AVC : L’Aquitaine se mobilise

Dans le cadre de la journée mondiale des accidents vasculaires cérébraux (AVC) le 29 octobre, le CHU de Bordeaux s'associe à l’Agence régionale de santé d’Aquitaine et à ses partenaires institutionnels et associatifs pour promouvoir les bons réflexes en cas de suspicion d’AVC.

Dans le  cadre de la journée mondiale des accidents vasculaires cérébraux (AVC) le 29 octobre, le CHU de Bordeaux s’associe à l’Agence régionale de santé d’Aquitaine et à ses partenaires institutionnels et associatifs pour promouvoir les bons réflexes en cas de suspicion d’AVC. L’enjeu est de taille : un diagnostic précoce et une prise en charge rapide suffiraient à réduire de 30% la mortalité et le risque de graves séquelles pour les 8 000 Aquitains victimes chaque année d’une attaque cérébrale. Or les statistiques montrent
que seule la moitié d’entre eux a recours au Centre 15. La marge de progression est donc très importante. Pour sensibiliser la population à la reconnaissance des symptômes et aux gestes qui sauvent plus de 20 événements parmi lesquels la Soirée Ciné-débat,le 18 septembre la projection du film « Je suis » d’Emmanuel Finkiel et le 22 octobre lancement en avant-première du film « Amour » suivi d’un débat avec les équipes du CHU à laquelle assistaient plus de 300 personnes au Cinéma Utopia, le 27 octobre la grande journée d’information sur les AVC qui se tiendra Place Pey-Berland à Bordeaux et le 10 novembre la journée de la e-santé au Palais des Congrès au cours de laquelle la téléprise en charge des AVC sera présentée aux professionnels de santé.
Vous ressentez brutalement une faiblesse d’un côté du corps, une paralysie du bras, du visage, une difficulté à parler… c’est peut-être un AVC (accident vasculaire cérébral). Composez vite le 15*. Un réflexe vital quand on sait que la victime d’un AVC perd en moyenne 1,9 million de cellules cérébrales à chaque minute qui s’écoule avant le traitement. D’où l’importance de former la population à adopter une attitude vigilante et mieux encore une bonne hygiène de vie
Les messages insistent sur les séquelles qui peuvent être très lourdes
Suite à un AVC, les séquelles importantes peuvent aller jusqu’à une perte d’autonomie. Il s’agit de difficultés en matière de communication pour parler (aphasie), écrire ou lire. Sur le plan de la mobilité, les séquelles les plus fréquentes sont des difficultés à marcher, à utiliser le bras ou la main allant parfois jusqu’à l’hémiplégie. Le patient peut, par ailleurs, garder des difficultés de l’attention, de concentration ou de mémoire.
… Et sur la prévention
Avec les AVC, la bonne nouvelle est que la prévention est efficace : les principaux facteurs de risque, qui sont d’ailleurs communs à l’ensemble des maladies cardiovasculaires, sont l’hypertension, l’hypercholestérolémie, le diabète, le tabagisme, l’obésité, l’alcoolisme chronique.
Le Plan national de lutte contre les AVC insiste particulièrement sur deux points en matière de prévention /  la surveillance de la tension artérielle doit être plus systématique pour identifier les personnes concernées et les sensibiliser au risque et l’hygiène de vie, alimentation équilibrée, activité physique régulière.
Les personnes à risque
– les personnes ayant déjà eu un AVC ou un accident ischémique transitoire (mini-AVC)
– les personnes atteintes d’un trouble cardiaque
– les personnes diabétiques
– les personnes souffrant de migraines
– les personnes atteintes d’apnée du sommeil
– les personnes ayant un nombre élevé de globules rouges dans le sang
– les personnes dont un proche parent a été atteint d’un AVC
Incidence des AVC en Aquitaine
3ème cause de mortalité les accidents vasculaires cérébraux en Aquitaine représentent plus de 8 000 cas et plus de 900 décès dans le premier mois en 2011.
Les dispositifs de prise en charge des AVC
6 unités neuro-vasculaires (UNV) en Aquitaine. La première a ouvert en 2008 au CHU de Bordeaux. Depuis, 5 autres UNV ont été créées à Bayonne, Dax, Pau, Mont-de-Marsan et Agen. Trois autres unités neuro-vasculaires sont prévues, à Périgueux, Libourne et Arcachon ; ainsi, plus de 75% des séjours d’AVC seront pris en charge dans un établissement siège d’UNV.
Une UNV est une unité dédiée à la prise en charge des AVC, fonctionnant avec une équipe spécialisée et pluridisciplinaire associant neurologues, infirmières, aides-soignantes, orthophonistes, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, neuropsychologues, assistantes sociales. Cette composition, et la place de l’UNV dans la chaine de soin, lui permettent d’assurer l’urgence, mais aussi de proposer, dès l’arrivée du patient, un projet thérapeutique et de rééducation adapté.
L’UNV permet de réduire de 30% le risque de décès ou de handicap des patients
Les équipes mobiles chargées d’améliorer le parcours de santé du patient en matière de soins de suite et de réadaptation. Après la phase d’hospitalisation, l’organisation du retour, l’aménagement du domicile, l’orientation du patient dans une filière de soins adaptée pour son suivi est en effet une étape primordiale.

L’Observatoire Aquitain des accidents vasculaires cérébraux (ObA2) créé en décembre 2011 pour recenser de manière continue et pérenne les informations sur les patients atteints d’un AVC, avant, pendant et après leur prise en charge hospitalière. Il permet aux professionnels d’évaluer leurs pratiques et contribue à l’amélioration continue de la qualité des soins.
En 2013 le déploiement d’un réseau de télémédecine reliera le médecin urgentiste ou généraliste à un expert, neurologue et/ou radiologue. A distane, le neurologue pourra au vu des données transmises décider ou non d’un traitement par thrombolyse (injection d’un produit qui va dissoudre le caillot responsable de l’infarctus cérébral) qui sera réalisé sur place par l’urgentiste (télédiagnostic et télé-thrombolyse). Grâce à la télémédecine, un plus grand nombre de patients bénéficiera d’un traitement adapté dans les délais les plus courts.
*En Amérique du nord, le message  se résume en un « FAST » (vite), F pour Face (visage), A pour Arm (bras), S pour Speech (parole), et T pour Time (temps). Les professionnels sous l’égide de la Haute autorité de santé proposent d’utiliser ce moyen mnémotechnique en France.

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