Une première en Neurochirurgie

Le 13 octobre 2003 le CHU de Grenoble a inauguré la plate-forme lourde d'imagerie intra opératoire et de chirurgie robotisée du service de Neurochirurgie dirigé par le Professeur Alim Louis Benabid.

Le 13 octobre 2003 le CHU de Grenoble a inauguré la plate-forme lourde d’imagerie intra opératoire et de chirurgie robotisée du service de Neurochirurgie dirigé par le Professeur Alim Louis Benabid.

Celle-ci est l’aboutissement d’une volonté soutenue de mettre sur pied les éléments nécessaires à l’exécution de la neurochirurgie dans les conditions modernes de guidage par l’image, en préopératoire, ce qui permet la planification du geste chirurgical, ainsi qu’en peropératoire ce qui définit la neuronavigation, en autorisant enfin de faire exécuter une partie du geste opératoire par des effecteurs mécaniques guidés par l’imagerie et obéissant aux étapes de la planification.

Ces éléments comportent, dans l’ordre de leur acquisition de puis 1999 :
– un robot stéréotaxique ISS,
– trois microscopes robotisés ISIS,
– un ensemble d’électrophysiologie AlphaOméga,
– un ensemble de radiologie numérisée pour la stéréotaxie,
– un cadre stéréotaxique,
– un imageur intra opératoire ODIN à 0,12 Teslas.

Les deux premiers points concernent des appareils directement impliqués dans le geste opératoire, ils constituent la base de la neurochirurgie robotisée et ont été imaginés au CHU de Grenoble et exécutés par des entreprises grenobloises, nées de la Société AID fondée par Monsieur François Danel, en étroite collaboration.

Les deux points suivants sont des appareils que le CHU a acquis au niveau du prototype et dont le développement continue de se faire en étroit partenariat industriel.

Le cadre stéréotaxique a été complètement reconçu, en se basant sur l’expérience acquise à Grenoble et réalisé par une entreprise française.

Le dernier appareil, le premier installé en France, est un des exemples de solution apportée au problème important de l’imagerie intra opératoire par résonance magnétique nucléaire. Il se caractérise par son bas champ (0,12 Teslas) qui évite les inconvénients liés aux champs élevés conventionnellement employés en IRM, de l’ordre de 5 à 10 fois plus élevés et qui imposent des environnements et des installations particulièrement lourds et coûteux.

Cet appareil vient en complément du microscope robotisé Surgiscope qui permet de programmer une intervention, de la planifier et de se servir des données d’imagerie que ce microscope a enregistrées pour guider l’opération et en suivre sa progression. Néanmoins, les images sur lesquelles cette neuronavigation s’effectue correspondent à la situation préopératoire mais ne s’ajustent pas à la réalité opératoire qui évolue au long de la chirurgie, notamment quand il s’agit d’exérèse. L’IRM intra opératoire apporte à ce problème une solution puisqu’elle permet, à intervalles répétés, de faire des images au cours de l’intervention et de remettre à zéro en quelque sorte les images initiales.

Le CHU de Grenoble s’est engagé à expertiser cet appareil et à en faire l’étude comparative avec le Surgiscope en vue d’en établir les mérites respectifs et surtout les complémentarités.

Cette plateforme qui est l’aboutissement d’un projet de longue date, témoigne de l’ouverture du CHU de Grenoble vers les nouvelles technologies et également de sa participation au développement industriel par les risques qu’il prend lors de l’acquisition d’appareils qui en sont souvent au stade du prototype.

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Dossier : L’endométriose

En Janvier 2022, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, maladie gynécologique mieux connue depuis quelques années et qui touche aujourd’hui une femme sur dix. Notre dossier.

Urgences : “La régulation médicale apparaît comme une solution pertinente pour garantir la qualité de la prise en charge”

Responsable d’une “mission flash” d’un mois pour les urgences – déjà contestée par plusieurs organisations qui craignent un énième rapport sans réelle traduction en actes -, François Braun était présent quelques jours auparavant au Salon Santexpo pour parler du Services d’accès aux soins. Le Chef du pôle Urgences santé mentale au CHR de Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France voit dans le SAS, déjà déployé sur vingt-deux sites pilotes en France, qu’il une solution de désengorgement efficace des urgences. Explications.