Sport et cerveau

Chaque année en France, 125 000 personnes sont victimes d'un accident vasculaire cérébral (AVC). 3 000 décèdent, et 6 000 resteront handicapées. Dans la seule région du Nord – Pas-de-Calais, l'AVC frappe 12 000 personnes par an. Pour la première fois, une étude clinique, publiée dans la revue Neurology, démontre le lien entre une moindre sévérité de l'accident vasculaire cérébral et la pratique modérée d'un sport. Explications.

Chaque année en France, 125 000 personnes sont victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC). 3 000 décèdent, et 6 000 resteront handicapées. Dans la seule région du Nord – Pas-de-Calais, l’AVC frappe 12 000 personnes par an. Pour la première fois, une étude clinique, publiée dans la revue Neurology, démontre le lien entre une moindre sévérité de l’accident vasculaire cérébral et la pratique modérée d’un sport. Explications.

362 patients victimes d’un AVC, originaires pour la plupart de la Métropole Lilloise ont participé à la première phase de l’étude nommée FIBSTATIS. Soutenue par le Programme Hospitalier de Recherche Clinique, l’enquête menée par les équipes des Professeurs Régis Bordet et Didier Leys au sein de l’Institut de Médecine Prédictive et de Recherche Thérapeutique (IMPRT-CHRU et Université de Lille 2) a duré deux ans.

Une première mondiale…
Le travail prospectif consistait à interroger des patients de tous âges (de 16 à 97 ans avec une moyenne de 70 ans) et souvent lourdement atteints par un AVC. Leurs réponses ont permis de déterminer trois facteurs liés à un meilleur pronostic :
– La pratique sportive modérée, qui correspond à 2 à 5 heures de marche par semaine à 6 km/h environ, réparties sur plusieurs séances de courte durée. Dans l’étude 36% des patients avaient une activité physique mais seulement 8% avaient une activité modérée entre 2 et 5 heures par semaine.
– La prise préalable à l’AVC d’un traitement hypolipémiant*
– Un antécédent d’AVC transitoire de quelques minutes, ce qui avait traduit un signe d’alerte chez 10 % des patients de l’étude.
Au final, les résultats démontrent que la pratique d’une activité sportive modérée, mais aussi la prise de médicaments hypolipémiants réduisent la gravité des AVC.
Reste à vérifier que la conjonction de ces mesures présente un bénéfice supplémentaire.
« Ces travaux apportent la confirmation clinique de résultats expérimentaux démontrant la possibilité d’induire chez l’animal une neuroprotection préventive» précise le Pr Bordet.

FIBSTATIS assure le continuum entre la recherche pré-clinique et clinique et satisfait pleinement à l’objectif de l’Institut de Médecine Prédictive et de Recherche Thérapeutique.

Les perspectives
La recherche se poursuit avec une nouvelle étude (Biostroke) soutenue par le programme hospitalier de recherche clinique pour une durée de 3 ans (2005-2008); déjà 180 patients ont pris part au protocole sur les 500 prévus. Objectif : mieux comprendre les mécanismes mis en jeu dans cette protection préventive.

Accident Vasculaire Cérébral : les 5 signes d’alerte
1/ une paralysie ou l’engourdissement brutal de la moitié du corps.
2/ une baisse brutale de la vision.
3/ un mal de tête brutal inhabituel.
4/ un trouble brutal du langage
5/ un trouble brutal et inexpliqué de l’équilibre

* traitement hypolipémiant qui fait baisser le taux de lipides (corps gras) dans le sang

D’après un article d’Arnaud Deconynck, du Centre Anti Poison du CHRU de Lille

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