Cancer de la prostate : un nouveau traitement par «Ablatherm»

Le CHU de Caen est le premier CHU en France à être doté d'un appareil "Ablatherm" offrant une nouvelle alternative aux traitements classiques du cancer de la prostate. Moins invasive, cette thérapeutique par Ultrasons Focalisés de Haute Intensité (UFHI) est très prometteuse. Elle est aussi pour le patient beaucoup plus confortable et améliore sa qualité de vie.

Le CHU de Caen est le premier CHU en France à être doté d’un appareil « Ablatherm » offrant une nouvelle alternative aux traitements classiques du cancer de la prostate. Moins invasive, cette thérapeutique par Ultrasons Focalisés de Haute Intensité (UFHI) est très prometteuse. Elle est aussi pour le patient beaucoup plus confortable et améliore sa qualité de vie.

Avec 40 000 cas en 2000, le cancer de la prostate est par sa fréquence le premier cancer chez l’homme. A l’origine de plus de 10 000 décès par an, il se situe au deuxième rang derrière le cancer du poumon et devant le cancer colorectal. Au-delà de 70 ans, il constitue même le premier motif de décès par cancer. L’allongement de l’espérance de vie devrait augmenter de façon sensible ce risque et en faire un véritable problème de santé publique dans les années à venir. Cependant, cette tumeur a bénéficié d’importants progrès thérapeutiques.

Tout bénéfice
Un traitement curatif ne peut être proposé que si la maladie est détectée tôt, par le biais du toucher rectal et du dosage de l’Antigène Prostatique Spécifique (PSA). En cas de cancer strictement confiné à la prostate, les thérapeutiques classiques sont la chirurgie d’exérèse ou la radiothérapie. Mais la prostate est un organe « carrefour » des voies urinaires et génitales. Un traitement dit « agressif » peut générer des séquelles et nuire durablement à la qualité de vie du patient, tout en n’offrant pas de certitude de guérison définitive. Le service d’Urologie a donc toujours privilégié les options non chirurgicales et a été attentif aux premiers essais relatifs à une nouvelle approche thérapeutique : le traitement par Ultrasons Focalisés de Haute Intensité (UFHI). Le principe de fonctionnement repose sur la destruction de la prostate par ondes de chaleur (80-90°).

Le repérage est effectué au millimètre près, par échographie transrectale couplée au générateur d’ondes. Plusieurs milliers de patients, en France et en Europe, ont déjà été soignés par cette technique confirmant les résultats initiaux. Le taux d’effets secondaires est en effet, très inférieur aux traitements classiques et l’efficacité comparable. Les complications digestives disparaissent, les fuites urinaires et les troubles de l’érection diminuent. Il s’agit aussi d’un traitement beaucoup plus confortable pour le patient qui nécessite une hospitalisation de 3 à 5 jours, avec une reprise quasi-immédiate des activités. Dès validation des résultats et homologation de l’Ablatherm, le service d’Urologie a engagé une procédure d’acquisition avec le soutien de la Direction Générale et du Président de la CME. En juin 2002, cet appareil a été implanté au bloc opératoire du niveau 5. Le CHU de Caen est donc le premier CHU français à s’en être doté.

Au cas par cas
Après 15 mois de fonctionnement, 111 traitements ont été effectués sur 104 patients. Compte tenu du caractère innovant et récent de cette technique, elle est réservée aux patients de 65-75 ans, pour lesquels la chirurgie n’a pas été retenue. Certains patients de 50-55 ans sont, aussi, très demandeurs car le risque de séquelles sexuelles est moins élevé. Ils sont alors informés sur l’absence de données à long terme. Enfin, cette technique est proposée aux patients pour lesquels la chirurgie ou la radiothérapie a échoué. Elle est discutée au cas par cas, au sein de l’unité de concertation pluridisciplinaire d’Onco-Urologie regroupant des urologues de la région et des cancérologues du Centre François Baclesse. De plus en plus de patients du grand Ouest sollicitent le CHU de Caen pour un traitement par ultrasons focalisés. Seules trois villes en France disposent à demeure d’un Ablatherm : Paris, Marseille et Lyon.

Coût du traitement
Un traitement par Ablatherm est équivalent à un traitement chirurgical et est largement inférieur au coût d’un traitement par rayons. Une démarche nationale, basée sur une évaluation des coûts au CHU, effectuée par le Dr Marie-José d’Alché-Gautier (responsable du DIM), devrait donc l’assimiler prochainement à un acte chirurgical d’exérèse.

Rédaction : Pr Henri Bensadoun, Chef de service, service d’Urologie

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Au chevet des brûlés

Il y a quinze jours, nous mettions en ligne notre reportage vidéo tourné au centre de traitement des brûlés du CHU de Nantes, l’un des huit en France à prendre en charge les adultes comme les enfants. Dans ce service, une dizaine de métiers et d’expertises se mêlent au quotidien. Nous associons aujourd’hui les mots à l’image pour mieux rendre compte de ce qu’implique le soin de la brûlure, une pathologie répandue (400 000 personnes touchées tous les ans), complexe dans sa prise en charge, violente pour les corps et les esprits. Reportage.

Arrêt cardiaque : être préparé pour sauver demain

Dans les locaux du SAMU 44 (CHU de Nantes), le Centre d’Enseignement aux Soins d’Urgences (CESU) forme les professionnels de santé aux gestes et soins d’urgence. Il y a quelques semaines, nous avons suivi une matinée intense de formation à destination d’étudiants en troisième année de médecine, centrée sur l’arrêt cardiaque. Reportage.

Renaissance des urgences de Jeanne de Flandre

Le CHU de Lille inaugure ce mois-ci ses nouvelles urgences gynécologiques et obstétricales, situées au sein de l’Hôpital Mère-Enfant Jeanne de Flandre. Au-delà de la rénovation du service, c’est l’ensemble de la prise en charge des patientes qui a été rebâtie. Un atout de plus à destination de la femme, du nouveau-né ou de l’enfant.