Une 3ème IRM à la Réunion

L'acquisition d'une 3ème IRM 1.5 Tesla par le CHU Sud Réunion élève le plateau technique de cet établissement pluridisciplinaire, centre de recours pour la zone océan Indien, à la hauteur des meilleurs CHU de France.
L’acquisition d’une 3ème IRM 1.5 Tesla par le CHU Sud Réunion élève le plateau technique de cet établissement pluridisciplinaire, centre de recours pour la zone océan Indien, à la hauteur des meilleurs CHU de France. 
Technique d’imagerie de référence pour le diagnostic ou le suivi des cancers et des maladies neurologiques, vasculaires, digestives, rachidiennes, articulaires, cette nouvelle IRM a été choisie pour sa polyvalence, sa facilité de gestion au quotidien et son montant plus économique pour l’assurance maladie 1,45M€. Le CHU prévoit d’effectuer 7 500 examens supplémentaires par an soit entre 12 000 et 14 000 au total ; une augmentation d’activité synonyme d’égalité de chances pour les patients qui bénéficieront des toutes dernières innovations en matière de diagnostic et de suivi des traitements.
L’augmentation des besoins d’examens d’IRM s’explique par l’élargissement des indications dans les pathologies néoplasiques (et notamment le sein), neurologiques (Alzheimer, AVC…), cardiologiques (fonction myocardique, perfusion…) et aussi par l’expansion démographique locale et le vieillissement des habitants. Département d’outre-mer le plus peuplé, La Réunion est caractérisée par une population très jeune et une fécondité élevée. 828 581 habitants résident à La Réunion en 2011 et leur nombre croît de 10 000 personnes par an. En 2030, la population réunionnaise pourrait atteindre le million d’habitants. Quant aux personnes âgées d’au moins 65 ans, elles sont 62 000 aujourd’hui, trois fois plus nombreuses qu’au début des années 80. (source Insee)
Le souci du confort du patient
Réduire le bruit. L’un des inconvénients majeurs de la technologie IRM réside dans son niveau sonore élevé, pouvant atteindre 110 décibels [dB], 120 dB étant le seuil de douleur auditive. Soucieux de limiter cette nuisance, le CHU a porté son choix sur un modèle disposant d’applications avec réduction de bruit, aidant à diminuer le stress, notamment chez les enfants et les patients claustrophobes. Un dispositif qui induira de facto la diminution du nombre d’anesthésies.  
Privilégier la détente du patient. La nouvelle salle d’examen est équipée d’un ciel virtuel permettant de détendre le patient. Le pôle imagerie a aussi fait le choix de privilégier la diffusion de lumière naturelle, en incluant deux véritables fenêtres ; un élément de confort rarissime du fait de la complexité des moyens de mise en œuvre.  
Des techniques de relaxation par l’hypnose sont également proposées au patient.
Un choix de distractions
Dans le cadre de sa démarche qualité, l’IRM 1.5 offrira les mêmes conditions de confort que l’IRM 3T, à savoir un système vidéo (reportages, dessins animés….) pour divertir le patient qui doit supporter un examen d’une durée parfois supérieure à 20 mn. Les questionnaires « satisfaction patient » montrent unanimement que cette option est plébiscitée.  
Le service met à disposition différents environnements musicaux laissés au libre choix du patient qui peut aussi apporter sa propre musique. 
L’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique)    
L’IRM participe à l’évolution des pratiques de l’imagerie moderne en coupes. Son principe consiste à réaliser des images du corps humain grâce aux nombreux atomes d’hydrogène qu’il contient. Placés dans un puissant champ magnétique, tous les atomes d’hydrogène s’orientent dans la même direction. Ils sont alors excités par des ondes de radiofréquence durant une très courte période (ils sont mis en résonance).   
A l’arrêt de cette stimulation, les atomes restituent l’énergie accumulée en produisant un signal qui est enregistré et traité sous forme d’images par un système informatique complexe. Les informations obtenues rendent possible désormais l’exploration très précise de quasiment l’ensemble des organes, et les dernières avancées permettent une étude fonctionnelle voire métabolique (spectroscopie). L’IRM n’utilise pas les rayons X, rendant accessible l’anatomie et le fonctionnement des organes du corps humain. Le nouvel IRM va diminuer la dose d’irradiation de la population générale, en accord avec la directive EURATOM 97/43 du Conseil de l’Union européenne, qui édicte les principes de base de la radioprotection des patients : « à indication et résultats égaux, un examen non irradiant sera privilégié ».  
L’achat de ce nouvel équipement s’intègre dans le projet médical d’établissement et s’inscrit pour partie dans une logique d’ouverture sur la ville et les professionnels libéraux.

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Dépistage du mélanome : ce scanner crée un avatar numérique de la peau 

Il y a quelques semaines, le Vectra 3D prenait ses quartiers dans le tout nouveau centre de dépistage automatisé du mélanome Marseille, situé à l’hôpital de la Conception (AP-HM). Concrètement, il permet à un patient qui aurait de nombreux grains de beauté de voir l’ensemble de sa peau scannée en images haute définition et reconstituée sous la forme d’un avatar numérique. Une avancée importante dans le dépistage du mélanome, véritable problème de santé publique. Reportage.

Quartiers nord de Marseille : un centre de santé unique rattaché à l’AP-HM

Nous avions déjà entendu Michel Rotilly parler du centre de santé des Aygalades, structure multidisciplinaire rattachée à l’AP-HM. C’était au mois de mai à Paris. La fracture territoriale entre les quartiers nord et le reste de la cité phocéenne, illustrée entre autres par un taux élevé de mortalité durant la crise du COVID, avait servi de préambule à la présentation du centre, unique en son genre. Deux mois plus tard, nous le retrouvons sur place pour en comprendre le fonctionnement et les enjeux au quotidien. Entretien.

Céline Meguerditchian : “la médecine d’urgence à l’hôpital public est devenu un combat au quotidien”

Lorsque nous rencontrons Céline Meguerditchian dans son bureau, nous savons déjà que l’interview ne sera pas un entretien fleuve. Car pour celle qui a été nommée cheffe des urgences adultes de la Timone (AP-HM) il y a six mois, le temps est un luxe. Entre les appels qui ne s’arrêtent jamais, elle aura néanmoins réussi à nous parler durant une vingtaine de minutes de sa mission, du fonctionnement d’un service en sous-effectif qui doit compter sur des docteurs junior en plein été, et de ce qui fait de la médecine d’urgence à l’hôpital public est devenu « un combat » au quotidien.

Gaétan Basile, taulier tranquille des ECN

Et dire qu’à quelques heures près, on aurait pu le rater. Ciao Bordeaux, bonjour Capbreton ! Tout cela pour une histoire de vacances bien méritées après une sixième année de médecine particulièrement dense. Silhouette longiligne et sourire réservé, Gaetan Basile incarne plutôt bien la force tranquille. Lorsqu’on le retrouve pour parler de sa première place aux concours des ECNi sur plus de 9000 candidats, le Landais de 23 ans, auréolé de la réussite, répond avec calme et simplicité. Sans jamais s’enflammer.

Fumagilline, itinéraire d’une réapparition

L’information a été reprise par plusieurs médias. Pour soigner un jeune patient, les Hospices Civils de Lyon ont recréé un médicament disparu de la circulation : la fumagilline. Si ce dernier fait office de remède miracle, sa fabrication tient davantage de l’abnégation des équipes du CHU qui, à l’heure actuelle, se battent pour en pérenniser la production.