Un réseau rhônalpin pour les troubles du comportement alimentaire

Les troubles du comportement alimentaires (TCA)* sont en constante augmentation et concernent aujourd'hui près de 10% des adolescents, en majorité des filles. Des chiffres récents confirment une apparition de plus en plus précoce de ces troubles, dès l'âge de 10 ans. Il s'agit d'une pathologie complexe, sur le plan personnel, familial mais aussi économique.

Les troubles du comportement alimentaires (TCA)* sont en constante augmentation et concernent aujourd’hui près de 10% des adolescents, en majorité des filles. Des chiffres récents confirment une apparition de plus en plus précoce de ces troubles, dès l’âge de 10 ans. Il s’agit d’une pathologie complexe, sur le plan personnel, familial mais aussi économique.

L’unité des troubles du comportement alimentaire du CHU de Saint-Etienne, dont le Pr François Lang est le chef de service et le Dr Guy Carrot est le médecin responsable, collabore depuis des années avec le service d’endocrinologie du Pr B Estour et le service de Pédiatrie B animée par le Dr O Richard. Elle est reconnue comme un centre de référence en Rhône-Alpes. C’est à ce titre que l’unité TCA a initié en 2006 un groupe de travail qui a permis la constitution en mai 2007 d’un réseau régional des TCA regroupant les huit départements de la région Rhône-Alpes.

« Ce réseau a été organisé à partir des centres recours, nous explique le Pr François Lang, car ils rencontrent les mêmes difficultés de coordination des soins et d’orientation des patients ». Les psychiatres et les endocrinologues se sentent « isolés dans cette pathologie » précise également le Pr Bruno Estour, chef du service d’Endocrinologie. Les médecins généralistes, qui sont en première ligne, et les pédiatres sont tout aussi démunis. L’objectif du réseau est donc avant tout de rendre l’accès aux soins plus lisible et plus rapide.

Le réseau a pour ambition d’améliorer la prise en charge des personnes présentant des TCA et, au-delà, de favoriser le dépistage précoce afin d’éviter la chronicité de ces pathologies lourdes qui nécessitent trois ou quatre ans de suivi. Dans un esprit de complémentarité, le réseau intègrera l’ensemble des intervenants des secteurs sanitaires, social et scolaire concernés.

Une compétence reconnue et développée
C’est un défi auquel la Fondation de France** a voulu s’associer en attribuant en 2007 une subvention de 44 000 € afin d’aider à la mise en place de ce réseau, un des premiers réseaux régionaux en France dédié aux TCA !
De longue date, la Fondation de France a toujours soutenu les psychiatres s’occupant des pathologies « oubliées » dont les TCA. Elle s’est tournée particulièrement vers la souffrance des adolescents et a créé le programme Santé des jeunes pour apporter des réponses adaptées aux besoins particuliers de cette population.
Le réseau rhônalpin des TCA, désormais doté du label de reconnaissance de la Fondation de France, devrait être complété d’ici fin 2008, voire début 2009, par la création au CHU de Saint-Etienne d’un Centre d’Investigation des TCA. Cette nouvelle étape sera une grande avancée en matière de lisibilité de l’offre de soins. « Le patient passera d’un parcours semé d’embûches à un parcours fléché », confie le Pr François Lang. Le patient obtiendra ainsi une réponse plus rapide car mieux coordonnée et pourra bénéficier d’une prise en charge pluridisciplinaire dans un même lieu.

*Les TCA sont des perturbations graves du comportement alimentaire qui comprennent deux syndromes spécifiques :
la boulimie : consommation exagérée, rapide et impulsive de nourriture excessive, avec répétition de ces crises, accompagnée d’un sentiment de culpabilité.
l’anorexie restriction volontaire de l’alimentation avec trouble de l’image du corps.

**Depuis 40 ans, la Fondation de France aide les personnes en difficulté en soutenant des projets concrets et innovants.
En 2007, en région Rhône-Alpes, elle a soutenu 614 projets pour un montant de 5,5 millions d’euros, dont 61 projets dans la Loire, pour 410 566 €.
Le programme Santé des jeunes a soutenu 18 projets sur la délégation Rhône-Alpes pour 130 560 €, dont 8 projets sur le département de la Loire, pour 69 772 €.
Pour en savoir plus : www.fondationdefrance.org

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Au chevet des brûlés

Il y a quinze jours, nous mettions en ligne notre reportage vidéo tourné au centre de traitement des brûlés du CHU de Nantes, l’un des huit en France à prendre en charge les adultes comme les enfants. Dans ce service, une dizaine de métiers et d’expertises se mêlent au quotidien. Nous associons aujourd’hui les mots à l’image pour mieux rendre compte de ce qu’implique le soin de la brûlure, une pathologie répandue (400 000 personnes touchées tous les ans), complexe dans sa prise en charge, violente pour les corps et les esprits. Reportage.

Arrêt cardiaque : être préparé pour sauver demain

Dans les locaux du SAMU 44 (CHU de Nantes), le Centre d’Enseignement aux Soins d’Urgences (CESU) forme les professionnels de santé aux gestes et soins d’urgence. Il y a quelques semaines, nous avons suivi une matinée intense de formation à destination d’étudiants en troisième année de médecine, centrée sur l’arrêt cardiaque. Reportage.

Renaissance des urgences de Jeanne de Flandre

Le CHU de Lille inaugure ce mois-ci ses nouvelles urgences gynécologiques et obstétricales, situées au sein de l’Hôpital Mère-Enfant Jeanne de Flandre. Au-delà de la rénovation du service, c’est l’ensemble de la prise en charge des patientes qui a été rebâtie. Un atout de plus à destination de la femme, du nouveau-né ou de l’enfant.