25e Journées de l’ADH : le métier de directeur d’hôpital se construit un avenir

Restructurations territoriales, contraintes économiques, révolution numérique… Des défis au cœur de l’hôpital public et au centre des préoccupations des managers hospitaliers qui ont élaboré le programme de cette 25ème édition, les 16 et 17 mars 2017 à Paris. En toile de fond la question de l’avenir d’une profession aux manettes d’un système des plus complexes. RESEAU CHU a suivi les débats...
Restructurations territoriales, contraintes économiques, révolution numérique… Des défis au cœur de l’hôpital public et au centre des préoccupations des managers hospitaliers qui ont élaboré le programme de cette 25ème édition, les 16 et 17 mars 2017 à Paris. En toile de fond la question de l’avenir d’une profession aux manettes d’un système des plus complexes. RESEAU CHU a suivi les débats…
Construire dans la confiance
«L’hôpital a d’abord besoin de soignants mais aussi de dirigeants pour les conduire». Frédéric Boiron est entré ainsi dans le vif du sujet ce jeudi 16 mars en ouverture de ces 25e Journées nationales de l’Association des directeurs d’hôpital (ADH). Le président de l’ADH a relevé l’intérêt de porter auprès des candidats aux présidentielles et dans le débat public les enjeux qui se posent. «Ce ne doit pas être un tabou de parler de la rémunération des dirigeants hospitaliers», a-t-il notamment déclaré, avant de se féliciter du chemin parcouru jusque là par les partenaires de la gouvernance qui «ont su construire dans la confiance». 
Fiers de servir l’hôpital
L’avenir était en tout état de cause aux premières loges à travers la nouvelle génération d’hospitaliers nombreuse dans la salle. Saluée tout particulièrement par Frédéric Boiron, la promotion Hippocrate est montée à la tribune, représentée par Pauline Lazier et Kevin Tortet, pour se déclarer prête à prendre la relève. Le « binôme paritaire», comme il s’est défini, a affirmé son engagement à construire le futur du système hospitalier dans le respect de l’éthique du soin et de la parité hommes/femmes pour le servir. « Nous sommes fiers de servir l’hôpital », lance Kevine. «Génomique, vieillissement de la population… Le métier de directeur d’hôpital est forcément lié à l’avenir» renchérit Pauline. 

Passer à une logique territoriale
«Au-delà de l’évolution du système hospitalier, c’est celle de l’ensemble du système de santé qui est en question» a, pour sa part relevé Laurent Chambaud, directeur de l’Ecoles de hautes études en santé publique (EHESP), insistant sur l’urgence de « passer d’une logique d’établissement à une logique territoriale» et de «mettre en place une dynamique de soins intégrés » en lien avec la prévention et l’ambulatoire. Il a aussi insisté sur la nécessité de donner aux managers hospitaliers les moyens de «survivre dans un monde complexe et en perpétuelle évolution» et de créer du lien entre les différents partenaires de santé. Et de conclure par une injonction en citant Edgar Morin «Relier, toujours relier».
Passer à une efficacité créative
Pierre Giorgini, président recteur de l’université catholique de Lille pose un regard plus contextuel sur l’avenir de la santé «à l’heure du transhumanisme et de l’humanisation des machines» et de «la superpuissance digitale». «Nous sommes à une bifurcation», explique précisément l’auteur de La transition fulgurante (éditions Bayard 2014), selon lequel nous nous trouvons à la croisée d’une nouvelle révolution qui engage à «passer d’une efficacité productive à une efficacité créative» et dans laquelle «le patient veut devenir partenaire du bénéfice attendu».
Prendre soin des hospitaliers
«Si l’hôpital prend soin de la population, il faut prendre soin des hospitaliers», a relevé, quant à lui, Frédéric Valletoux. Abordant la vision prospective de l’hôpital public en 2030, le président de la Fédération hospitalière de France (FHF) estime que la réforme du système hospitalier et,  par delà, celle de tout le système de santé, ne peut se faire qu’à travers une vision territoriale. La stratégie mise en œuvre avec les GHT n’en est selon lui qu’un premier jalon et «se concrétisera vraiment quand tous les partenaires et professionnels de santé, publics et privés, à l’hôpital et en ville, répondront ensemble, dans une coordination plus affinée aux besoins des territoires».

Le président de la FHF a aussi insisté, en termes de moyens, sur l’opportunité de s’appuyer sur la French tech, en pointe des pays novateurs, pour porter la révolution numérique de la santé. Avant de souligner que quelles que soient les évolutions « ce qui ne changera pas, c’est notre cœur de métier car c’est ce qui nous donne notre identité».
Créer un espace de discussion
Le Dr Alain Mercuel, président de la CME du centre hospitalier Saint-Anne de Paris interroge dans ce contexte l’impact des restructurations sur les conditions d’exercice des professionnels hospitaliers.
Abordant la question du risque psychosocial, le Dr Mercuel a souligné l’importance de «créer un espace de discussion»
Betty Mamane

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