1ère mondiale à l’hôpital Jean-Verdier-AP-HP: une femme atteinte d’insuffisance ovarienne auto-immune a pu mettre au monde un nouveau-né

Les équipes du Pr Michaël Grynberg et du Dr Christophe Sifer sont à l’origine, au sein du centre d’assistance médicale à la procréation (AMP) de l’hôpital Jean-Verdier AP-HP de Bondy, de la première naissance d’un enfant conçu après maturation ovocytaire in vitro, dans un contexte de préservation de la fertilité, chez une femme souffrant d’une insuffisance ovarienne prématurée d’origine auto-immune. Par cette avancée, les CHU signent leur 129ème première médicale mondiale !
Les équipes du Pr Michaël Grynberg et du Dr Christophe Sifer sont à l’origine, au sein du centre d’assistance médicale à la procréation (AMP) de l’hôpital Jean-Verdier AP-HP de Bondy, de la première naissance d’un enfant conçu après maturation ovocytaire in vitro, dans un contexte de préservation de la fertilité, chez une femme souffrant d’une insuffisance ovarienne prématurée d’origine auto-immune. Par cette avancée, les CHU signent leur 129ème première médicale mondiale !
Cette première mondiale est le fruit d’une étroite collaboration entre les cliniciens et biologistes impliqués dans la prise en charge de l’infertilité et de la préservation de la fertilité au sein de l’hôpital Jean-Verdier AP-HP. La mère ainsi que l’enfant né en décembre 2018 sont en parfaite santé.
La préservation de la fertilité féminine est un volet important de la médecine de la reproduction. L’autoconservation d’ovocytes et/ou d’embryons, voire la cryopréservation de tissu ovarien, représentent de réelles alternatives pour les femmes en âge de procréer, dont la fertilité pourrait-être altérée par une maladie et/ou des traitements. Cette discipline est en plein essor depuis quelques années et cela tient en particulier aux avancées des techniques de congélation, et notamment au développement de la vitrification pour lequel l’hôpital Jean-Verdier AP-HP a été précurseur
Classiquement, la vitrification d’ovocytes ou d’embryons nécessite l’obtention d’ovocytes matures suite à une stimulation hormonale des ovaires. Cependant, certaines pathologies hormono-dépendantes, telles que le cancer du sein, peuvent contre-indiquer l’administration de traitements hormonaux. Dans d’autres cas, la stimulation ovarienne n’est pas envisageable faute de temps ou de réponse des ovaires. C’est le cas de cette patiente prise en charge à l’hôpital Jean-Verdier AP-HP qui ne pouvait pas bénéficier d’une stimulation ovarienne, ni d’une cryopréservation de tissu ovarien, en raison d’un dysfonctionnement ovarien d’origine auto-immune. 

La maturation d’ovocytes in vitro (MIV), une réelle alternative pour la préservation de la fertilité

Les équipes du Pr Michaël Grynberg, chef du service de médecine de la reproduction et préservation de la fertilité*, et du Dr Christophe Sifer, responsable du laboratoire de biologie de la reproduction, à l’hôpital Jean-Verdier AP-HP ont donc proposé d’utiliser la technique de maturation d’ovocytes in vitro (MIV) pour préserver les capacités de reproduction de la patiente. Cette technique a consisté en un prélèvement d’ovocytes immatures par ponction ovarienne à travers le vagin, sous contrôle échographique, sans aucune stimulation ovarienne préalable. Les ovocytes ont ensuite été maturés au laboratoire pendant 24 à 48 heures permettant, pour un certain nombre d’entre eux, d’atteindre la maturité et ainsi être fécondés en vue d’une vitrification embryonnaire. 
«Même si la compétence ovocytaire ou embryonnaire reste moins importante qu’après stimulation ovarienne, nous venons de prouver que la MIV peut constituer une réelle alternative en matière de préservation de la fertilité féminine. En outre, le diagnostic d’insuffisance ovarienne auto-immune débutante ne permettait pas, jusqu’alors, d’envisager une possibilité de lutter contre le déclin inéluctable de la fonction ovarienne», rapporte le Pr Grynberg.
D’autres grossesses, dans un contexte similaire, sont actuellement suivies au centre d’AMP de l’hôpital Jean-Verdier AP-HP. «Cela confirme l’intérêt majeur de cette technique de MIV, associée à la vitrification ovocytaire ou embryonnaire, pour  préserver la fertilité féminine dans certaines indications où aucune autre option n’est envisageable», souligne le Dr Sifer.
L’AP-HP est le 1er centre de préservation de la fertilité en Ile-de-France. Les 4 hôpitaux, Cochin, Jean Verdier, Tenon et Antoine-Béclère/Bicêtre, proposent toutes les techniques actuellement disponibles de préservation, pour les femmes, les hommes et les enfants. 
*Le Pr Michaël Grynberg est actuellement chef de service de médecine de la reproduction et préservation de la fertilité à  l’hôpital Antoine Béclère – AP-HP à Clamart et chef de service, par intérim, de médecine de la reproduction et préservation de la fertilité à l’hôpital Hôpital Jean Verdier – AP-HP à Bondy.

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Dossier : L’obésité

Elle concerne 17% des adultes en France, a des origines multiples et peut entraîner de nombreuses complications – cardiovasculaires, hépatiques, rénales, respiratoires, dermatologiques, cancers, diabète – : cette maladie, c’est l’obésité. Alors que la journée mondiale le l’obésité a eu lieu le le 4 mars, la rédaction a souhaité lui consacrer un dossier.

CHU de la Réunion, se préparer au cyclone

Au cours de la nuit du 20 au 21 février dernier, l’île de la Réunion a évité le choc qu’aurait pu causer le cyclone baptisé Freddy, finalement passé à environ 190 km de ses côtes. Face à l’alerte orange, le CHU de la Réunion a lancé son plan cyclone pour anticiper les conséquences d’une potentielle catastrophe. Retour sur les mesures mises en place.

MARADJA, une décennie à accompagner les jeunes atteints de cancers

En France, environ neuf cent adolescents (15-18 ans) et mille quatre cent jeunes adultes (18-25 ans) sont touchés chaque année par le cancer. Au CHU de Bordeaux, un lieu particulier leur est destiné, MARADJA (Maison Aquitaine Ressources pour Adolescents et Jeunes Adultes), qui fête ses dix ans. Nous y avons rencontré Lucile Auguin, traitée à vingt-trois ans pour une leucémie aiguë.

Lactarium Raymond Fourcade, la page se tourne à Bordeaux

Le 5 décembre dernier, sur le site de l’hôpital Haut-Lévêque (Pessac), était posée la première pierre du futur Lactarium Raymond Fourcade. Le projet qui sera livré l’an prochain, 1200 m2 de bâti neuf doté d’équipements dernier cri, doit venir “conforter la place du CHU de Bordeaux comme le plus important lactarium au niveau national” ; et prendre le relais de l’actuel site de production basé à Marmande (Lot-et-Garonne), en fonctionnement depuis près d’un demi-siècle et que le CHU avait acquis en 2012.