Un centre de simulation pour diagnostiquer, analyser et corriger les erreurs médicales

A l’hôpital, 40% des incidents sont d’origine humaine et 7 fois sur 10 l’erreur est due à la mauvaise application de protocoles connus. « En 2009, le Professeur Juvin avait provoqué une levée de boucliers en annonçant que 10 000 décès par an étaient liés à des erreurs médicales. En 2011, le dernier rapport de la DRESS évoque quelques 325 000 évènements indésirables graves dont une part importante dépend de facteurs humains » rappelle le Dr Pierre ROSTINI, directeur médical du Centre d’enseignement des soins d’urgence (CESU). Reconnaître l’existence de tels dysfonctionnements requiert la mise en oeuvre de mesures correctrices. Parmi elles, l’apprentissage par la simulation oblige les professionnels à réviser les procédures complexes ; une répétition indispensable et grandeur nature qui va limiter les erreurs. Telle est la vocation du centre de simulation de l’AP-HM, un des 7 Centres d’Enseignement des Soins d’Urgence(CESU) français et le seul a être rattaché à un service hospitalier, en l’occurrence le pôle d’activités médicales RUSH (Réanimation – Urgences – Samu – Hyperbarie)

A l’hôpital, 40% des incidents sont d’origine humaine et 7 fois sur 10 l’erreur est due à la mauvaise application de protocoles connus. « En 2009, le Professeur Juvin avait provoqué une levée de boucliers en annonçant que 10 000 décès par an étaient liés à des erreurs médicales. En 2011, le dernier rapport de la DRESS évoque quelques 325 000 évènements indésirables graves dont une part importante dépend de facteurs humains »  rappelle le Dr Pierre ROSTINI, directeur médical du Centre d’enseignement des soins d’urgence (CESU). Reconnaître l’existence de tels dysfonctionnements requiert la mise en oeuvre de mesures correctrices. Parmi elles, l’apprentissage par la simulation oblige les professionnels à réviser les procédures complexes ; une répétition indispensable et grandeur nature qui va limiter les erreurs. Telle est la vocation du centre de simulation de l’AP-HM, un des 7 Centres d’Enseignement des Soins d’Urgence(CESU) français et le seul a être rattaché à un service hospitalier, en l’occurrence le pôle d’activités médicales RUSH (Réanimation – Urgences – Samu – Hyperbarie)
« Si l’erreur est inacceptable pour le patient souligne le Dr Pierre Rostini elle est aussi profondément déstabilisante pour le soignant. »  Pour acquérir les bons réflexes, les gestes d’urgence qui sauvent, les apprenants  sont d’emblée soumis à des exercices pratiques. Les tests s’effectuent sur des mannequins (adulte et bébé) programmés par un formateur et suivies d’un débriefing. Ces formations en immersion dans une réalité virtuelle mobilisent le leadership, la communication et le travail en équipe, conditions essentielles pour maîtriser les situations critiques.
La démarche s’inspire des formations dispensées dans de l’aéronautique ou le nucléaire et prend en compte l’ensemble des composantes du management des situations de crise : la communication, l’expression du leadership, le control par check list et la priorisation des actes à entreprendre.
 
Ces formations vont être promues au niveau régional et plus largement dans la zone Euro-Méditerranée. Elles vont contribuer à renforcer la qualité de la prise en charge et la sécurité des patients dans les établissements de santé.  « Ce centre apportera toutes les garanties de formation pour le personnel et permettra de renforcer la politique sécuritaire du parcours de soins afin de la rehausser au niveau d’excellence de ses pratiquants. »  estime le Dr Rostini. Son développement témoigne de l’engagement l’AP-HM en faveur de la qualité des soins et de la gestion des risques, au service des patients qui lui font confiance. 

Chiffres clés du centre de simulation

Créé en juin 1987, réorganisé en septembre 2007
Directeur médical : Dr Pierre Rostini
Rattaché au pôle Réanimation-Urgences-Samu-Hyperbarie de l’AP-HM en 2008 : directeur Pr Auffray
Effectifs : 4 infirmiers(eres) formateurs permanents – IDE – IADE (spécialisés Anesthésie Réanimation) titulaires de diplôme de Pédagogie
1 secrétaire
47 formateurs occasionnels
Actions de formations
Formations spécifiques
Prise en charge de l’arrêt cardiaque intra hospitalier,  gestes d’urgences en cabinet dentaire…
187 formateurs d’Attestation de Formations aux Gestes et Soins d’Urgences (AFGSU) de la région PACA17 000 AFGSU délivrées depuis 2007Plus de 20 000 heures de formations assurées en 2010

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Au chevet des brûlés

Il y a quinze jours, nous mettions en ligne notre reportage vidéo tourné au centre de traitement des brûlés du CHU de Nantes, l’un des huit en France à prendre en charge les adultes comme les enfants. Dans ce service, une dizaine de métiers et d’expertises se mêlent au quotidien. Nous associons aujourd’hui les mots à l’image pour mieux rendre compte de ce qu’implique le soin de la brûlure, une pathologie répandue (400 000 personnes touchées tous les ans), complexe dans sa prise en charge, violente pour les corps et les esprits. Reportage.

Arrêt cardiaque : être préparé pour sauver demain

Dans les locaux du SAMU 44 (CHU de Nantes), le Centre d’Enseignement aux Soins d’Urgences (CESU) forme les professionnels de santé aux gestes et soins d’urgence. Il y a quelques semaines, nous avons suivi une matinée intense de formation à destination d’étudiants en troisième année de médecine, centrée sur l’arrêt cardiaque. Reportage.

Renaissance des urgences de Jeanne de Flandre

Le CHU de Lille inaugure ce mois-ci ses nouvelles urgences gynécologiques et obstétricales, situées au sein de l’Hôpital Mère-Enfant Jeanne de Flandre. Au-delà de la rénovation du service, c’est l’ensemble de la prise en charge des patientes qui a été rebâtie. Un atout de plus à destination de la femme, du nouveau-né ou de l’enfant.