Une dynamique de recherche à Poitiers

Le 27 septembre 2005, Christian Bréchot, directeur général de l'Inserm, Jacques Santrot, président du Conseil d'administration et Jean-Pierre Dewitte, directeur général du Centre hospitalier universitaire de Poitiers, Jean-Pierre Gesson, président de l'Université de Poitiers et le professeur Roger Gil, doyen de la faculté de Médecine et de Pharmacie, inaugurent l'unité Inserm E0324 sur l'ischémie-reperfusion en transplantation rénale, dirigée par le professeur Gérard Mauco, en présence de Ségolène Royal, présidente de la Région Poitou-Charentes. La reconnaissance de cette équipe de recherche au sein du Centre hospitalier universitaire de Poitiers témoigne de l'engagement fort de tous les partenaires, cliniciens, universitaires et chercheurs, pour créer une dynamique de recherche en Poitou-Charentes. Elle s'inscrit dans un des thèmes prioritaires définis par le Conseil régional.

Le 27 septembre 2005, Christian Bréchot, directeur général de l’Inserm, Jacques Santrot, président du Conseil d’administration et Jean-Pierre Dewitte, directeur général du Centre hospitalier universitaire de Poitiers, Jean-Pierre Gesson, président de l’Université de Poitiers et le professeur Roger Gil, doyen de la faculté de Médecine et de Pharmacie, inaugurent l’unité Inserm E0324 sur l’ischémie-reperfusion en transplantation rénale, dirigée par le professeur Gérard Mauco, en présence de Ségolène Royal, présidente de la Région Poitou-Charentes. La reconnaissance de cette équipe de recherche au sein du Centre hospitalier universitaire de Poitiers témoigne de l’engagement fort de tous les partenaires, cliniciens, universitaires et chercheurs, pour créer une dynamique de recherche en Poitou-Charentes. Elle s’inscrit dans un des thèmes prioritaires définis par le Conseil régional.

Sous la direction du professeur Michel Carretier, l’équipe de chirurgiens du CHU de Poitiers cherche à définir les conditios de bonne conservation des organes. Les scientifiques étudient, d’abord sur des porcs, les éventuels effets secondaires induits par les différentes étapes physiques nécessaires pour transférer l’organe, en particulier les variations de température et l’étape ischémie-reperfusion (diminution puis reprise de la circulation sanguine).

En effet, les cellules du greffon subissent avec difficulté les variations de température induites par la conservation à 4°C nécessaire au transport du greffon puis le rebranchement sur la circulation générale du receveur, qui est bien sûr à 37°C. Les travaux de ces chercheurs ont ainsi permis de mettre au point de nouveaux liquides de conservation, aujourd’hui en cours de production industrielle.

L’autre objectif à plus long terme est d’arriver à définir les conditions limites, les critères indispensables pour garantir la « bonne qualité » d’un greffon potentiel, en particulier dans le cas de donneur à coeur arrêté. Envisager d’élargir les règles d’inclusion grâce à un pré-traitement éventuel du donneur permettrait de répondre mieux et plus vite à la demande de greffes aujourd’hui difficile à satisfaire. Cette démarche s’appuie sur la mise au point d’un « profil global » du greffon établi grâce aux techniques microscopiques et de spectroscopie RMN sur biopsie de rein, de protéomique et de mesures de sa capacité métabolique. Les plate-formes technologiques nécessaires à l’établissement de ces « profils » ont été acquises ou sont en cours d’acquisition grâce à la mobilisation des partenaires – Centre hospitalier universitaire, Inserm, Université – et le soutien du contrat de plan Etat-Région.

La greffe de rein en France
En France, 5 636 demandes de greffe de rein étaient en attente au 31 décembre 2004 ; 2 423 greffes ont été réalisées cette même année. L’unité Inserm E0324 développe de nouvelles techniques pour améliorer l’efficacité des transplantations d’organes en se mobilisant sur une double approche :
– augmenter la bonne récupération de l’organe avant son transfert chez le receveur
– augmenter la ressource en greffon par une meilleure connaissance des critères requis pour les prélèvements.
L’Inserm et l’Université mettent ainsi en place un laboratoire qui se situe dans un réel continuum entre la recherche fondamentale et la recherche directement liée à ses implications cliniques.

Le Centre hospitalier universitaire de Poitiers, acteur majeur de la recherche institutionnelle et académique se positionne aussi comme un partenaire incontournable de l’industrie pharmaceutique.
– 15 PHRC nationaux depuis 1994
– 24 PHRC régionaux depuis 2001
– 30 programmes de recherche depuis 2001, financés sur les fonds propres de l’établissement.

Chaque année, des promoteurs institutionnels ou privés sollicitent l’établissement pour sa participation à des études internationales, multicentriques en tant que centre associé. En moyenne, 100 nouveaux essais cliniques sont mis en place dans l’établissement, toutes disciplines confondues, permettant d’identifier tous les ans une file active de près de 250 protocoles de recherche.

La recherche clinique du Centre hospitalier universitaire de Poitiers s’appuie également sur la création d’une tumorothèque labellisée en juillet 2004 et soutenue par le ministère chargé de la Santé, par le Conseil régional de Poitou-Charentes et par l’établissement sur ses fonds propres. Cette structure permet une centralisation et un archivage des échantillons tumoraux. La tumorothèque s’inscrit dans l’action conduite par le cancéropôle Grand-Ouest .

Enfin, de 2000 à 2005, le Centre hospitalier universitaire de Poitiers a augmenté de manière très significative le nombre de postes exclusivement dédiés à une activité de recherche. Différents métiers de la recherche sont apparus : technicien d’études cliniques, secrétaire de recherche, infirmière de recherche, attaché de recherche clinique, data manager, méthodologiste, biostatisticien, ingénieur de recherche,& Ces personnels de recherche sont hautement spécialisés dans la conduite des essais cliniques. Leur savoir-faire garantit les meilleures conditions de réalisation et le respect des droits du patient. Au 1er septembre 2005, 35 agents (personnels non médicaux) étaient répartis sur ces différents profils de poste exclusivement réservés à une activité de recherche fondamentale ou clinique et financés par le Centre hospitalier universitaire de Poitiers.

Ainsi, la volonté première du Centre hospitalier universitaire de Poitiers est de poursuivre sa dynamique en matière de recherche dans la perspective d’une amélioration constante de la prise en charge des patients. Le CHU développe une stratégie de partenariat très activeles autres grands acteurs de la recherche publique (Inserm, CNRS, Université, laboratoires industriels, centres de lutte contre le cancer, associations professionnelles ou caritatives). Soucieux de valoriser au mieux sa recherche, le Centre hospitalier universitaire de Poitiers va mettre en oeuvre, en 2005, une mission en charge du dépôt, de la gestion et de la protection des brevets en partenariat avec la cellule de valorisation de la recherche de la région Poitou-Charentes et du CNRS. Il reste très attentif à l’ancrage européen de sa recherche, symbole de ses engagements et de ses espoirs dans l’amélioration des connaissances biomédicales.

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