Découverte d’un nouveau gène de myopathie au CHU de Nantes

Un nouveau gène, FAM111B, vient d’être identifié par l’équipe du service de génétique médicale du CHU de Nantes (Pr Bézieau) en collaboration avec une équipe sud-africaine (Pr Mayosi) et anglaise (Pr Keavney) dans un nouveau syndrome associant une atteinte cutanée, musculaire et pulmonaire*.
Un nouveau gène, FAM111B, vient d’être identifié par l’équipe du service de génétique médicale du CHU de Nantes (Pr Bézieau) en collaboration avec une équipe sud-africaine (Pr Mayosi) et anglaise (Pr Keavney) dans un nouveau syndrome associant une atteinte cutanée, musculaire et pulmonaire*.
Tout a commencé au CHU de Nantes lorsque le Dr Sandra Mercier, généticienne, a diagnostiqué ce nouveau syndrome chez un garçon suivi à la fois en dermatologie par le Dr Sébastien Barbarot et à la consultation multidisciplinaire des maladies neuromusculaires du CHU de Nantes. En effet, cet enfant présentait une atteinte de la peau dite de « poikilodermie congénitale» qui touche principalement le visage et les zones exposées au soleil, ainsi que des signes de myopathie apparus à l’âge de 6 ans.

Une étude par séquençage d’exome complet – nouvelle technologie permettant de séquencer l’ensemble des gènes d’un individu – a été réalisée chez ce patient et ses parents au sein du service de génétique médicale sous la responsabilité du Pr Stéphane Bézieau, chef de service. Les données analysées par le Dr Sébastien Küry, vétérinaire et généticien, ont permis d’identifier une mutation dans un gène candidat, FAM111B.

En collaboration avec l’équipe sud-africaine du Pr Bongani Mayosi qui avait suggéré l’existence de ce syndrome en 2006 à propos d’un cas familial, et l’équipe anglaise du Pr Bernard Keavney, des mutations de ce même gène ont été mises en évidence chez les personnes malades de cette première famille décrite. Ces résultats ont donc permis de confirmer que le gène FAM111B était bien impliqué dans ce syndrome. Depuis, l’équipe du Pr Bézieau a confirmé ce diagnostic chez six autres patients suivis en France et présentant des signes plus ou moins sévères de la maladie.

Cette découverte vient de faire l’objet d’une publication le 21 novembre 2013 dans « The American Journal of Human Genetics** », une des plus prestigieuses revues internationales de génétique médicale.

Les retombées de cette avancée sont importantes pour les patients en termes de conseil génétique et de prise en charge. À l’heure actuelle, la fonction du gène FAM111B reste encore inconnue. Des études fonctionnelles devraient permettre de mieux comprendre les mécanismes physiopathologiques sous-jacents dans l’espoir de proposer des perspectives thérapeutiques à ces patients dans les années à venir.

* poikilodermie héréditaire fibrosante avec rétractions tendineuses, myopathie et fibrose pulmonaire

** Mercier et al., Mutations in FAM111B Cause Hereditary Fibrosing Poikiloderma with Tendon Contracture, Myopathy, and Pulmonary Fibrosis, The American Journal of Human Genetics (2013)

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Dossier : L’endométriose

En Janvier 2022, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, maladie gynécologique mieux connue depuis quelques années et qui touche aujourd’hui une femme sur dix. Notre dossier.

Urgences : “La régulation médicale apparaît comme une solution pertinente pour garantir la qualité de la prise en charge”

Responsable d’une “mission flash” d’un mois pour les urgences – déjà contestée par plusieurs organisations qui craignent un énième rapport sans réelle traduction en actes -, François Braun était présent quelques jours auparavant au Salon Santexpo pour parler du Services d’accès aux soins. Le Chef du pôle Urgences santé mentale au CHR de Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France voit dans le SAS, déjà déployé sur vingt-deux sites pilotes en France, qu’il une solution de désengorgement efficace des urgences. Explications.