Débat : quel avenir pour les Agences régionales de santé ?

Aurélien Rousseau, directeur général de l’ARS Ile-de-France partage les premiers enseignements de la crise sanitaire lors des Contrepoints de la santé (1), avec Philippe Leduc, Pascal Maurel (Ortus) et Renaud Degas (La Veille des acteurs de la Santé – Presse Infos+).

Aurélien Rousseau, directeur général de l’ARS Ile-de-France partage les premiers enseignements de la crise sanitaire lors des Contrepoints de la santé (1), avec Philippe Leduc, Pascal Maurel (Ortus) et Renaud Degas (La Veille des acteurs de la Santé – Presse Infos+).
Alors que l’épidémie est sous contrôle, Aurélien Rousseau a rappelé que les agences régionales de santé (ARS), qui ont fêté leurs dix ans d’existence en avril 2020, sont nées suite à l’échec des réponses aux crises précédentes. « Les ARS ont été préparées à gérer ces événements, qu’il s’agisse des attentats en Ile-de-France ou de l’incendie de Notre-Dame de Paris qui a par exemple généré des projections de plomb». S’il est encore trop tôt pour dresser un bilan complet de la gestion du Covid-19, le Directeur général salue, parmi les points positifs, la transparence des relations entre les acteurs « qui a favorisé la collaboration entre les secteurs public et privé, 18% des lits de réanimation ayant par exemple été mis à disposition par le privé ».
En réponse aux critiques faites aux ARS d’être insuffisamment armées pour répondre à l’urgence ou encore de manquer de proximité, Aurélien Rousseau a rappelé le caractère inédit dans son ampleur et dans sa durée du Covid-19. « Tout n’a pas été parfait. Les fonctions de veille et de sécurité sanitaire devront être renforcées mais certaines critiques sont injustes. L’affectation des masques ne figurait pas, par exemple, dans nos missions or nous avons mis en place des stocks tampons et redistribué en urgence 10 millions de masques. Notre premier job était de freiner la progression de l’épidémie, ce que nous avons réussi au terme d’un combat pied à pied. L’honneur de notre système de santé a été d’accueillir en réanimation toutes les personnes qui en avaient besoin. La moyenne d’âge des patients admis dans ces services est restée à 60 ans. Il n’y a pas eu de tri contrairement à ce qui a pu être observé dans d’autres pays. Quant à la proximité, nos délégations départementales ont renforcé le lien essentiel avec les élus et les professionnels libéraux. Nous ne sommes pas des tutelles mais des régulateurs.» Pour Aurélien Rousseau, la crise a aussi confirmé que les sujets de la rémunération des soignants ou encore de l’attractivité des postes à l’hôpital public, à l’étude depuis de nombreux mois, devaient être traités rapidement.

Avenir

En conclusion, le Directeur général retient trois enseignements de ces quatre derniers mois : « l’intuition qui a présidé à la création des ARS était la bonne car la gestion du Covid-19 requérait un lien plus étroit entre les champs sanitaire, médico-social et la prévention. Le soutien du secteur sanitaire au secteur médico-social a été exemplaire : n’oublions pas que les professionnels des filières gériatriques des hôpitaux se sont rendus dans les Ehpad pour les aider. Cette pandémie a confirmé aussi l’importance de resserrer les liens entre la ville et l’hôpital et sur ce point, un travail formidable a été réalisé auprès des patients en sortie d’hospitalisation. La nécessité de se regrouper et de travailler en commun s’est aussi concrétisée avec la montée en puissance des communautés professionnelles territoriales de santé. Le deuxième enseignement est que nous devrons renforcer les liens avec les territoires en resserrant les collaborations avec les élus et les professionnels de santé libéraux. Nous devons également accepter le principe de la différenciation géographique et pousser plus loin les contractualisations avec les acteurs. Il conviendra enfin de changer d’échelle en matière de dispositifs de prévention », a-t-il conclu.
1 – Débat en partenariat avec Le Groupe Pasteur Mutualité, Groupe Point Vision, Carte blanche, MSD, Canon Medical, BVA et QARE.

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