Un TEP pour trois

Un nouveau Tomographe par Emission de Positon (TEP) vient d’être acquis par Groupement de Coopération Sanitaire qui réunit le CHRU de Brest, le Centre Hospitalier Intercommunal de Cornouaille (CHIC) et le cabinet libéral du Dr Fontaine à Quimper. L’enjeu : améliorer l’accès des populations du Finistère Sud à la médecine nucléaire, aux traitements innovants et à l’inclusion dans les protocoles de recherche menés par le CHRU. Le nouvel équipement est installé au CHRU.

Un nouveau Tomographe par Emission de Positon (TEP) vient d’être acquis par Groupement de Coopération Sanitaire qui réunit le CHRU de Brest, le Centre Hospitalier Intercommunal de Cornouaille (CHIC) et le cabinet libéral du Dr Fontaine à Quimper. L’enjeu : améliorer l’accès des populations du Finistère Sud à la médecine nucléaire, aux traitements innovants et à l’inclusion dans les protocoles de recherche menés par le CHRU. Le nouvel équipement est installé au CHRU.  
Compte tenu de la prévalence des pathologies cancéreuses dans le Finistère et de la saturation du TEP de Brest, ce nouveau « TEP hybride » permet d’améliorer le traitement et le diagnostic de nouveaux cancers.
Un traitement de meilleure qualité
L’entrée dans la chaîne de soins pour suspicion de cancer est ressentie par le patient et par ses proches, comme le début de la maladie. Dès lors, tous les acteurs de soin, libéraux et hospitaliers, doivent être en mesure de se coordonner pour réduire les délais et orienter le patient, avec son accord, dans le parcours de soins. Dans ce cadre l’accès à un examen TEP est une étape importante de la prise en charge car il permet de distinguer certaines lésions bénignes et malignes et les tissus cicatriciels des récidives.
Pourquoi un nouveau TEP ?
Le CHRU de Brest dispose d’un tomographe par émission de positon depuis décembre 2002 sur le site de l’Hôpital Morvan, service de médecine nucléaire. Cette activité, en croissance constante depuis sa création était arrivée au maximum de sa capacité (16 examens par jour en 2011). Le délai de rendez-vous était d’environ trois semaines, ce qui n’est pas satisfaisant au vu des pathologies à explorer, notamment dans le cadre d’évaluations des thérapeutiques.
Pour suivre l’évolution des besoins des patients et les progrès technologiques, le CHRU a décidé de renouveler son équipement. Les atouts du nouveau TEP : une meilleure qualité des images en 3D grâce à la correction des mouvements respiratoires qui pouvaient jusqu’à présent brouiller leur netteté et empêcher de visualiser certaines petites lésions.
Un diagnostic plus précis, notamment pour les plus petites lésions,
Meilleure radioprotection du patient, grâce à une utilisation plus faible de produits radiopharmaceutiques et une plus faible irradiation lors du scanner, et la qualité des traitements (en radiothérapie, grâce aux définitions plus précises des volumes cibles et des volumes critiques et en chimiothérapie, par l’évaluation des thérapies personnalisées).
Le nouveau matériel, permettra de réaliser un examen corps entier en environ 10 min contre plus de 20 min en moyenne actuellement, tout en diminuant la dose de produit injectée de manière significative, donc l’irradiation des patients et des personnels. Le CHRU améliore ainsi nettement sa réponse aux attentes des patients comme aux recommandations de l’Autorité de Sûreté Nucléaire en matière de doses injectées. Le raccourcissement du temps d’examen permettra également d’augmenter le nombre de patients pris en charge chaque jour.
Une logique de coopération inter-sites
La graduation et la complémentarité des soins sont des priorités pour faire face à l’augmentation du nombre de patients atteints de cancer. Le SROS III reconnaît le CHRU comme pôle de référence en cancérologie au service des patients adressés par les médecins libéraux, les cliniques et des hôpitaux de la région. Les nombreuses conventions de coopération, les réseaux et le projet médical du CHRU de Brest sont des éléments qui témoignent du caractère concret de cette volonté d’ouverture.
Une prise en charge thérapeutique personnalisée
Les thérapies ciblées ouvrent de nouvelles perspectives de traitements mais requièrent une optimisation de leur évaluation. En effet, on ne traite plus une maladie mais un patient et il est fondamental de connaître le plus rapidement possible l’impact du traitement pour le patient concerné.
La TEP permet de manière très précoce d’évaluer la réponse au traitement souvent bien avant l’apparition d’une réduction tumorale et permet d’indiquer selon le cas une modification de l’option thérapeutique.
Plus de précision dans la préparation de la radiothérapie
Les innovations techniques et les nouveaux équipements de radiothérapie plus précis exigent des techniques de préparation plus complexes, afin de bien déterminer les volumes cibles à traiter et les volumes critiques à protéger. Ils rendent incontournable le recours aux techniques d’imagerie d’IRM et de TEP : le scanner donne une indication de la densité des tissus traversés et permet de déterminer le calcul de la planimétrie de façon plus précise. L’examen TEP vient en complément afin d’apporter des éléments sur la nature des lésions et affine la localisation de la tumeur. Ce nouvel équipement permettra en outre de prendre en compte plus efficacement les urgences.
Une discipline en plein essor La médecine nucléaire est une discipline médicale en plein essor sur le plan diagnostique aussi bien que thérapeutique avec l’amélioration des performances des systèmes de détection et le développement de nouveaux isotopes, annoncés comme très prometteurs pour le traitement et le diagnostic de nouveaux cancers. L’imagerie moléculaire TEP a aujourd’hui de nombreuses applications en oncologie mais se développer également pour des pathologies non cancéreuses, en médecine interne (bilan des maladies inflammatoires, infections, vasculaires), en cardiologie ainsi qu’en neurologie.
A Brest, la médecine nucléaire dans le secteur public est structurée autour de deux sites du CHRU :
A l’hôpital Morvan, un service polyvalent réalise la plupart des examens d’oncologie nucléaire, développe une activité de routine et de recherche avec une composante diagnostique d’imagerie fonctionnelle et une composante thérapeutique de radiothérapie interne.
A l’hôpital de la Cavale Blanche, un service polyvalent de médecine nucléaire comportant une composante plus spécialisée cardio-pulmonaire.
Actuellement le personnel suivant intervient dans l’activité TEP : – 8 médecins – 2 physiciens médicaux – 1 radiopharmacien – 18 personnels paramédicaux dont 15 manipulateurs – 2 secrétaires médicales
Au quotidien, 4 manipulateurs et 2 médecins nucléaire assurent l’activité. L’augmentation progressive d’activité, estimée à 20% par an a nécessité le recrutement d’1/2 ETP de praticien hospitalier et d’un manipulateur. 
 
Investissements et activité
L’achat du TEP ainsi que le coût des travaux (deux nouvelles salles d’injection ont été réalisées pour prendre en charge le nombre supplémentaire de patients) et du matériel de radio protection est de 2,5 M€. En 2015, il est prévu d’installer et d’exploiter une deuxième machine dans les locaux du Centre Hospitalier Intercommunal de Cornouaille.
Aujourd’hui, 20 patients sont accueillis chaque jour (contre 15 auparavant), soit une activité annuelle de 4 900 examens. En octobre, 408 examens ont ainsi pu être réalisés, contre 277 en octobre 2011.

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