Chirurgie endoscopique : dérivation de l’estomac dans l’intestin grêle, une 1ère mondiale

L’estomac d’un patient victime d’une occlusion, a été dérivé dans l’intestin grêle. Adressé à l’Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille par le CHU de Besançon, l’homme âgé de 30 ans souffrait d’un rétrécissement du duodénum et ne pouvait plus s’alimenter. L’intervention de deux heures a été couronnée de succès et aucune complication n'a été relevée. Opéré mercredi 15 janvier 2014, le jeune bisontin était debout dès le lendemain matin avec une réalimentation hydrique. Il a pu apprécier les suites très légères de l’opération. 5 jours après, il pouvait s’alimenter normalement et le 21 janvier il regagnait son domicile.

L’estomac d’un patient victime d’une occlusion, a été dérivé dans l’intestin grêle. Adressé à l’Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille par le CHU de Besançon, l’homme âgé de 30 ans souffrait d’un rétrécissement du duodénum et ne pouvait plus s’alimenter. L’intervention de deux heures* a été couronnée de succès et aucune complication n’a été relevée. Opéré mercredi 15 janvier 2014, le jeune bisontin était debout dès le lendemain matin  avec une réalimentation hydrique. Il a pu apprécier les suites très légères de l’opération. 5 jours après, il pouvait s’alimenter normalement et le 21 janvier il regagnait son domicile.
Cette première mondiale en chirurgie endoscopique est signée par l’équipe de l’AP-HM conduite par le Pr Marc Barthet, dans le service de gastro-entérologie (Hôpital Nord) dirigé par le Pr Jean-Charles Grimaud , épaulé par le Pr Stéphane Berdah, Chirurgien digestif et le Dr Geoffroy Vanbiervliet, endoscopiste du CHU de Nice.
Indications. Ce protocole pourra être retenu en cas d’obstruction à la sortie de l’estomac bénigne ou maligne, ou dans le cadre de la chirurgie de l’obésité  (indication potentielle, dont les effets métaboliques sont en cours d’évaluation) pour remplacer des interventions comme le « Bypass ».

A la différence des interventions de chirurgie classique, il n’y a pas d’abord à travers la peau, mais un passage par les voies naturelles, orale dans ce cas. L’estomac est ouvert par voie endoscopique. L’endoscope placé dans l’abdomen du patient et l’anse grêle sélectionnée, ouverte puis suturée sur la paroi de l’estomac.
La deuxième originalité de cette intervention réside dans l’utilisation d’une nouvelle prothèse expansive métallique d’apposition tissulaire, fabriquée par un laboratoire Californien.

Ce premier cas humain au monde est l’aboutissement de travaux de recherche menés depuis trois ans par l’équipe du Pr Marc Barthet au Centre d’Enseignement et de Recherche Chirurgical (CERC), laboratoire d’expérimentation animale dirigé par le Pr Stéphane Berdah. Grâce à ce partenariat, les experts ont pu mettre au point la procédure et développer la prothèse spéciale, en relation avec le laboratoire Californien. La série animale a été présentée avec succès au dernier congrès International des maladies digestives (UEGW) en octobre 2013 à Berlin.
* 1h pour le nettoyage de l’estomac et 1h pour l’intervention chirurgicale

POEM, l’autre exploit chirurgical
Quelques semaines auparavant, la même équipe avait réalisé un autre exploit en utilisant une procédure endoscopique innovante pour traiter l’achalasie (maladie de la motricité de l’œsophage). Seuls 2 centres en France, dont l’AP-HM, sont particulièrement expérimentés dans la mise en œuvre de cette méthode. Intitulée POEM (Per Oral Endoscopic Myotomy), cette innovation en cours d’évaluation, représente une avancée majeure dans le traitement de l’achalasie. Jusqu’ici l’achalasie était traitée par des chirurgies lourdes et invasives ou par des méthodes non-invasives aux effets limitées et qui devaient donc être répétées. Le patient qui a bénéficié de cette intervention a pu se réalimenter dès le lendemain. L’équipe a pu constater la disparition des symptômes dès les premiers jours alors qu’avec les procédures habituelles, la récupération est beaucoup plus longue.
Une technique complexe réservée au centre hospitalo-universitaire. Ces 2 innovations chirurgicales sont des  chirurgies endoscopiques de précision très difficiles à maitriser. Elles nécessitent un environnement technique et des équipes soignantes hyperspécialisées.

Le Pr Marc Barthet, qui a conduit ces 2 interventions avec l’aide de toute son équipe, a pu accomplir ces prouesses grâce à une importante préparation conduite au Centre d’Enseignement et de Recherche Chirurgical (CERC) intégré à la faculté de médecine de l’hôpital Nord. Le centre d’endoscopie digestif de l’hôpital Nord, à vocation hospitalo-universitaire, se distingue par une approche totalement intégrée entre recherche, soins et enseignement.

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Fumagilline, itinéraire d’une réapparition

L’information a été reprise par plusieurs médias. Pour soigner un jeune patient, les Hospices Civils de Lyon ont recréé un médicament disparu de la circulation : la fumagilline. Si ce dernier fait office de remède miracle, sa fabrication tient davantage de l’abnégation des équipes du CHU qui, à l’heure actuelle, se battent pour en pérenniser la production.

Dossier : L’endométriose

En Janvier 2022, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, maladie gynécologique mieux connue depuis quelques années et qui touche aujourd’hui une femme sur dix. Notre dossier.

Urgences : “La régulation médicale apparaît comme une solution pertinente pour garantir la qualité de la prise en charge”

Responsable d’une “mission flash” d’un mois pour les urgences – déjà contestée par plusieurs organisations qui craignent un énième rapport sans réelle traduction en actes -, François Braun était présent quelques jours auparavant au Salon Santexpo pour parler du Services d’accès aux soins. Le Chef du pôle Urgences santé mentale au CHR de Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France voit dans le SAS, déjà déployé sur vingt-deux sites pilotes en France, qu’il une solution de désengorgement efficace des urgences. Explications.