieur qui était battu par les autres résidants en maison de retraite. Il s’avérait qu’il allait de chambre en chambre prenant les goûters des patients. Il est venu faire un séjour au CHU de Nancy : dès qu’un membre de l’équipe soignante le croisait errant en dehors de sa chambre, il le guidait vers le jardin thérapeutique. Peu à peu, ce monsieur a mémorisé le trajet jusqu’au parc et passait désormais des heures à flâner dans les allées, plutôt que d’aller grignoter dans les chambres voisines. La conclusion de l’équipe de l’UCC a été claire pour l’avenir de ce patient : il lui fallait être accueilli dans un lieu disposant d’espaces de promenades, et pourquoi pas d’un jardin sécurisé. » Autre cas : celui de ce monsieur hébergé en maison de retraite qui avait adopté un comportement déplacé et désinhibé vis-à-vis des soignantes. Les professionnels se sont rendus compte que ces troubles du comportement venaient du fait qu’il interprétait la familiarité de certaines soignantes, « Venez Paul, on va se déshabiller, on va aller au lit. », comme de potentielles invitations sexuelles au moment du coucher. L’UCC est là aussi pour conseiller les professionnels et leur expliquer notamment comment éviter toute ambiguïté.

L’équipe de l’UCC use de toutes les ressources pour redonner confiance aux patients comme l’explique le Dr Jonveaux : « Une fonction défaillante chez un patient peut être suppléée par une autre. » Ainsi, au cours d’une activité tricot, certaines patientes se sont véritablement révélées. « Des personnes avec des troubles majeurs, dont on aurait jamais pensé qu’elles pourraient le faire, ont retrouvé les gestes du tricot et ont retrouvé instinctivement les phrases des comptines de leur enfance « Une maille à l’endroit, une maille à l’envers, je passe le fil. » » Au CHU de Nancy, les 11 patients accueillis à l’UCC rejoignent parfois les personnes prises en charge en Soins de Suite et Réadaptation pour des spectacles, des projets, des ateliers. Bien avant que le plan Alzheimer ne le prévoie, le service avait choisi d’initier des ateliers transgénérationels visant à préserver et renforcer les liens d’une personne malade avec ses proches. « Lors de ces rencontres, les soignants et les psychologues se consacrent plus aux patients qui ont des troubles du comportement. Finalement, les patients UCC réussissent à s’intégrer à d’autres personnes autour d’une activité » explique la chef du service. En somme, un  pas vers l’autre.

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Au chevet des brûlés

Il y a quinze jours, nous mettions en ligne notre reportage vidéo tourné au centre de traitement des brûlés du CHU de Nantes, l’un des huit en France à prendre en charge les adultes comme les enfants. Dans ce service, une dizaine de métiers et d’expertises se mêlent au quotidien. Nous associons aujourd’hui les mots à l’image pour mieux rendre compte de ce qu’implique le soin de la brûlure, une pathologie répandue (400 000 personnes touchées tous les ans), complexe dans sa prise en charge, violente pour les corps et les esprits. Reportage.

Arrêt cardiaque : être préparé pour sauver demain

Dans les locaux du SAMU 44 (CHU de Nantes), le Centre d’Enseignement aux Soins d’Urgences (CESU) forme les professionnels de santé aux gestes et soins d’urgence. Il y a quelques semaines, nous avons suivi une matinée intense de formation à destination d’étudiants en troisième année de médecine, centrée sur l’arrêt cardiaque. Reportage.

Renaissance des urgences de Jeanne de Flandre

Le CHU de Lille inaugure ce mois-ci ses nouvelles urgences gynécologiques et obstétricales, situées au sein de l’Hôpital Mère-Enfant Jeanne de Flandre. Au-delà de la rénovation du service, c’est l’ensemble de la prise en charge des patientes qui a été rebâtie. Un atout de plus à destination de la femme, du nouveau-né ou de l’enfant.